Des capsules de placenta humain vendues aux États-Unis. Photo : La Presse Canadienne/AP, Megan May

Manger du placenta humain n’améliore en rien la santé mentale, mais augmente les risques pour la santé

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De nouvelles recherches effectuées par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique et le BC Mental Health and Substance Use Services Research Institute sur la côte ouest canadienne viennent démolirent la croyance selon laquelle les mères mangeant du placenta humain en tire des bienfaits sur le plan de leur santé mentale.

Cette enquête sur la placentophagie portait sur des données provenant d’une étude génétique d’une durée de 10 ans auprès de 138 femmes ayant des antécédents de troubles de l’humeur, dont la dépression et le trouble bipolaire. Elle n’a révélé aucune différence dans la santé mentale des mères qui avaient mangé leur placenta par rapport à celles qui ne l’avaient pas fait.

Jehannine Austin

L’enquêtrice principale, Jehannine Austin, professeur au département de génétique médicale de l’Université de la Colombie-Britannique, affirme que la comparaison entre les deux groupes de femmes a tenu compte du diagnostic psychiatrique et de l’utilisation de médicaments des mères, ainsi que de leurs âges et de leurs niveaux de revenu.

Selon Jehannine Austin, les mères ayant consommé leur propre placenta après la naissance de leur enfant n’avaient pas plus d’énergie, n’avaient pas augmenté leur taux de vitamine B12 et n’avaient pas moins besoin d’aide pour allaiter que celles qui n’avaient pas consommé leur placenta. « Ça n’aide pas l’humeur, ni l’énergie, ni la nutrition, ni l’allaitement », explique la chercheuse.

L’étude a été publiée en ligne dans le Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada.

Une pratique popularisée par des célébrités
Les partisans de la préparation du placenta humain croient qu’elle aide à prévenir la dépression post-partum, à surmonter l’anémie, à augmenter les niveaux d’énergie et à stimuler la production de lait maternel.
Des célébrités comme Kim Kardashian, Alicia Silverstone et Hilary Duff font partie des mamans célèbres qui ont popularisé la tendance, selon laquelle l’organe est parfois déshydraté et mis en capsules.

Transformation de placenta en capsules qui sera servi en supplément aux nouvelles mères. Crédit photo : Francisco Kjolseth/Associated Press/The Salt Lake Tribune

L’autre côté du placenta

La recherche de l’Université de la Colombie-Britannique et du BC Mental Health and Substance Use Services Research Institute précise néanmoins que le fait de manger son placenta n’a pas semblé aggraver la santé mentale.

Jehannine Austin décourage toutefois cette pratique à la lumière de l’avertissement de Santé Canada à la fin de l’année dernière selon lequel manger du placenta pourrait entraîner des infections bactériennes ou virales chez les mères ou leur bébé.

Santé Canada disait déplorer cette pratique de consommation encouragée notamment par des entreprises et des particuliers offrant des services de préparation de placenta humain à des fins commerciales. Le processus de préparation lui-même pourrait introduire des agents infectieux dans le placenta offert par exemple sous forme de comprimés.

Cette consommation de placenta humain contenant des bactéries ou des virus pourrait, selon le ministère canadien de la Santé, entraîner une infection chez la mère ou l’enfant. Ce risque serait plus élevé en cas d’ingestion du placenta d’une autre personne. Aux États-Unis, les Centers for Disease Control and Prevention ont signalé un cas d’hospitalisation d’un bébé infecté par une bactérie provenant de gélules de placenta consommées par sa mère.

Diverses méthodes sont utilisées pour préparer le placenta avant sa consommation, notamment traitement à la vapeur, cuisson, déshydratation et encapsulation.

Des pilules contenant du placenta humain. Photo : Shutterstock

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Radio-Canada

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Catégories : Économie, Santé
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