(Atlas obscura/Travelling Otter)

Tradition nordique canadienne : le « sourtoe cocktail » revivra au Yukon grâce à un coureur britannique

Share

Disons qu’il faut avoir l’esprit un peu plus qu’ouvert pour s’envoyer cette boisson derrière la cravate.

Le sourtoe cocktail – osons ici une traduction, cocktail à l’orteil amer – fait partie de l’histoire de Dawson City à plus de 500 km au nord de Whitehorse, capitale du Yukon, mais son origine se perd dans les tempêtes de neige.

Selon la légende, un coureur des bois, qu’on appelle musher quand il a un attelage de chiens de traîneau, se serait retrouvé en mauvaise situation, loin de tout, au fond des bois.

L’homme dont on ignore le nom avait subi une engelure sérieuse au pied et risquait de voir la gangrène se propager au reste de sa jambe si on n’amputait pas son gros orteil. Ce qu’il a lui-même fait. Et, pour faire bonne mesure, il a versé du rhum sur la zone amputée afin de la stériliser.  

Toujours selon la légende, ses compagnons d’aventure ont récupéré l’orteil amputé, l’ont déposé dans la bouteille où un fond de rhum en a assuré la conservation et c’est cette bouteille qui a été retrouvée dans leur cabane abandonnée des années plus tard.

(Image: YouTube)

D’une légende à une tradition

Bon, d’accord, les nuits sont longues en hiver au nord du 60e parallèle et les défis et autres distractions sont parfois… bizarres.

C’est le cas ici.

En 1973, le tout premier sourtoe cocktail club est créé.

Vous êtes toujours partant pour y goûter?

C’est au Dowtown Hotel, angle Queen et Second de Dawson City, que vous devez aller.

Le Downtown Hotel de Dawson City au Yukon

Revenons à notre orteil macéré

Dans une rasade de Yukon Jack, le whisky local – attention, c’est puissant – on dépose l’orteil en question, on vous récite le laïus de l’origine du nectar (!) et vous devez le boire cul sec en vous assurant que l’orteil touche vos lèvres.

Et, pour faire bonne mesure, quand vous déposez le verre sur la table, votre serveur pressera l’orteil dans le fond du verre et vous devrez boire la coupe jusqu’à la lie.

Défi relevé? Bravo, vous êtes un vrai brave, membre du sélect sourtoe cocktail club », avec certificat et reconnaissance officielle.

Et le vol?

En 2017, un buveur peu scrupuleux, un Québécois aux dires des gens de l’hôtel, aurait dérobé l’orteil du cocktail.

Cela dit, il y a toute une ironie à lire au second degré dans le commentaire de Terry Lee, propriétaire de l’hôtel Dowtown, après le vol.  

« Nous sommes furieux. C’est difficile de trouver des orteils. »

Terry Lee, propriétaire de l’hôtel Dowtown

Un athlète britannique à la rescousse

De Bolton, en Angleterre, un ancien militaire britannique a fait parvenir un de ses orteils amputés au Downtown Hotel de Dawson City pour remplacer le doigt de pied volé.

Ainsi, la tradition pourra reprendre.   

Nick Griffiths a fait don de son gros orteil amputé après des engelures subies lors de sa participation au Yukon Arctic Ultra de 2018, une course qui emprunte le parcours de la Yukon Quest. Cette dernière se fait en attelage de chiens de traîneau. L’autre se fait à pied et est longue de plus de 480 km.  

Nick Griffiths a perdu trois orteils lors de son aventure et c’est sur son lit d’hôpital à Whitehorse qu’il a eu vent de la tradition mise en parenthèse pour cause de vol d’orteil.

L’orteil britannique est arrivé par courrier, dans un contenant hermétique où il flottait dans de l’alcool médical. Il est maintenant fossilisé (en douce) dans du sel gemme, prêt à servir pour d’autres sourtoe cocktails.

L’hôtel s’est engagé à offrir un verre à Nick Griffiths lors d’un éventuel passage à Dawson City.

PC, R.-C., Downtown Hotel Dawson City, RCI

Plus :

Au Canada, pourquoi sert-on le whisky avec un orteil humain? (RCI)

L’orteil d’un cocktail légendaire est volé dans un bar au Yukon (Radio-Canada)

Share
Catégories : Société
Mots-clés : , ,

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*