Les poussières qui se dégagent de certains néonicotinoïdes sont particulièrement meurtrières pour les abeilles. Photo : Istock

Qui sont les vrais amis des abeilles au Québec et au Canada?

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On ne le dira jamais assez : une grave menace pèse sur les abeilles à miel et bien d’autres espèces du même genre en raison de l’utilisation de certains pesticides néonicotinoïdes. Pourtant, le Québec vient d’accorder des dérogations spéciales en ce qui concerne les semences de maïs à néonicotinoïdes. C’est à croire que le gouvernement provincial est indifférent aux cris d’alarme qui fusent de toute part, depuis quelques années, sur les dangers reliés à l’utilisation de ces substances en agriculture. Une ville de la province vient néanmoins d’obtenir la certification « ville amie des abeilles ».

L’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, est la toute première administration à obtenir cette certification au Québec. Elle rejoint dans ce cercle les villes canadiennes de Toronto, Oshawa et Niagara Falls qui ont adhéré à l’initiative de Bee City Canada. Elles ont mis en place des projets de protection de la biodiversité, de la faune et de la flore favorables à la survie des abeilles.

C’est l’organisme Bee City Canada qui a décerné cette certification, en reconnaissance des actions concrètes entreprises par ces villes pour soutenir les pollinisateurs en raison de la menace qui plane sur eux.

Dans le cas de Saint-Laurent, l’arrondissement a notamment créé des habitats pour favoriser la survie de ces espèces et entrepris des campagnes de sensibilisation de la population sur l’importance de les préserver.

Voici quelques-uns des gestes à souligner :

  • conservation et protection du boisé du parc Marcel-Laurin;
  • plantation de végétaux variés, avec un accent sur les plantes nectarifères dans les espaces verts publics;
  • signature en 2017 de l’engagement des maires pour la sauvegarde des monarques;
  • mise en place d’une semaine des pollinisateurs du 17 au 23 juin sur son territoire.

« Nous sommes extrêmement heureux de recevoir cette reconnaissance qui nous tient vraiment à cœur. Nos équipes ont travaillé très fort au cours des dernières années pour mettre en place des projets en faveur de la protection des insectes pollinisateurs et de leur habitat. Aujourd’hui, leurs efforts sont reconnus officiellement par un organisme pancanadien et nous sommes fiers », a déclaré le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

Source : communiqué de presse.

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D'une seule voix, 233 scientifiques des quatre coins du monde ont demandé aux décideurs politiques de prendre des mesures contre les pesticides « tueurs d'abeilles ». Cet appel est survenu au moment où Ottawa a proposé d'éliminer progressivement certaines utilisations d'un des néonicotinoïdes utilisés au pays. Le reportage de Thomas Gerbet.

Nécessité d’agir pour sauver les abeilles à l’échelle du Canada

Les responsables fédéraux ont récemment reconnu que les pesticides néonicotinoïdes représentent une réelle menace pour les abeilles. Pressé par les organismes de défense de l’environnement, dont Équiterre, Ottawa a finalement décidé, au mois d’avril, de restreindre l’utilisation de certains pesticides tueurs d’abeilles. C’est certes un pas important, mais le Canada demeure à la traîne dans ce domaine, par rapport à la France qui a entièrement banni les néonicotinoïdes sur son sol, ou à l’Union européenne qui en a interdit trois.

Si le Canada ne se presse pas, c’est en raison de l’utilisation de certains groupes de néonicotinoïdes qui continuent d’être pulvérisés sur les plantes au pays, Santé Canada ayant jugé qu’ils ne présentent pas de « risques inacceptables » pour les insectes pollinisateurs.

L’enrobage des semences figure sur la liste des pratiques qui demeurent autorisées au Canada, pourtant certaines semences sont susceptibles d’être enrobées de néonicotinoïdes, pour les protéger des insectes ravageurs, des mauvaises herbes et de certaines maladies.

En l’absence de données scientifiques probantes sur l’incidence d’une telle pratique sur la santé des humains, et des risques réels pour les insectes pollinisateurs, elle va se poursuivre au pays où l’application du règlement visant l’interdiction de certains néonicotinoïdes ne se fera pas avant deux ans.

Au Québec, un nouveau code de gestion des pesticides interdit l’enrobage des semences de néonicotinoïdes. Mais exceptionnellement, en dérogation au nouveau règlement, les agriculteurs pourront utiliser ces semences, en raison des conditions climatiques défavorables cette année.

S’il faut s’en tenir aux multiples sons de cloche sur les dangers des néonicotinoïdes pour les abeilles et la préservation de la biodiversité, il serait plus prudent de suivre les exemples de pays qui ont résolu de les bannir totalement.

Avec des informations de Saint-Laurent, des gouvernements du Québec et du Canada.

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Catégories : Environnement, Société
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