David Saint-Jacques, dernier astronaute à être sorti de la capsule Soyouz a souffert d'un malaise à son arrivée. (Photo : NASA/Bill Ingalls/Handout via REUTERS).

Retour sur Terre pour l’astronaute canadien David Saint-Jacques

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Mission accomplie pour l’astronaute de l’Agence spatiale canadienne David Saint-Jacques. Il a atterri dans les steppes du Kazakhstan à 22 h 47 (HAE) lundi soir, soit une minute plus tôt que ce que la NASA avait planifié.

C’est à bord de la capsule Soyouz et accompagné de l’Américaine Anne McClain et du Russe Oleg Kononenko, que le Québécois a regagné la Terre sans encombre après plus de trois heures de vol.

David Saint-Jacques est sorti de l’engin en dernier en raison d’un malaise dû à l’intensité de l’atterrissage. C’est un symptôme typique d’après vol. Il a rapidement été pris en charge et va bien selon le personnel médical sur place.

Le commandant de la mission, Oleg Kononenko, a été le premier à sortir. Il a été suivi d’Anne McClain. Tous deux paraissaient en forme avec notamment le sourire aux lèvres pour l’Américaine. Il s’agissait là du quatrième retour sur terre du cosmonaute russe.

Au micro de la correspondante de Radio-Canada sur place, Saint-Jacques a commenté sa descente :

On est tombé du ciel littéralement. Une fois qu’on se convainc que ce n’est pas dangereux, c’est le fun!David Saint-Jacques, Astronaute de l'Agence spatiale canadienne

Avant d’en arriver là, le voyage de la Station spatiale internationale (SSI) à la Terre n’a pas été de tout repos.

L’atterrissage est comparable à un accident de voiture. (Photo : Alexander Nemenov/Pool via REUTERS)
Un long retour

Après avoir publié deux photographies prises de l’espace de la Colombie-Britannique et de la région du Nunavik, dans le nord du Québec, en écrivant que la vue des paysages canadiens grandioses lui manquerait, David Saint-Jacques et ses collègues ont dû effectuer plusieurs opérations afin de préparer leur départ.

Ils ont ensuite enfilé leur combinaison spécialement conçue pour les trajets entre la Terre et la SSI, puis verrouillé les portes de leur capsule à 16 h 15 précise. Toute l’opération, planifiée à la seconde près par l’Agence spatiale américaine, était retransmise en direct sur le web.

Une fois à bord de la capsule, le trio a dû effectuer une batterie de vérifications avant le grand départ. À la vitesse de 10 centimètres par seconde, le vaisseau s’est détaché de la Station internationale tout en douceur avant de pouvoir activer les moteurs et se placer dans l’orbite de la planète bleue.

Une descente mouvementée

Afin d’atteindre la vitesse de pointe de plus de 27 000 km/h, la capsule se sépare de plusieurs sections au cours de la descente. Seule la partie où se trouve l’équipage touchera le sol terrien à la fin de l’opération.

La partie la plus dangereuse du voyage est l’entrée dans l’atmosphère terrestre qui s’est produite sur le coup de 21 h 50.

La capsule Soyouz MS-11 transportant l’équipage de la Station spatiale internationale descend avec un parachute avant de se poser dans les steppes du Kazakhstan. (Photo : Alexander Nemenov/Pool via REUTERS)

L’ancien astronaute canadien Robert Thirsk a déjà vécu un tel atterrissage. Il a expliqué à La Presse canadienne à quel point cette étape pouvait être physique.

En descendant, la force de gravité est forte. C’est comme s’il y avait quatre personnes assises sur votre poitrine. C’est difficile d’inspirer, mais il faut se concentrer pour s’assurer de bien respirer pour ne pas se trouver mal.Robert Thirsk, ancien astronaute de l'Agence spatiale canadienne

La température autour de l’engin peut atteindre les 2000 °C, mais celui-ci est, heureusement, protégé par un bouclier thermique. Les astronautes peuvent alors subir des symptômes tels que des nausées et des troubles de la vision.

Par la suite, la capsule Soyouz déploie deux parachutes après avoir traversé l’atmosphère, un pour ralentir la chute et un second pour stabiliser la capsule.

« Quand le parachute s’ouvre, il y a un grand mouvement de pendule, de gauche à droite, et l’atterrissage est un écrasement comme un accident de voiture », explique Thirsk.

Toutefois, la capsule est faite de sorte que le choc soit minimisé. Des rétrofusées sont aussi activées afin de ralentir la descente.

L’atterrissage et les premiers pas sur la terre ferme

Une fois que la capsule a touché le sol, toutes les équipes de secours se sont mises en branle pour venir récupérer les astronautes.

Après être sortis de la capsule russe, ils ont été placés sur des chaises de camping au soleil juste à côté du vaisseau le temps d’un répit et d’une première visite médicale.

Le cosmonaute russe Oleg Kononenko, l’astronaute de la NASA Anne McClain et David Saint-Jacques de l’Agence spatiale canadienne se reposent sur des chaises peu après leur atterrissage. (Photo : Alexander Nemenov/Pool via REUTERS)

À sa sortie, David Saint-Jacques a expliqué au micro de Radio-Canada avoir du mal avec la gravité.

D’abord, on se sent chanceux d’être revenus. Je me sens un peu nauséeux. Ce qui me surprend le plus, c’est l’odeur du foin ici. C’est super bon.David Saint-Jacques, astronaute de l'Agence spatiale canadienne

Dans la Station spatiale internationale, les odeurs sont très aseptisées.

Comme il l’expliquait dans son dernier point de presse avant de rentrer, la semaine dernière, l’astronaute avait hâte de sentir les odeurs et le vent sur le visage.

Le Canadien a ensuite confié en anglais aux reporters que la gravité n’est pas son amie.

En contraste, l’Américaine semblait débordante d’énergie à sa sortie et se disait prête à tout recommencer. Quant à Kononenko, il a répondu être « heureux de voir une météo, peu importe laquelle », lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pensait du temps.

Retour au pays

David Saint-Jacques est désormais en route pour Houston, aux États-Unis, où il va retrouver sa famille, mais aussi subir une batterie de tests pendant quelques semaines avant de pouvoir retrouver le sol canadien. 

L’Agence spatiale canadienne a affirmé mardi que l’astronaute québécois se portait bien.

Il va aussi devoir réapprendre à vivre comme un Terrien, soit avec la gravité.

Après avoir vécu en apesanteur pendant plus de six mois, les trois astronautes ont grandi de quelques centimètres, grâce au redressement de la colonne vertébrale notamment. Toutefois, avec le poids de la gravité, la colonne va reprendre sa posture « normale », ce qui peut causer des douleurs plus ou moins importantes.

L’équipe de sauvetage de l’Agence spatiale russe aide l’astronaute David Saint-Jacques à quitter la capsule peu après son atterrissage. (Photo : Alexander Nemenov/Pool Photo via AP)

Pendant qu’il reprendra des forces et réapprendra à marcher, David Saint-Jacques sera accompagné de sa femme et de ses trois enfants qui l’attendent déjà dans la base américaine de la NASA.

À plusieurs reprises, l’astronaute canadien a exprimé son désir de revoir sa famille. Au micro de CBC, sa femme, Véronique Morin, a expliqué être « impatiente » de revoir son mari et que ce retour sur Terre a été une épreuve à vivre, mais qu’elle se réjouit surtout de son succès.

Elle a eu l’occasion de parler à son mari juste après son arrivée. Elle lui aurait parlé de leurs enfants qu’il a hâte de retrouver.

Une mission de tous les records

Avec 204 jours dans l’espace, David Saint-Jacques devient l’astronaute canadien à être resté le plus longtemps en orbite autour de la Terre. Il détrône son prédécesseur, Robert Thirsk, qui était resté 188 jours.

Le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a notamment félicité le québécois.

Je sais que je parle au nom de tous les Canadiens et Canadiennes quand je dis que je suis tellement fier des réalisations de David dans l’espace. Son séjour à la Station spatiale internationale montre à nos jeunes qu’avoir de grands rêves et viser les étoiles, c’est gratifiant. Par ailleurs, la recherche scientifique qu’il a réalisée repoussera les limites de nos connaissances sur l’Univers ainsi que sur la santé humaine, tant dans l’espace que sur Terre.Navdeep Bains, ministre canadien de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique

Tout comme Julie Payette, gouverneure générale du Canada :

Durant son séjour dans l’espace, Saint-Jacques est devenu le quatrième astronaute de l’Agence spatiale canadienne à sortir dans l’espace. Il a aussi été le premier à être aux commandes du Canadarm2 pour attraper le vaisseau-cargo Dragon.

L’ingénieur, astrophysicien et médecin a aussi mené plusieurs expériences scientifiques pour le Canada et pour d’autres pays afin de contribuer à faire progresser le domaine de l’exploration spatiale. Le père de famille a notamment parlé avec des jeunes de l’ensemble du Canada dans le cadre d’activités éducatives ou de concours.

Il devrait participer à une conférence de presse vendredi depuis Houston et reviendra au Canada à la mi-juillet. Il se rendra à l’Agence spatiale canadienne, juste au sud de Montréal.

Quant à la prochaine mission, l’agence a indiqué que des négociations sont en cours pour qu’un autre membre du corps soit affecté à la Station spatiale internationale avant 2024.

Vous pouvez suivre le retour sur Terre de David Saint-Jacques et ses coéquipiers en intégralité à travers cette vidéo de l’Agence spatiale canadienne :

RCI avec les contributions de La Presse canadienne, de Radio-Canada et de CBC.

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