Deux chasseurs F-22 de NORAD lors d'un exercice en 2010 PHOTO : THE ASSOCIATED PRESS / TED S. WARREN

Les militaires canadiens et américains s’entendent sur un cadre pour la modernisation du NORAD

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Selon CBC News, qui cite une source anonyme au sein du secteur de la Défense à Ottawa, le dossier politiquement sensible de la modernisation du NORAD a franchi une étape décisive il y a quelques mois lors d’une série de rencontres d’un comité binational réunissant des experts du Pentagone et du ministère canadien de la Défense.

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Rappelons que le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) est une organisation binationale américaine et canadienne dont la mission est d’assurer la surveillance, le contrôle et la défense de l’espace aérospatial de l’Amérique du Nord.

Or, le commandement binational de la défense aérienne et maritime, les aérodromes, les stations de radars et le réseau de satellites qui lui sont associés ont maintenant plus de 60 ans d’existence.

Le tout a besoin d’une révision majeure pour faire face aux nouvelles menaces, telles que les missiles balistiques nord-coréens ou les progrès rapides de la technologie des missiles de croisière.

Rappelons que déjà, jeudi matin, deux bombardiers russes ont été interceptés au large de l’Alaska et du Canada par des avions de chasse du NORAD. Ces bombardiers sont demeurés dans l’espace aérien international de la mer de Beaufort et ne sont jamais entré dans l’espace aérien souverain des États-Unis ou du Canada.

Ce sont quatre chasseurs, deux F-22 américains et deux CF-18 canadiens, appuyés par un E-3 Sentry, un Stratotanker KC-135 et un C-130 Tanker, qui ont identifié les avions russes, deux bombardiers Tu-95 Bear H. PHOTO : NORAD

Le Canada et les États-Unis sur la même longueur d’onde, mais à quel prix?

Le général canadien qui est le commandant adjoint du NORAD confirme que les deux pays sont sur la même longueur d’onde en ce qui concerne le nouveau cadre nécessaire pour défendre le continent. Il mentionne toutefois qu’il reste encore beaucoup de travail et de négociations à faire sur les capacités d’une nouvelle défense commune et sur ce qui est abordable.

Et c’est là que les choses risquent de se gâter, selon les experts de la défense.

James Fergusson, de l’Université du Manitoba, l’un des plus éminents spécialistes du NORAD, soutient que d’une manière ou d’une autre le prix à payer sera considérable.

Le remplacement de la chaîne de stations de radars du Système d’alerte du Nord, à lui seul, pourrait coûter jusqu’à 11 milliards de dollars, selon lui.

Or, la formule de partage des coûts, établie depuis longtemps, est de 60-40 entre les États-Unis et le Canada.

Steve Saideman, professeur d’affaires internationales à l’Université Carleton à Ottawa, estime qu’aucun gouvernement canadien n’est vraiment désireux d’ouvrir à ce chapitre des négociations avec l’administration Trump.

Donald Trump se plaint depuis longtemps que les alliés des Américains ne paient pas leur juste part des coûts de l’OTAN.

Une nouvelle protection américaine contre une menace venue de l’espace

(Alastair Grant/AP)

En janvier dernier, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis déploieraient un tout nouveau système dans l’espace pour détecter et arrêter les missiles balistiques destinés aux États-Unis et à leurs alliés. Il serait doté d’un drone d’un nouveau type équipé de missiles. Il resterait en orbite en permanence pour détruire un missile hypersonique hostile à son apogée dans l’espace.

Le président américain avait alors également dit que les alliés au sein de l’OTAN qui bénéficie de ce système de défense devraient payer leur part. Les responsables de l’actuel gouvernement libéral de Justin Trudeau seraient donc à l’oeuvre pour mieux comprendre ce que la vision de M. Trump signifierait pour le Canada.

Andrew Scheer – Photo PC

Il y a quelques semaines, le chef conservateur Andrew Scheer avait révélé que s’il devait prendre le pouvoir en octobre prochain, il placerait la défense du Canada carrément sous la protection antimissile américaine.

Il entamerait donc des pourparlers avec l’administration Trump pour se joindre au programme américain de défense antimissile continental.

Bien que les États-Unis aient sollicité la coopération du gouvernement canadien sur ce programme depuis le début des années 2000, les gouvernements successifs, tant libéraux que conservateurs, ont tous refusé. Ces réticences d’Ottawa à se joindre au bouclier antimissile américain étaient généralement liées à des questions de politique intérieure et au désir de maintenir son indépendance dans tout affrontement militaire internationale mené par les États-Unis. Sans oublier les menaces à la sécurité nationale.

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L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) célèbre ses 70 ans sur fond de divergences de vues entre ses membres influents. Au carrefour du multilatéralisme menacé, la nécessité d’un recentrage. Ottawa prône le renforcement de partenariats et un arrimage à la modernité (Drapeaux des 29 États membres de l’OTAN. Crédit : Gouvernement du Canada)

RCI avec les informations de Murray Brewster de CBC News et La Presse canadienne

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