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La taxe sur la tonne de carbone au Canada devra peser 20 fois plus d’ici 10 ans

Le plan fédéral de tarification du carbone – qui exclut le Québec et la Colombie-Britannique parce qu’ils ont déjà leurs propres systèmes – prévoit en ce moment une augmentation progressive de seulement 10 $ par année pour atteindre 50 $ la tonne de carbone en 2022. Or, une commission recommande une augmentation encore plus substantielle.

Alors que la nouvelle taxe sur le carbone coûte 20 $ la tonne cette année, la Commission de l’écofiscalité du Canada propose de la faire bondir à 210 $ d’ici 2030.

Ce bond de géant équivaudrait à ajouter par exemple 40 ¢ de plus au litre d’essence à la pompe. Mais il serait le sacrifice le moins coûteux pour garantir qu’Ottawa respecte ses propres cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES), en supposant que le gouvernement mise uniquement sur la taxe carbone pour y arriver.

La Commission de l’écofiscalité ajoute que le développement technologique et l’innovation n’ont pas été pris en compte dans son analyse dévoilée mercredi, ce qui veut dire que ses résultats « surestiment probablement l’augmentation requise » de la taxe sur le carbone d’ici une décennie.

Cela dit, la commission est d’avis que « le prix du carbone actuellement en vigueur doit augmenter de manière significative si le Canada veut atteindre sa cible de 2030 ».

Plus tôt cette année, en juin, le directeur parlementaire du budget du gouvernement canadien, Yves Giroux, laissait entrevoir une augmentation moitié moins élevée, soit 102 $ la tonne en 2030 comme l’indique ce graphique.

À quelques mois de la tenue des élections, l’ancienne ministre de l’Environnement Catherine McKenna avait laissé un flou sur la suite des choses.

Elle avait indiqué que s’il y avait une hausse après 2022, cette possibilité ne se manifesterait qu’au terme d’une négociation avec les provinces et seulement lors d’un troisième mandat d’un gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Allez-vous vouloir ou pouvoir payer 40 ¢ de plus le litre d’essence?

Selon le Fonds monétaire international (FMI), selon le directeur parlementaire du budget (DPB) et maintenant selon la Commission de l’écofiscalité du Canada, la taxe carbone serait la meilleure option pour lutter contre les changements climatiques. PHOTO : CBC

Une hausse aux conséquences politiques majeures

Multiplier par 20 le coût de la taxe carbone. Voilà la stratégie potentiellement explosive et la principale conclusion à laquelle arrive la Commission de l’écofiscalité du Canada, mandatée pour trouver les politiques climatiques les plus efficaces par rapport aux coûts afin de réduire les émissions de GES.

Cette commission, constituée d’économistes et d’ex-premiers ministres, a analysé divers scénarios : le régime actuel de tarification sur le carbone, la réglementation extensive et les subventions, puis la réglementation de l’industrie et des subventions. Or, selon elle, si « la hausse du prix du carbone au Canada pouvait se révéler difficile sur le plan politique », il s’agit de la meilleure façon d’atteindre les cibles canadiennes « au coût le plus bas possible pour l’économie ».

La lutte pour savoir si les libéraux ont l’intention d’augmenter la taxe sur le carbone est devenue un enjeu au cours de la récente campagne électorale, Andrew Scheer et ses conservateurs qualifiant cette mesure de « taxe néfaste pour l’emploi » et promettant de la supprimer si elle est adoptée.

Augmentation de la taxe, mais diminution des impôts?

Le coût pour une famille canadienne de la taxe sur le carbone à son niveau actuel de 20 $ est de 240 $. Lorsqu’il a présenté son plan de tarification du carbone, le gouvernement fédéral a offert des rabais pour couvrir ces coûts supplémentaires pour les ménages.

Si la taxe devait atteindre les 210 $ en 2030, la commission estime cependant que « les provinces devraient envisager de réduire l’impôt sur le revenu des entreprises et des particuliers ».

La taxe sur le carbone pour les nuls...
La taxe carbone est une mesure qui a pour objectif de faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre. L’idée est de taxer les produits émettant du CO2, dont l’essence. Le prix à la pompe est donc plus élevé. Le gouvernement Trudeau a imposé cette taxe aux provinces n’ayant pas déjà un plan de tarification du carbone. Le Québec en a un depuis des années avec la bourse du carbone.

RCI avec La Presse canadienne, les informations de Salimah Shivji de CBC News, la contribution de Maryse Jobin de RCI et la contribution de Radio-Canada

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