Des manifestants à Téhéran. PHOTO : VIA REUTERS / WANA NEWS AGENCY

Iran-Irak : Trump méprise ses alliés, selon l’ex-ambassadeur d’Obama au Canada

Bruce Heyman, l’ancien ambassadeur de Barack Obama au Canada, affirme que la décision de Donald Trump d’ordonner l’assassinat du général iranien de haut rang est le plus récent exemple où le président américain montre qu’il est prêt sur un coup de tête à sacrifier ses alliés comme le Canada.

Bruce Heyman, un démocrate, est un critique féroce de Trump et se révèle un ardent défenseur des relations canado-américaines pendant le mandat mouvementé du président républicain. THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick

Selon l’ex-diplomate, avec l’assassinat du général Qassem Soleimani, Donald Trump élève ce mépris des alliés américains à un nouveau niveau.

Rappelons que le Canada a déployé en Irak 850 militaires et spécialistes qui tentent notamment de préparer l’armée irakienne au jour où les forces armées américaines auront quitté la région.

Bruce Heyman était le diplomate américain qui avait aidé à négocier l’entrée de militaires du Canada en Irak en 2014 en tant qu’allié des États-Unis dans sa lutte contre la propagation de l’État islamique d’Irak et du Levant dans ce pays ainsi que dans la Syrie voisine.

Or, par crainte de représailles après l’assassinat du général Soleimani, cette mission sous le commandement de la brigadière générale Jennie Carignan a été suspendue indéfiniment.

Des retraits en série et des décisions unilatérales

L’ancien ambassadeur rappelle la série de décisions internationales perturbatrices prises par Trump telles que les retraits des États-Unis de l’accord de Paris sur les changements climatiques, de l’accord commercial du Partenariat transpacifique et de l’accord nucléaire avec l’Iran, qui comprenait les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l’Allemagne.

Donald Trump s’adresse aux militaires américains lors d’une vidéoconférence tenue la veille de Noël dans sa propriété de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le mardi 24 décembre 2019. (AP Photo/Andrew Harnik)

Bruce Heyman dénonce ces décisions en série qui ont causé de sérieux maux de tête aux alliés des États-Unis, y compris le Canada, tandis que le meurtre de vendredi a mis en péril à ses yeux la mission de formation de l’OTAN en Irak que le Canada dirige à grands frais.

« Nous étions partenaires dans cette lutte, dans la réduction du terrorisme », déclare M. Heyman dans une entrevue.

« Ce qui me préoccupe, du moins tel que rapporté publiquement, c’est que les États-Unis n’ont pas consulté nos alliés avant cette action. Et si c’est le cas, cela a mis le Canada et d’autres pays dans une situation assez difficile et complexe sur le terrain. »

Le Canada à un rôle non seulement militaire, mais aussi diplomatique à jouer

L’ex-ambassadeur est d’avis que les alliés américains, y compris le Canada, ont un rôle diplomatique à jouer pour calmer la donne. « J’espère que les alliés des États-Unis se parlent entre eux et tentent de trouver le meilleur moyen de calmer les choses », ajoute-t-il.

François-Philippe Champagne (REUTERS / Ivan Alvarado)

Le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne semblait justement s’affairer à cette tâche lundi, lors d’une série d’appels téléphoniques avec ses homologues irakien et jordanien.

Le Canada demeure engagé « envers un Irak stable et uni et pour la défaite durable de Daech » à réitérer le ministre dans son entretien avec son homologue irakien, Mohammed Ali Al-Hakim.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, s’est entretenu pour sa part avec le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg.

Le Canada doit poursuivre sa mission d’aide militaire

Les deux hommes ont souligné l’importance de réduire les tensions et de soutenir la sécurité et la stabilité en Irak et dans l’ensemble de la région.

Ils ont également convenu du rôle important que joue la mission de formation de l’OTAN auquel participe le Canada dans le renforcement de la capacité de l’Irak en matière de sécurité.

Ce n’est pas la fin de la mission, a laissé entendre Jens Stoltenberg.

Les assassinats vendredi par les États-Unis du puissant général iranien Qassem Soleimani et du principal homme de l’Iran à Bagdad plongent cette région dans une crise sans précédent…

Image Getty

RCI avec les informations de La Presse canadienne et la contribution de Marie-Claude Morin, Claude Bernatchez, et Michel C. Auger de Radio-Canada

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Catégories : International, Politique, Religion
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