« On est au bord de la catastrophe, de la faillite pour certaines entreprises », ont écrit plusieurs représentants de l’industrie aérospatiale dans une lettre ouverte à Justin Trudeau. (Photo : Radio-Canada)

COVID-19 : le secteur de l’aéronautique canadien tire la sonnette d’alarme

Plusieurs syndicats de travailleurs du secteur du transport aérien et de l’aérospatiale ont alerté le premier ministre canadien vendredi sur la situation actuelle alors que les rapports sur le trafic aérien canadien témoignent d’une baisse de plus de 60 % en septembre 2020. 

« On est au bord de la catastrophe, de la faillite pour certaines entreprises », ont écrit plusieurs représentants de l’industrie aéronautique dans une lettre ouverte à Justin Trudeau. Ils font notamment référence à la paralysie du transport aérien mondial depuis près de huit mois qui a obligé de nombreuses compagnies aériennes à licencier du personnel. 

Ce ralentissement du trafic aérien a aussi eu des répercussions sur la chute de la demande en avions commerciaux, qui a laissé de nombreux employés dans l’aéronautique au chômage.

Les auteurs de la lettre dénoncent le fait que le gouvernement libéral n’ait toujours pas soutenu l’industrie alors que plusieurs pays « ont investi des dizaines de milliards de dollars pour maintenir à flot les entreprises et les emplois de ces secteurs hautement stratégiques ».

À l’inverse, ils dénoncent les investissements faits par Ottawa dans l’industrie automobile la semaine dernière ou encore « les milliards de dollars débloqués pour le secteur pétrolier ».

Les syndicats évoquent aussi l’apport du secteur de l’aéronautique et de l’aviation dans l’économie canadienne.

« Pour un gouvernement, chaque dollar investi dans le développement de son industrie aérospatiale nationale crée de 2 à 3 $ de retombées économiques. C’est donc un investissement rentable. »Auteurs de la lettre ouverte

La composante Air Transat du SCFP a appris vendredi que « le nombre de ses membres agents de bord passera de 2 000 employés en temps normal à moins de 160 en novembre ». (Photo : La Presse canadienne/Ryan Remiorz)

Besoin d’un système de dépistage rapide de la COVID-19 dans les aéroports canadiens

En parallèle à cette lettre, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a lui aussi appelé le gouvernement canadien à intervenir pour sauver l’industrie, mais aussi pour assurer la protection des employés face au coronavirus.

Pour cela, le SCFP demande la mise en place immédiate d’un système de dépistage rapide de la COVID-19 dans les aéroports canadiens. Le syndicat justifie cette demande suite à l’annonce de nouveaux licenciements par la compagnie aérienne Air Transat.

La composante Air Transat du SCFP a appris vendredi que « le nombre de ses membres agents de bord passera de 2 000 employés en temps normal à moins de 160 en novembre ». La base d’Air Transat à Vancouver sera aussi complètement fermée jusqu’à nouvel ordre, indique le communiqué.

« Toutes nos informations indiquent que la reprise des activités d’Air Transat à l’été et à l’automne 2020 s’est faite en toute sécurité pour les passagers et le personnel. Un système de contrôle rapide qui fournit des résultats avant l’embarquement serait un ajout crucial pour relancer l’industrie aérienne. »Syndicat canadien de la fonction publique

En dépit des centaines de milliards de dollars versés pour lutter contre la pandémie de COVID-19, le gouvernement fédéral n’a pas encore mis en place de programme d’aide destiné à l’industrie aéronautique.

Mercredi, lorsque le ministre des Transports, Marc Garneau, a réagi à l’annonce de WestJet de réduire de 80 % ses vols depuis et vers le Canada atlantique, il n’a pas évoqué de soutien immédiat à l’industrie, mais que des discussions étaient en cours entre les différents acteurs.

Le ministre a notamment rappelé que le gouvernement libéral s’était engagé à appuyer les compagnies aériennes lors du discours du trône.
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