La décision du Canada de suspendre depuis dimanche, pour trois mois, les vols de ses principales compagnies aériennes vers le Mexique afin d’enrayer la propagation de la pandémie pourrait coûter à l’industrie mexicaine du tourisme environ 782 millions de dollars en pertes de revenus, selon le gouvernement mexicain.

(Chris Helgren/Reuters)
Le ministre mexicain du Tourisme, Miguel Torruco, estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à 791 000 touristes de moins en raison de la suspension des vols imposée par le Canada jusqu’au 30 avril.
Il souligne également que les répercussions sur le Canada et son industrie touristique seront probablement élevées. Il devra composer durant ces trois mois avec la perte de 372 000 visiteurs mexicains et des revenus touristiques moindres de 368 millions de dollars.
Le Mexique demande donc au Canada de revenir sur sa décision de suspendre ces vols, ce qui pourrait provoquer selon lui une «crise économique sévère».
Le quatrième pays du monde le plus endeuillé par la pandémie de coronavirus a dépassé la semaine dernière la barre des 150 000 morts. Avec une population trois fois moindre, le Canada vient pour sa part de dépasser le cap des 20 000 décès.
Pas de mesures de réciprocités
Le Mexique n’a pas adopté de mesures pour suspendre les vols de ses compagnies aériennes vers le Canada. Toutefois, la compagnie aérienne Aeromexico a déclaré qu’elle arrêterait ses vols vers le Canada à partir de la deuxième semaine de février jusqu’à la fin avril.
En 2020, durant la première année de la pandémie, le nombre de visiteurs au Mexique en provenance du Canada a chuté de 61 % pour atteindre un peu plus d’un million de visiteurs, selon les données du ministère mexicain du Tourisme.
Les voyageurs en provenance du Mexique seront assujettis aux nouvelles restrictions de voyage

Omar Alghabra (PC)
Durant le week-end, le ministre canadien des Transports, Omar Alghabra, a mentionné que les voyageurs aériens devraient se préparer à devoir subir des tests pour la COVID-19 dès leur arrivée au Canada et que les exigences de quarantaines des hôtels devraient entrer en vigueur dès jeudi. Cela inclut les voyageurs arrivants du Mexique.
« Je demande aux gens de se préparer dès le 4 février, a dit M. Alghabra dans une interview accordée dimanche sur les ondes de CBC News. Je ne peux pas vous dire si c’est exactement le moment où cela va commencer, mais je demanderais aux gens d’être prêts dès que possible. »
Aussi, à partir de 23 h 59 mercredi, tous les vols internationaux de passagers, privés et vols nolisés, y compris en provenance des États-Unis et d’autres pays précédemment exemptés, seront acheminés par les aéroports de Vancouver, Toronto, Calgary et Montréal.
Vendredi, le premier ministre Justin Trudeau avait annoncé que le test PCR obligatoire serait bientôt exigé pour les personnes qui entrent au Canada, en plus des exigences de test avant le départ mises en place plus tôt cette année.
Les voyageurs devront ensuite attendre jusqu’à trois jours dans un hôtel approuvé par le gouvernement pour obtenir leurs résultats, qui, selon M. Trudeau, devront être payés par le voyageur et pourraient coûter jusqu’à 2000 $.
Des restrictions de voyage « punitives »

Derek et Susan Houghton, d’Ottawa, prévoient de rester en Floride jusqu’à ce qu’ils puissent rentrer chez eux sans avoir à affronter d’obstacles, comme un coûteux séjour en quarantaine dans un hôtel. (Soumis par Derek Houghton)
Malgré l’avis du Canada à ses citoyens de ne pas voyager à l’étranger pendant la pandémie, des centaines de milliers d’entre eux que l’on surnomme snowbirds ont pu facilement réserver des vols et se diriger vers le sud pour y passer l’hiver. Maintenant, ces vacanciers doivent faire face à des obstacles majeurs pour rentrer chez eux en raison de nouvelles mesures sévères annoncées vendredi par le gouvernement fédéral et qui pourraient entrer en vigueur jeudi.
Les passagers aériens revenant au Canada devront subir un test de dépistage à la COVID-19 à leur arrivée et passer jusqu’à 3 de leurs 14 jours de quarantaine dans un hôtel désigné par le gouvernement. Cela pourrait leur coûter plus de 2000 $ par personne. Ces frais couvrent le logement, la nourriture, le test et la sécurité.
« Je ne vais pas payer 2000 $ par personne pour trois nuits. C’est ridicule, a déclaré Claudine Durand, 50 ans, de la ville de Lachine, au Québec, qui passe l’hiver en Floride.
« Quatre mille dollars, c’est beaucoup d’argent, et qui sait si cela s’arrêtera là? Est-ce que c’est 4000 $ plus la taxe, dit Lynn, une autre Canadienne de 68 ans originaire de l’Ontario. Je suis à la retraite. »
« Ils ne veulent pas avoir à payer ces 2000 $, affirme Denise Dumont, rédactrice en chef du journal francophone Soleil de la Floride, qui s’adresse aux snowbirds du Québec. Tout le monde n’est pas millionnaire. » LISEZ LA SUITE ICI…
RCI avec La Presse canadienne, l’Agence France-Presse et CBC News








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