Le Québec mise toujours sur la Chine. Et la Chine elle?

Des conteneurs sont chargés dans le port de Qingdao. La croissance de la deuxième plus grande économie du monde a baissé à 8,1 % dans les trois mois se terminant en Mars. (STR / AFP / Getty)
Des conteneurs sont chargés dans le port de Qingdao. La croissance de la deuxième plus grande économie du monde a baissé à 8,1 % dans les trois mois se terminant en Mars. (STR / AFP / Getty)

Le miracle chinois bâti sur une main-d’oeuvre à bas prix est brisé et l’élan économique chinois trébuche. Mais le Québec fait le pari que miser sur son principal partenaire asiatique demeure la route à suivre, car un autre miracle est encore possible grâce par exemple à des investissements de l’État chinois dans des secteurs moins terre a terre et plus innovateur.

Voilà pourquoi l’expression anglaise « business as usual » (les affaires comme toujours) semble de mise pour décrire l’attitude du gouvernement québécois à l’égard de la Chine qui vient de décider d’ouvrir un troisième bureau du Québec.

Après les deux plus grandes villes de Chine, Pékin et Shanghai, le Québec s’offre un pied à terre à Qingdao, neuf millions d’habitants, qui est une des rares villes du pays encore en pleine croissance économique.

Le pari québécois est de miser maintenant sur Qingdao

jean-François Lépine
Jean-François Lépine

Dans un entretien avec Radio-Canada, le nouveau délégué du Québec en Chine et ancien journaliste de Radio-Canada, Jean-François Lépine affirme que la décision du Québec représente « une publicité énorme qui attire déjà des appels et des manifestations d’intérêt.

Qingdao est une ville côtière avec des préoccupations d’ouverture sur le monde tout comme nous, ajoute-t-il. Nous avons beaucoup en commun. »

Le nouveau bureau a été inauguré en mars par la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre qui effectuait sa première mission économique en Chine. Elle a profité de sa visite pour vendre le savoir-faire québécois en santé, en aviation et surtout dans le domaine des énergies vertes.

Christine St-Pierre
Christine St-Pierre

Christine St-Pierre affirme que les Chinois semblent « énormément intéressés par les secteurs des nouvelles technologies, des technologies reliées à l’environnement. On tente de percer dans ces domaines-là. Alors ce sont des graines que nous plantons et nous allons continuer à travailler très fort ».

Qingdao, dans la province de Shandong dans l'est de la Chine, est une ville portuaire de gratte-ciel, de parcs et de plages bordant la mer Jaune. En 2009, Qingdao a été nommée ville la plus agréable de la Chine par l'Institut chinois de la compétitivité des villes. Wikipédia
Qingdao, dans la province de Shandong dans l’est de la Chine, est une ville portuaire de gratte-ciel, de parcs et de plages bordant la mer Jaune. En 2009, Qingdao a été nommée ville la plus agréable de la Chine par l’Institut chinois de la compétitivité des villes. Wikipédia

La Chine est à nouveau le miroir de nos ambitions cette fois en hautes technologies

Voyant venir la fin d’un miracle assis sur les épaules d’une main-d’oeuvre mal payée et souvent mal traitée, le gouvernement chinois affirme depuis un an déjà à toutes les délégations internationales qui continuent de frapper aux portes de l’empire économique que leur nation de production va passer à une société de services et d’innovation. Elle affirme être mûre pour copier le modèle de croissance économique de l’Occident.

Des secteurs dans lesquels le Québec a beaucoup à offrir, mais comme il n’est pas le seul, la compétition s’annonce féroce et les perdants pourraient être nombreux.

Le Québec mise ainsi sur un virage chinois vers les hautes technologies pour arrimer notre développement économique à ce pays asiatique. Mais fait-il vraiment le bon pari?

Un reportage de Stéphane Parent

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Aide-mémoire…
De Pierre Trudeau à Justin Trudeau, 45 ans de relations canadiennes avec la Chine
Lorsque le premier ministre canadien Pierre Trudeau (père de l’actuel premier ministre Justin Trudeau ) est arrivé au pouvoir en 1968, une de ses priorités a été de réorienter la politique extérieure canadienne pour que le Canada soit moins perçu comme étant le «boy-scout international » et que la priorité dans nos relations internationales soit accordée aux intérêts économiques, politiques et sociaux du Canada.
Bien avant donc le voyage en 1972 du Président Richard Nixon en Chine, le gouvernement canadien entreprenait des pourparlers avec la Chine communiste lesquelles ont conduit à l’établissement de relations diplomatiques, le 13 octobre 1970.
Le Canada reconnaissait ainsi officiellement la République populaire de Chine et nous étions presque les premiers au monde à le faire. Bien avant les Américains!
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Le premier ministre canadien Pierre Trudeau, à droite, dans le cadre d'une visite officielle en Chine en 1973.
Le premier ministre canadien Pierre Trudeau, à droite, dans le cadre d’une visite officielle en Chine en 1973.

Des relations canado-chinoises moins plaisantes depuis 2012

L’ex-premier ministre Stephen Harper avait tenté de restreindre les investissements d’une société d’État chinoise dans l’industrie des sables bitumineux en Alberta, et n’a pas répondu à l’invitation de Pékin de négocier un accord de libre-échange.

Le gouvernement conservateur a ensuite mis du temps à ratifier l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers.

Il ne l’a fait qu’au début de l’été 2014 dans une tentative, disent les experts, de calmer les tensions et de préparer la visite de Stephen Harper en Chine prévue pour novembre de la même année.

Des mannequins portent des manteaus en fourrure de phoque du Canada, devant le magasin Always in Vogue à Shenyang en Chine
Des mannequins portent des manteaus en fourrure de phoque du Canada, devant le magasin Always in Vogue à Shenyang en Chine © Philippe Grenier

Avec la contribution de Yvan Côté Gabrielle Sauvageau, Gabrielle Michaud-Sauvageau, Jacques Beaupré, et Michel C. Auger de Radio-Canada

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