Dénés et Tłı̨chǫs veulent mener le projet de corridor de sécurité de l’Arctique

Un texte de Mohamed-Amin Kehel
Aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), la Première Nation des Dénés Yellowknives et le gouvernement Tłı̨chǫ ont signé un protocole d’entente pour mener conjointement le projet de corridor de sécurité de l’Arctique.
Ce projet fait partie des projets préliminaires que le gouvernement fédéral aimerait mettre en chantier rapidement grâce à son Bureau des grands projets. Il n’est toutefois pas encore assez développé pour obtenir des fonds à ce stade.
Il consiste à construire une route d’environ 900 km qui relierait Yellowknife au port en eau profonde de la baie Grays, au Nunavut. La route traverserait les terres des deux gouvernements autochtones signataires du protocole d’entente.
Nous avons tiré les leçons des expériences passées avec des industries qui venaient sur nos terres et qui prenaient toutes les décisions, a expliqué le chef tłı̨chǫ Jackson Lafferty. Nous allons changer les rôles, nous allons prendre les devants dans ce mégaprojet.
Occasions économiques et respect du territoire
Pour le chef des Dénés Yellowknives, Ernest Betsina, il est important que les membres de sa communauté soient consultés et que les connaissances des aînés soient prises en compte.
Nos membres pourront donner leur avis sur le territoire, les enjeux environnementaux et les possibilités économiques, dit Ernest Betsina, chef des Dénés Yellowknives.
Il espère qu’un tel chantier créera des emplois et permettra de développer de nouvelles compétences au sein de sa communauté.

Les deux chefs autochtones soulignent néanmoins que le projet n’en est qu’à ses débuts et qu’il sera essentiel de préserver la population de caribous tout en élaborant le plan pour le corridor.
Par voie de communiqué, le premier ministre des T.N.-O., R.J. Simpson, a salué un moment important et inspirant.
Nous avons hâte de travailler en étroite collaboration avec les gouvernements autochtones, ainsi qu’avec le gouvernement du Canada par l’entremise du Bureau des grands projets. Le Nord est prêt, et la signature d’aujourd’hui constitue un grand pas en avant, a-t-il dit.
Caroline Wawzonek, ministre ténoise responsable de l’Infrastructure stratégique, juge que cette entente illustre à merveille à quoi peuvent ressembler les projets de développement des infrastructures menés par les Autochtones dans le Nord.
En octobre, les deux élus ténois s’étaient d’ailleurs rendus à Ottawa accompagnés de membres du Conseil des dirigeants des Territoires du Nord-Ouest pour inciter le fédéral à investir davantage dans les infrastructures du Grand Nord.
Avec les informations de Tamara Merritt
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