Groenland : Trump s’en prend à ses alliés avant de se rendre au forum de Davos

Une photo générée par intelligence artificielle montrant Donald Trump dans le Bureau ovale avec les dirigeants européens devant une carte où le drapeau américain recouvre les États-Unis, mais aussi le Canada, le Groenland et le Venezuela.
(Compte Truth Social de Donald Trump)

Grand-messe annuelle d’un multilatéralisme que le président américain ne cesse de malmener, la réunion de Davos intervient en plein bras de fer sur le Groenland entre les Américains et leurs alliés européens au sein de l’OTAN.

Le président américain Donald Trump a lancé une stupéfiante série d’attaques à l’encontre de ses alliés français, britanniques et canadiens avant de se rendre mercredi au Forum économique mondial de Davos, où le dossier du Groenland sera le sujet central.

Dans une rafale de publications sur son réseau Truth Social et de propos tenus à des journalistes avant son déplacement dans la station des Alpes suisses, Donald Trump a divulgué un message privé du président français Emmanuel Macron et un autre attribué au secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.

Les déclarations du président américain fragilisent un peu plus l’Alliance atlantique et montrent combien il apparaît plus que jamais déterminé à faire étalage de sa puissance.

Le jour même du premier anniversaire de son investiture pour un second mandat qui a déjà bouleversé l’ordre mondial, Donald Trump a particulièrement pris pour cible Emmanuel Macron, brocardé pour son refus de rejoindre le Conseil de paix voulu par la Maison-Blanche.

Le président américain a relativisé la réaction de Paris en faisant valoir que M. Macron approchait de la fin de son mandat, qui arrive à échéance en mai 2027.

« Personne ne veut de lui parce qu’il ne sera plus au pouvoir très bientôt », a réagi M. Trump devant des journalistes en Floride.

Il a brandi dans la foulée la menace de droits de douane prohibitifs sur des produits fleurons des exportations françaises. « Je vais mettre 200 % de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n’est pas obligé d’y adhérer », a-t-il dit à l’adresse d’Emmanuel Macron.

Un certain nombre de dirigeants occidentaux craignent que le Conseil de paix de Donald Trump, initialement conçu pour Gaza, ne se veuille une sorte d’ONU parallèle. L’invitation faite au président russe Vladimir Poutine pour en faire partie a en outre suscité l’inquiétude des alliés de l’Ukraine.

Donald Trump a ensuite publié un texto privé du président français dans lequel ce dernier écrit : « Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland ». Emmanuel Macron lui propose d’organiser un sommet du G7 jeudi à Paris auquel il pourrait convier, en marge de la réunion, les Russes, une première en près de quatre ans de guerre en Ukraine.

Le Canada de nouveau ciblé

Mais le président américain ne s’est pas arrêté là. Dans la nuit, il a posté sur son réseau une série de photos générées par l’IA où on le voit dans le Bureau ovale avec les dirigeants européens devant une carte où le drapeau américain recouvre les États-Unis, mais aussi le Canada, le Groenland et le Venezuela.

Avant d’afficher sa volonté d’acquérir le Groenland, Trump avait déclaré qu’il souhaitait faire du Canada le 51e État de l’Union.

Le président américain a publié une autre image générée par l’IA le montrant, accompagné de son vice-président J.D. Vance et du ministre des Affaires étrangères Marco Rubio, en train de planter un drapeau américain dans un paysage arctique. Sur le cliché, un panneau indique : « Groenland, territoire américain depuis 2026 ».

Grande stupidité britannique, selon Trump

Très actif sur les réseaux sociaux, Donald Trump a également pris le temps de s’en prendre au Royaume-Uni, qui voit sa relation spéciale avec les États-Unis mise à rude épreuve.

Dans un revirement spectaculaire, il a qualifié de grande stupidité la cession de l’archipel des Chagos à l’île Maurice.

« Le fait que le Royaume-Uni abandonne une terre extrêmement importante est un acte de GRANDE STUPIDITÉ, et s’ajoute à une très longue liste de raisons de sécurité nationale pour lesquelles le Groenland doit être acquis », a affirmé Donald Trump.

« De façon stupéfiante, notre « brillant » allié de l’OTAN, le Royaume-Uni, envisage actuellement de céder l’île de Diego Garcia, site d’une base militaire américaine vitale, à Maurice, et de le faire SANS AUCUNE RAISON », a-t-il écrit.

En mai dernier pourtant, au moment de sa signature, les États-Unis avaient salué l’accord permettant de restituer les îles Chagos à l’île Maurice.

Seul le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a trouvé grâce aux yeux de Trump.

Le président américain a, comme pour Emmanuel Macron, publié sur son réseau un message privé de l’ancien premier ministre néerlandais.

Dans ce message, Mark Rutte, qui avait surnommé M. Trump « Daddy » (Papa) lors d’un sommet de l’OTAN l’an dernier, se dit « déterminé à aller de l’avant sur le Groenland » et impatient de revoir à Davos son « cher Donald ». « Merci Mark Rutte », répond le président américain en conclusion de son message.

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