À Yellowknife, les pays nordiques discutent de la sécurité de l’Arctique

Cinq diplomates des pays nordiques européens étaient présents à Yellowknife pour parler des enjeux économiques et sécuritaires de l’Arctique. La capitale ténoise et son maire, Ben Hendriksen (au milieu), étaient les hôtes de cet événement. (Radio-Canada/Mohamed-Amin Kehel)

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À Yellowknife, des diplomates de cinq pays nordiques européens ont rencontré des dirigeants autochtones, municipaux et territoriaux. Ils ont abordé la question des occasions de collaboration entre pays de l’Arctique aussi bien sur le plan militaire que sur le plan économique, dans un contexte de tensions grandissantes autour du cercle polaire.

Les discussions auxquelles ont participé le Danemark, la Finlande, la Suède, la Norvège et l’Islande se sont tenues dans le cadre d’un séminaire appelé « Résilience dans l’Arctique », prévu depuis l’automne 2025. Cependant, les menaces de Donald Trump sur le Groenland ont plané sur la rencontre et la conférence de presse qui a suivi.

Le président américain a pour sa part affirmé mercredi avoir trouvé « le cadre d’un futur accord » concernant le Groenland.

Interrogé sur la question, l’ambassadeur du Danemark au Canada, Nikolaj Harris, a refusé de commenter ce plus récent développement. « Je n’ai pas eu l’occasion de suivre ça parce que nous étions occupés à discuter de résistance et de sécurité arctique durant les quatre dernières heures », a-t-il répondu.

Il s’est dit toutefois heureux de constater le soutien canadien au Groenland, mentionnant une récente manifestation à Iqaluit, au Nunavut.

C’est toujours bien de voir cette expression de solidarité et de soutien.

Nikolaj Harris, ambassadeur du Danemark au Canada

« Nous ne voulons pas être alarmistes, mais nous devons nous préparer à toutes les situations », précise pour sa part l’ambassadrice de la Finlande, Hanna-Leena Korteniemi. « Rester tranquille, calme et serein, ce sont les mots que j’utiliserais ». Au-delà des menaces sécuritaires, elle mentionne les questions liées aux changements climatiques dans l’Arctique.

Collaboration économique et militaire

Durant leur visite à Yellowknife, les diplomates européens ont rencontré une multitude d’acteurs locaux, du premier ministre ténois, R.J. Simpson, aux leaders autochtones en passant par des responsables militaires locaux.

« Nous sommes toutes des nations arctiques, nous partageons les mêmes conditions, les mêmes valeurs », affirme pour sa part Signe Burgstaller, ambassadrice de la Suède au Canada. Nous avons en commun une vision nordique sur le monde.

Je dis souvent que nous sommes sculptés à partir du même bloc de glace. Nous avons les mêmes paysages, les mêmes valeurs, les mêmes conditions difficiles.

Hanna-Leena Korteniemi, ambassadrice de la Finlande au Canada

Et dans un contexte de tensions croissantes en Arctique, la question de la défense s’est naturellement invitée à l’ordre du jour des discussions.

« L’Arctique était traditionnellement une zone de basse tension », constate Jon-Åge Øyslebø, ministre conseiller et chef de mission adjoint de la Norvège. « Mais en quelques années, on voit des défis pas seulement avec la fonte des glaces, mais aussi à cause d’une activité croissante dans la région. »

La Norvège a noté avec satisfaction l’accent que le Canada met maintenant sur la sécurité dans le Grand Nord. On est un peu dans la même situation : on est forcés de donner plus d’attention à ces questions.

Jon-Åge Øyslebø, ministre conseiller et chef de mission adjoint de l’ambassade de Norvège au Canada

Le diplomate norvégien note une collaboration accrue entre les armées des deux pays dans le Grand Nord et mentionne notamment l’opération Cold Response, prévue en 2026 et organisée sous l’égide de l’OTAN, qui se tiendra sur le territoire de ce pays scandinave.

Jon-Åge Øyslebø est ministre conseiller et chef de mission adjoint pour l’ambassade royale de Norvège. (Radio-Canada/Mohamed-Amin Kehel)

À plusieurs reprises toutefois, les diplomates ont insisté sur le fait que la sécurité de l’Arctique doit être multifactorielle.

« La sécurité, ce n’est pas seulement la défense et les capacités militaires », soutient l’ambassadeur danois. « C’est aussi le développement économique, l’éducation. »

Il s’est d’ailleurs dit inspiré des discussions sur l’énergie qu’il a pu avoir.

« Au Groenland, nous utilisons beaucoup l’énergie hydraulique », explique Nikolaj Harris. « Peut-être pouvons-nous apporter des solutions dans ce domaine.»

Il dit aussi vouloir explorer d’autres avenues économiques, comme le tourisme durable, et être « très intéressé par les projets d’infrastructure » promus par le gouvernement de Mark Carney et son Bureau des grands projets.

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