La mine Ekati aux T. N.-O. se met à l’abri de ses créanciers

Vue aérienne de la mine à ciel ouvert.
La mine Ekati, située au nord-est de Yellowknife, exploite le diamant depuis 1998. (Photo : Dominion Diamond Corporation)

La société mère de la mine de diamants Ekati a déposé une demande de protection contre ses créanciers. Elle affirme être incapable de payer ses factures après la chute de plus de 70 % en un an du prix des diamants sur les marchés mondiaux.

Ces démarches mettent en péril des centaines d’emplois et des millions de dollars en paiements promis aux communautés autochtones. Elles jettent aussi un doute sur l’avenir à long terme de la mine.

La compagnie calgarienne Arctic Canadian Diamond, filiale de la société minière australienne Burgundy Diamond Mines qui possède et gère la mine, a déposé une série de documents à la Cour suprême de la Colombie-Britannique la semaine dernière.

Vendredi, la cour a accordé à l’entreprise une protection juridique temporaire. Les créanciers ne peuvent ni la poursuivre ni saisir ses actifs au moins jusqu’au 11 mai.

La mine Ekati a ouvert en 1998. À son apogée, la mine Ekati a compté jusqu’à environ 1800 travailleurs, en incluant les employés et les entrepreneurs. En 2024, elle comptait environ 700 employés, dont 28 % étaient des résidents du Nord, parmi lesquels 60 % étaient autochtones. L’effectif a chuté depuis et s’élevait à environ 340 employés le 31 mars dernier.

L’an dernier, l’entreprise a franchi le cap des 100 millions de carats de diamants extraits en 26 ans d’activité.

L’entreprise a reçu des prêts totalisant 175 millions de dollars du gouvernement fédéral pour maintenir ses activités et protéger les emplois.

Dans une déclaration publiée lundi, la ministre de l’Industrie des Territoires du Nord-Ouest, Caitlin Cleveland, a indiqué que son gouvernement suit de près la procédure judiciaire et continuera à défendre les intérêts des travailleurs et des collectivités des T. N.-O. tout au long du déroulement de ce processus.

Elle a aussi affirmé que le gouvernement territorial est prêt à soutenir les travailleurs touchés en les orientant vers des programmes d’aide et d’autres services et ressources.

Des difficultés financières

Les documents judiciaires montrent que l’entreprise est « en difficulté financière, malgré le prêt fédéral ».

La requête indique que, si Arctic Canadian Diamond ne parvient pas à stabiliser ses activités, la compagnie « ne sera pas en mesure de respecter ses obligations financières courantes nécessaires au maintien des activités actuelles à la mine Ekati, notamment les paiements aux employés, aux entrepreneurs et aux fournisseurs ».

Toujours selon la requête, le non-paiement de ces sommes compromettra inévitablement la poursuite des activités à la mine Ekati, au détriment des parties prenantes d’Arctic Canadian Diamond.

L’entreprise avait aussi d’autres prêts.

Elle devait environ 107 millions de dollars à un groupe de prêteurs privés. Elle devait aussi environ 63 millions de dollars à des créanciers commerciaux, bien qu’elle ait réussi à négocier une remise de dette et à effacer environ 18 millions de dollars.

La dette totale s’élève à environ 655 millions de dollars.

Des coûts futurs doivent aussi être pris en compte, dont le nettoyage du site. Celui-ci avait été estimé à environ 428 millions de dollars à la fermeture de la mine, possiblement en 2040.

L’entreprise affirme disposer d’obligations, de fonds en fiducie et de garanties en espèces totalisant plusieurs centaines de millions de dollars pour couvrir ces coûts.

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest avait versé environ 2 millions de dollars en novembre pour aider à maintenir Ekati à flot. Les documents montrent que le gouvernement a couvert les intérêts d’un prêt relais à court terme, fourni par des prêteurs privés, en attendant le financement d’urgence de 175 millions de dollars du gouvernement fédéral.

Les documents indiquent aussi que ce financement fédéral a été versé en deux étapes, sous certaines conditions.

En décembre, l’entreprise a reçu 115 millions de dollars. Pour obtenir les 60 millions restants, elle devait toutefois lever au moins 25 millions de dollars de nouveaux capitaux avant vendredi, soit le jour où elle a demandé la protection contre ses créanciers. Les documents ne précisent pas si ce montant a été obtenu.

Les diamants sujets à des facteurs mondiaux

Dans sa requête, l’entreprise attribue la situation à plusieurs facteurs mondiaux, en commençant par le prix des diamants par carat.

Elle indique que les prix ont chuté rapidement, passant d’environ 125 $ le carat à la fin de 2024 à environ 33 $ en décembre 2025, soit une baisse d’environ 74 %.

Les facteurs qui influencent le prix des diamants sont l’émergence de solutions de rechange produites en laboratoire, la baisse des achats en Chine et les effets des tarifs, a déclaré Brent Mierau, secrétaire corporatif et responsable financier de la compagnie Arctic Canadian Diamond, dans un affidavit de 36 pages.

Les documents montrent que l’entreprise a généré plus de 600 millions de dollars de ventes de diamants en 2024. L’année suivante, ce montant est tombé à environ 253 millions de dollars.

Avec des informations de Hina Alam

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