Un tracé proposé pour le Corridor économique et de sécurité de l’Arctique

La longue zone verte correspond à la proposition du gouvernement tłįchǫ et de la Première Nation des Dénés Yellowknives pour le Corridor économique et de sécurité de l’Arctique.
(Photo : gouvernement tłįchǫ et la Première Nation des Dénés Yellowknives)

Deux gouvernements autochtones dans les Territoires du Nord-Ouest ont proposé un tracé pour le Corridor économique et de sécurité de l’Arctique (CESA).

La route d’environ 400 kilomètres relierait Yellowknife à la frontière du Nunavut et à une seconde autoroute de 230 kilomètres qui conduirait jusqu’au port en eau profonde proposé à Grays Bay. Ensemble, ces deux projets visent à stimuler l’exploration minière dans la province géologique des Esclaves.

Le corridor avancé par le gouvernement tłįchǫ et par la Première Nation des Dénés Yellowknives (YKDFN) s’étend sur une largeur d’environ 30 kilomètres. Il serait situé à l’ouest de la communauté de Wekweètì et à proximité du site de l’ancienne mine d’or Colomac. Ce tracé permettrait la création de voies d’accès vers les communautés tłįchǫ de Wekweètì et de Gamètì.

« Nous sommes fiers de montrer au Canada que des nations autochtones peuvent concevoir et diriger des projets d’infrastructure d’envergure », a déclaré Jackson Lafferty, grand chef des Tłįchǫs.

Le caribou pris en compte

Les leaders autochtones ont mis l’accent sur le fait que leur proposition n’était qu’une première étape du projet.

« Il s’agit d’un corridor proposé, et non d’une route définitive », ont indiqué Ernest Betsina et Fred Sangris, chefs de la Première Nation des Dénés Yellowknives, dans un communiqué commun.

Outre le potentiel minéral de la région, le tracé traverse également l’aire de répartition des hardes de caribous de Bluenose-est et du cap Bathurst, qui ont tous deux connu un important déclin depuis les années 1980.

Nous avons choisi ce corridor afin de réduire autant que possible les répercussions sur les caribous, tout en sachant qu’une route aura tout de même des conséquences que nous devrons gérer.

Jackson Lafferty, grand chef des Tłįchǫs

Selon leur déclaration commune, le gouvernement tłįchǫ et la YKDFN se sont fondés sur des études de la communauté, des connaissances traditionnelles et des preuves scientifiques occidentales pour formuler leur proposition.

Prochaine étape : la consultation

Dans une déclaration, le premier ministre ténois, R.J. Simpson, a exprimé son engagement envers le « respect du consensus » atteint par les deux nations, ainsi que sa volonté de «s’engager à travailler à leurs côtés. »

Il a poursuivi en soulignant que ce projet est un excellent exemple de développement autochtone et de collaboration entre les gouvernements.

Le gouvernement tłįchǫ et la YKDFN se tournent désormais vers la consultation de leurs membres, d’autres gouvernements autochtones et du public pour connaître leur avis sur le tracé proposé.

« Ce que les gens vont nous dire dans les semaines et les mois à venir nous aidera dans nos prochaines démarches », ont assuré les chefs Betsina et Sangris.

D’après un texte de Jessica Davey-Quantick

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