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Site d’extraction du pétrole des sables bitumineux de Syncrude à Fort McMurray en Alberta

Site d’extraction du pétrole des sables bitumineux de Syncrude à Fort McMurray en Alberta
Crédit photo : PC / Jason Franson

L’UE abandonne le projet de déclarer le pétrole albertain de « sale »

Le projet de l’Union européenne de déclarer le pétrole extrait dans les sables bitumineux d’Alberta « hautement polluant » vient d’être abandonné après des années de contestation menée par les principaux producteurs au Canada. Ce projet de l’UE s’inscrivait dans sa politique de réduction des gaz à effet de serre.

La proposition rendue publique ce mardi par l’UE a donc pour effet d’enlever tout obstacle interdisant au Canada d’exporter du pétrole brut vers l’Europe. Elle arrive aussi au moment où les tensions sont vives entre l’Union européenne et son fournisseur principal de pétrole, la Russie.

L’Union européenne exigera maintenant des raffineurs sur son territoire de déposer des rapports d’émissions moyennes de gaz à effet de serre des stocks de pétrole qu’elles raffineront, abandonnant ses exigences de rapport ciblé dans le cas du raffinage du pétrole des sables bitumineux.

L’extraction du pétrole des sables bitumineux exige une technique dite de « mine à ciel ouvert » ou encore d’injection à très forte pression de vapeur d’eau dans les sables et de pomper le mélange obtenu, eau et pétrole, vers la surface. Ces deux techniques font en sorte que les émissions de gaz à effet de serre produits par l’exploitation de ce genre de pétrole sont plus élevées que celles produites par une exploitation plus traditionnelle de pétrole brut.

Dans une déclaration officielle, la commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard a déclaré : « C’est un secret pour personne, notre proposition première n’aurait pas passé devant la résistance de plusieurs états membres. »

Le nouveau projet de résolution permet toujours à l’UE de mettre en place une méthode d’évaluation des gaz à effet de serre générés par les différents types de pétrole à être raffinés au cours des années à venir et des actions à être prises en cas d’incompatibilité avec les cibles climatiques établies par l’UE.

Des années de lobby

Le débat sur l’étiquetage des sables bitumineux de l’Alberta s’est amorcé en 2009 quand des états membres de l’Union européenne ont adopté des législations nationales visant à réduire les gaz à effet de serre généré par les carburants employés dans les transports tout en n’arrivant pas à les arrimer.

En 2011, la Commission européenne a convenu de décréter que le pétrole venant des sables bitumineux recevrait une « cote carbone » un cinquième plus élevée que celle du pétrole conventionnel.  Encore une fois, les états membres n’arrivaient pas à se mettre d’accord.

Après un vote non concluant en 2012 des états membres du l’UE, la Commission européenne a décidé de mener une évaluation de l’impact financier de la législation proposée.

Madame Hedegaard défendait le point à l’époque qu’un processus d’évaluation financière permettrait de rendre plus fort le projet de législation européenne.

Le pétrole brut des sables bitumineux est exploité par des grandes pétrolières telles BP Royal Dutch Shell et ExxonMobil.

Selon les environnementalistes, l’exploitation des réserves pétrolières contenues dans les sables bitumineux en Alberta rendre da plus en plus difficile, voire impossible, l’atteinte des cibles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre et aura un impact dévastateur sur le réchauffement climatique.

« Après un siège de cinq ans des politiciens canadiens et des lobbyistes de l’industrie du pétrole, l’UE donne du lest, beaucoup de lest aux compagnies pétrolières, » de déclarer Nusa Urbancic,  gestionnaire de programme chez Transport & Environment.

« D’exclure les pétrolières de l’effort à être consentit pour atteindre des cibles de réduction de gaz à effet de serre, c’est injuste, c’est inefficace et c’est aussi très dommageable. »

Dans le contexte actuel de la crise en Ukraine et avec en toile de fond les craintes quant à la sécurité énergétique en Europe, le Canada a défendu l’argument que son pétrole est une source fiable et sécuritaire d’approvisionnement énergétique.

En novembre de l’année dernière, le ministre canadien des Ressources naturelles, à l’époque Joe Oliver, avait prévenu l’Union européenne que l’étiquette « hautement polluant » rendrait le pétrole albertain difficilement exportable et stigmatiserait le produit.

Le groupe de lobby européen FuelsEurope, représentant les raffineurs, a applaudi à ce changement de politique, affirmant dans un communiqué que la nouvelle proposition permettrait de mettre en place une « méthodologie simple et efficace » qui assurerait par le fait même la sécurité et la compétitivité du secteur.

Les états membres de l’Union européenne débattront maintenant de la proposition de la Commission en utilisant une procédure dite « fast track » (trad. : séances accélérées des débats) qui devrait prendre moins de deux mois. Il faudra également obtenir l’accord du Parlement européen.

D’ici là, le prochain sommet des leaders européens ce mois-ci devra permettre de donner un aperçu des cibles climatiques et énergétiques de l’horizon 2030.

On y retrouve pour le moment une proposition de réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre, comparée à une cible pour 2020 de 20% des émissions par rapport à celles de 1990.

En complément, voici une carte des pipelines du Canada pour faire « sortir » le pétrole de l’Alberta.

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Publié dans : Économie, Environnement, International, Portraits

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