Le juge Robin Camp

Le juge Robin Camp pourrait ne plus excercer ses fonctions à cause de son comportement dans le jugement d'une affaire d'agression sexuelle
Photo Credit: ICI RADIO-CANADA

«Pourquoi n’avez-vous pas serré vos genoux»? Un juge fédéral risque la radiation

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Début des audiences ce mardi à Calgary en Alberta sur l’avenir du juge fédéral Robin Camp. Le magistrat avait demandé à une présumée victime d’agression sexuelle pourquoi elle n’avait pas serré ses genoux face à son prétendu agresseur.

Robin Camp pourra-t-il continuer à exercer ses fonctions de juge fédéral?
Un comité de trois membres du Conseil canadien de la magistrature et de deux avocats expérimentés vont devoir trancher.
Robin Camp est accusé d’avoir tenu des propos trahissant son « antipathie » à l’égard de témoins vulnérables et d’avoir véhiculé une pensée « stéréotypée et biaisée ».

Au terme des audiences qui s’échelonneront sur sept jours, le comité formulera ses recommandations au Conseil, lequel enverra à son tour les siennes à la ministre de la Justice.

Les faits reprochés la M. Camp remontent à 2014, quand celui-ci était juge à la Cour provinciale de l’Alberta. Il avait acquitté un homme qui était accusé d’avoir agressé une jeune fille de 19 ans. La version des faits mise de l’avant par l’accusé était selon lui plus crédible.

Une victime d’agression sexuelle en Nouvelle-Écosse affirme que le système judiciaire ne lui a été d’aucun réconfort.
Comme dans le cas de Calgary, les victimes d’agression sexuelle sont parfois accusées d’être à l’origine de leur malheur © CBC

Insensibilité et parti pris

Les transcriptions de la Cour montrent que le juge avait remis en question la façon trop faible, selon lui, dont la victime s’était débattue face à son agresseur. « Pourquoi n’avez-vous pas simplement gardé vos genoux joints ? », avait-il demandé, ajoutant que « la souffrance et le sexe viennent parfois ensemble ».

Le juge Camp  avait en outre suggéré que compte tenu du comportement de la plaignante, il serait plus probable qu’elle ait consenti à ce rapport sexuel plutôt que d’avoir été violée. Avant d’ajouter: « les jeunes femmes aiment avoir des relations sexuelles, surtout quand elles sont ivres».

Ces propos pour le moins surprenants, voire révoltants de la part d’un juge ont conduit à l’annulation de son verdict en appel. Un nouveau procès devra donc se tenir.

Centre de justice de Calgary
C’est au palais de justice de Calgary que M. Camp a tenu ses propos dégradants à l’endroit d’une présumée victime d’agression sexuelle © CBC

Mea culpa

Dans une réponse publiée sur le site Conseil canadien de la magistrature, Robin Camp reconnaît que ses commentaires étaient « insensibles et inappropriés ».

Il dit d’ailleurs avoir suivi, depuis lors, une formation sur la sensibilité au genre. Il affirme qu’il a travaillé avec un psychologue et un expert en matière d’agression sexuelle. Et malgré la controverse suscitée par ses déclarations, M. Camp a indiqué qu’il souhaite rester un juge.

La directrice de l’association Calgary Communities Against Sexual Abuse, Danielle Aubry, estime quant à elle que le juge Camp ne devrait pas obtenir le droit d’exercer sa profession.

Le Conseil canadien de la magistrature a mené 11 enquêtes publiques depuis sa création en 1971, a indiqué la responsable des communications de l’organisation, Johanna Laporte.

(Sources: Conseil canadien de la magistrature, CBC, La Presse Canadienne)

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Catégories : Politique, Société
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