La version de pulvérisation nasale naloxone a été développé par Adaptez Pharma, une société basée à Dublin qui commercialise le produit sous le nom de marque Narcan. (Adapt Pharma)

La version de pulvérisation nasale naloxone a été développé par Adaptez Pharma, une société basée à Dublin qui commercialise le produit sous le nom de marque Narcan. (Adapt Pharma)

Crise nationale des opioïdes : le Canada approuve la distribution sans ordonnance du vaporisateur qui redonne vie

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Tous les Canadiens ont désormais accès en vente libre dans les pharmacies à de la naloxone sous forme de vaporisateur nasal, et ce, sans ordonnance.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott
La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott © DARRYL DYCK, PC

La ministre de la Santé du Canada, Jane Philpott, qui en a fait l’annonce lundi s’attend à ce que cette mesure sauve des dizaines de vies au cours des prochains mois.

Cette mesure était réclamée depuis plusieurs mois par les responsables des services d’urgences, notamment les policiers et les ambulanciers, mais aussi par de simples parents ou amis de jeunes drogués.

La naloxone, qui a déjà fait ses preuves de façon brillante dans une série de projets provinciaux pilotes, a la qualité de pouvoir neutraliser une surdose d’opioïdes de manière temporaire, soit de 15 a 30 minutes.

Cela laisse plus de temps aux professionnels des urgences pour tenter de sauver de la mort les victimes d’une surdose.

La naloxone sous forme de vaporisateur nasal est considérée comme étant plus facile d'utilisation que celle sous forme d'injection, surtout lorsqu'elle est administrée par des personnes qui ne sont pas des professionnels de la santé.
La naloxone sous forme de vaporisateur nasal est considérée comme étant plus facile d’utilisation que celle sous forme d’injection, surtout lorsqu’elle est administrée par des personnes qui ne sont pas des professionnels de la santé. © Gretchen Ertl / Reuters

Une crise nationale qui s’est étendue de l’ouest vers l’est

Montage de victimes de surdoses mortelles causées par le fentanyl. © Radio-Canada
Montage de victimes de surdoses mortelles causées par le fentanyl. © Radio-Canada

L’opioïde fentanyl est la drogue la plus dangereuse que le Canada ait jamais eu à combattre.

« Le nombre de surdoses d’opioïdes et de décès va en augmentant partout au Canada. Cette crise exige que nous passions à l’action dès maintenant […] afin de fournir à des Canadiens et à des Canadiennes des traitements dont ils ont grand besoin », a affirmé la ministre Philpott dans un communiqué.

Il y a deux ans, l’épicentre de la crise des opioïdes semblait se situer surtout dans l’ouest du pays, où l’on rapportait le plus grand nombre de décès. Mais la crise se transporte maintenant vers l’est. Plus tôt ce printemps, le Service de police de la ville de Québec a réalisé une saisie « historique » de plus de 76 000 comprimés de fentanyl.

Une personne meurt en moyenne tous les trois jours au Canada d’une surdose causée par le fentanyl, selon une étude du Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT).

Cette crise a pris des apparences dramatiques en Colombie-Britannique, où le coroner a recensé 433 décès apparemment liés à une surdose de drogue illicite entre le 1er janvier et le 31 juillet dernier. Plus de 62 % de ces décès sont liés au seul opioïde fentanyl.

Aide-mémoire…
L’autorisation du gouvernement fédéral fait suite à un examen accéléré du vaporisateur nasal NARCAN 
– La ministre de la Santé avait signé en juillet une ordonnance provisoire afin d’autoriser l’importation des États-Unis au Canada du produit, pendant que Santé Canada procédait à l’examen.
– Mme Philpott a déterminé que le produit devait être immédiatement disponible, pour aider à répondre à « l’urgence en santé découlant des surdoses d’opioïdes ».
– L’entreprise irlandaise Adapt Pharma, qui a développé cette forme du médicament, peut désormais prendre les démarches nécessaires pour mettre en vente le vaporisateur nasal sur le marché canadien.

Le vaporisateur nasal de naloxone NARCAN, développé par l’entreprise irlandaise Adapt Pharma PHOTO : ADAPT PHARMA
Le vaporisateur nasal de naloxone NARCAN, développé par l’entreprise irlandaise Adapt Pharma PHOTO : ADAPT PHARMA

Un combat contre le fentanyl qui est différent selon les provinces

L’Ontario, par exemple, a rendu disponible sans ordonnance l’accès à la naloxone déjà depuis l’hiver dernier. Le médicament y est, par ailleurs, gratuit. Même chose en Alberta, où l’accès à la naloxone a été étendu en début d’année.

La Saskatchewan, elle, a étendu un programme semblable à la région de Regina, après l’avoir testé auparavant à Saskatoon.

Mais la Colombie-Britannique reste cependant très en avance dans ce domaine au pays : la Ville de Vancouver incite désormais ses agents de police à toujours avoir sur eux des vaporisateurs de naloxone.

La Gendarmerie royale du Canada a d’ailleurs annoncé, le 13 septembre dernier, qu’elle allait en faire de même et distribuer à ses policiers de la naloxone. La GRC n’a cependant pas encore été en mesure de dire combien de trousses seront distribuées à ses agents au Manitoba, ni comment elles seront réparties.

Découvrez :
Deux pilules miracles pour faire échec à la crise canadienne des opioïdes
Alors que le Canada se prépare à la tenue cet automne d’un sommet national sur cette crise du fentanyl, les projecteurs sont braqués sur le Manitoba et l’Ontario, qui ont élaboré deux projets pilotes bien différents qui connaissent beaucoup de succès. Les deux prévoient la participation des pharmaciens et, dans le cas de l’initiative ontarienne qui ne coûte rien, on a fait chuter le nombre de décès à zéro. Une solution 100 % efficace que pourraient adopter les deux autres provinces les plus populeuses au pays que sont la Colombie-Britannique et le Québec.
Lisez la suite… 

Deux pompiers de Vancouver, Jason Lynch et Jay Jakubec, essayaient de ramener à la vie un toxicomane dans le centre-ville de Vancouver. (CBC)

Deux pompiers de Vancouver, Jason Lynch et Jay Jakubec, essayaient de ramener à la vie un toxicomane dans le centre-ville de Vancouver. (CBC)

RCI avec Radio-Canada, La Presse canadienne et CBC

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Catégories : Santé, Société
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