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La fin de l'accord de libre échange nord-américain (ALENA) se traduirait par des pertes d'emplois chez les trois signataires selon le patron de la chambre des États-Unis.

Des pertes d’emplois massives en vue si l’ALENA était aboli

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La fin de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) aurait pour conséquence immédiate de nombreuses pertes d’emplois aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Tel est la prévision du patron de la chambre de commerce des États-Unis.

Tom Donahue, le président et chef de la direction de la chambre de commerce des États-Unis, était de passage lundi à Ottawa. Il a insisté dans son message sur le besoin d’être constructif dans l’amélioration des économies des trois pays.

M. Donahue, qui était critique du président américain Donald Trump même avant son élection, a fait valoir, devant un auditoire composé de chefs d’entreprises, de politiciens et de diplomates, que les économies des trois pays étaient interreliées et que cela devait être préservé.

Son message semblait conforme, en grande partie, à l’approche privilégiée par le premier ministre canadien Justin Trudeau, au contraire de l’administration Trump, soit d’insister sur les profonds liens économiques entre les pays et sur le fait que des millions d’emplois américains dépendent de l’ALENA.

Le président américain a menacé d’abandonner l’ALENA si l’accord n’est pas renégocié à sa satisfaction.

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Le président de la Chambre de commerce des États-Unis, Tom Donohue, estime que 14 millions d’emplois américains dépendent de l’ALENA. © Pete Marovich/Bloomberg

Des effets dévastateurs en perspective

« Laissez-moi dire, d’entrée de jeu, que le retrait de l’ALENA serait dévastateur pour les travailleurs, les entreprises et les économies de nos trois pays », a affirmé M. Donahue.

« Nous réalisons annuellement des échanges bilatéraux de biens et de services de 670 milliards de dollars, a déclaré M. Donohue au sujet du commerce entre les États-Unis et le Canada. Près de 2 milliards de dollars de commerce traversent notre frontière partagée tous les jours. »

Le Canada et le Mexique sont devenus les deux principaux marchés d’exportation pour les États-Unis depuis 1994, a-t-il précisé.

Même si les règles de l’entente avaient besoin d’être modernisées et améliorées, cela ne devrait pas « perturber » les échanges de 1300 milliards entre les trois pays, a-t-il ajouté. M. Donahue croit en outre que les dispositions de l’accord sur les visas auraient besoin d’être révisées pour permettre une plus grande mobilité de la main-d’oeuvre qualifiée.

L’ALENA a été signé le 17 décembre 1992 par le président américain George H. W. Bush (au centre), son homologue mexicain Carlos Salinas de Gortari (à gauche) et le premier ministre canadien Brian Mulroney (à droite). Il et est entré en vigueur le 1er janvier 1994. © Marcy Nighswander

Le Canada est un partenaire important pour de nombreux États américains

Bien que le Canada se soit montré ouvert à la possibilité de remplacer l’ALENA par des accords bilatéraux distincts avec les États-Unis, M. Donahue ne croit pas que cela est souhaitable. Une telle situation ouvrirait la porte à des « règles divergentes » qui hausseraient le coût des affaires, « détruiraient des emplois et entraveraient nos industries ».

D’après Tom Donahue, il est possible de modifier l’accord de 23 ans qui régit les échanges commerciaux entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, pour qu’il rehausse la compétitivité de l’Amérique du Nord avec le reste du monde.

L’homologue canadien de M. Donahue, Perrin Beatty, a pour sa part demandé au gouvernement Trudeau d’entreprendre des consultations avec les entreprises en prévision de discussions sur l’ALENA.

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Perrin Beatty, Président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada, estime qu’Ottawa ne serait pas en position de faiblesse lors des négociations sur l’avenir de l’ALENA © Adrian Wyld/CANADIAN PRESS

Selon M. Beatty, le Canada entamera les discussions en position de force puisque neuf millions d’emplois américains et 35 États dépendent aussi des profonds liens commerciaux entre les deux pays.

« Je ne m’attends pas à ce que le Congrès prenne des décisions pour faire plaisir au Canada, a-t-il indiqué. Mais ils vont écouter leur propre communauté d’affaires. Et leur propre communauté d’affaires envoie un message clair et net selon lequel il est essentiel de bâtir sur cette relation, et non de la démanteler. »

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Catégories : Économie, International, Politique
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