Adolescente en train de boire une cannette.

La Coalition Poids propose une taxe d’un sou par litre de boisson sucrée.
Photo Credit: AFP / François Guillot

Les Canadiens et les boissons sucrées: un amour qui coûte cher

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C’est une longue histoire d’amour qui n’a cure des campagnes de sensibilisation. Le temps qui passe ne fait que renforcer cette relation. L’ennui c’est que, cette passion a des conséquences dévastatrices : la consommation de boissons sucrées va coûter aux contribuables canadiens plus 50 milliards $ et provoquer plus de 63 000 décès au cours des 25 prochaines années.

Cette prévision en guise de sonnette d’alarme est contenue dans une étude menée à l’Université de Waterloo, en Ontario. Les chercheurs estiment que la consommation de boissons sucrées au Canada sera liée à plus de 3 millions de cas d’obésité, environ 1 million de cas de diabète de type 2, près de 300 000 cas de cardiopathie ischémique, plus de 100 000 cas de cancer et à près de 40 000 accidents vasculaires cérébraux (AVC).

L’étude a été financée par cinq organismes canadiens dont la Fondation des maladies du cœur et de l’AVCKevin Bilodeau en est le directeur adjoint des Relations gouvernementales.

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Voici la quantité de sucre que l’on retrouve dans différents types de boissons.
Voici la quantité de sucre que l’on retrouve dans différents types de boissons. © Radio-Canada

Risques accrus de développer divers cancers

En 2015, les Canadiens ont consommé en moyenne 444 millilitres de boissons sucrées quotidiennement. Ce qui est l’équivalent d’une canette de soda par jour. Les champions en la matière sont les jeunes: 578 millilitres soit jusqu’à 16 cuillères à thé de sucre. Une quantité qui dépasse largement l’apport maximal quotidien recommandé qui est d’environ six cuillères à thé (30 millilitres).

Selon Robert Nuttall de la Société canadienne du Cancer (SCC), les boissons sucrées sont la plus importante source de sucre du Canadien moyen. Problème: sa consommation excessive augmente le risque d’au moins 11 différents cancers.

L’un des coauteurs de l’étude, le docteur David Hammond, soutient que « réduire sa consommation de boissons sucrées est l’une des meilleures manières de réduire un apport calorique trop élevé et de maintenir un poids santé ».

Statistics show overweight and obese children become overweight and obese adults. Medical officials are now seeing chronic weight-related health problems, like diabetes- in younger children
La forte consommation de boissons sucrées va entraîner une explosion des cas d’obésité au Canada au cours des prochaine années. © CBC

Si les ventes de boissons gazeuses non-diètes ont chuté au cours des 12 dernières années, d’autres produits ont pris le relais. De 2001 à 2015, les ventes de cafés et thés sucrés, d’eaux aromatisées et de yogourts à boire, etc. ont fortement augmenté. Celles des boissons énergisantes ont carrément explosé de 638%.

La championne olympique canadienne Sylvie Bernier réclame l’imposition d’une taxe sur les boissons sucrées pour limiter leur consommation tout en aidant à financer les coûts qu’elles entraînent dans le réseau de la santé.

À titre d’ambassadrice des saines habitudes de vie au sein du Regroupement pour un Québec en santé, l’ex-plongeuse appelle aussi au financement accru de la prévention. « L’étude menée à l’Université de Waterloo, dit-elle, démontre bien l’urgence d’agir maintenant ».

Sylvie Bernier
Sylvie Bernier, Ambassadrice des saines habitudes de vie, accueille favorablement les conclusions de la recherche de l’Université de Waterloo.

L’industrie dénonce l’étude

Pour sa part, l’Association canadienne des boissons (ACB), indirectement montrée du doigt, estime qu’il est « illogique » de présenter un seul produit ou un ingrédient comme  « l’unique contributeur » de tant de problèmes de santé.

L’ACB, qui représente les producteurs et distributeurs canadiens de boissons non alcoolisées, maintient que l’industrie s’auto-réglemente avec succès et travaille déjà à diversifier son offre de produits. L’organisme dit s’être fixé comme objectif de réduire de 20% les calories consommées par les Canadiens sous forme de boissons rafraîchissantes d’ici 2025.

« Aujourd’hui, affirme l’Association, 46% des boissons rafraîchissantes consommées au Canada comptent zéro calorie ou un nombre réduit de calories ».

La Coalition poids recommande à l’industrie et au gouvernement de limiter l’exposition des jeunes aux boissons sucrées.
L’Association canadienne des boissons dit qu’elle veut réduire de 20% les calories consommées par les Canadiens sous forme de boissons rafraîchissantes d’ici 2025. © AP/Jacquelyn Martin

(Avec La Presse canadienne, La Fondation des maladies du coeur et de l’AVC)

La consommation de boissons sucrées au Canada, au cours des 25 prochaines années va causer :

• plus de 1 million de cas de surpoids et plus de 3 millions de cas d’obésité;
• près de 1 million de cas de diabète de type 2;
• près de 300 000 cas de cardiopathie ischémique;
• plus de 100 000 cas de cancer;
• près de 40 000 AVC

Nouveaux produits sucrés dont la vente est forte hausse

• Cafés sucrés +579 %
• Eaux aromatisées +527 %
• Yogourts à boire +283 %
• Thés sucrés +36 %
• Lait aromatisé +21 %
• Boissons pour sportifs +4

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Un commentaire pour «Les Canadiens et les boissons sucrées: un amour qui coûte cher»
  1. Avatar Julian Rochat dit :

    Merci pour ces informations… inquiétantes ! Je me suis permis d’en parler sur mon propre blog et de faire un lien vers votre site (https://www.regimeconseil.fr/combien-boire-eau-par-jour/).
    Concernant la consommation de boissons sucrées, on note cependant que les USA ont une consommation en baisse, jusqu’à atteindre le niveau le plus bas depuis 30 ans.
    Les campagnes de prévention semblent donc porter leurs fruits et avoir heureusement un vrai impact sur la population ! Cette tendance concerne-t-elle également le Canada depuis 2015 et la publication de cet article ?
    Ou les boissons énergisantes tant à la mode ont-elles permis à l’industrie de contrer les baisses ?