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Les syndicats au Canada servent-ils encore à quelque chose?

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Cette semaine, alors que le Québec s’est retrouvé paralysé par une grève générale illimitée de ses 170 000 travailleurs de la construction, la question ne se posait même pas.

Il s’agissait de la deuxième grève générale illimitée dans l’industrie de la construction au Québec en quatre ans.

Les syndicats peuvent donc encore créer beaucoup de désordre lorsqu’ils le désirent, même dans une société canadienne où le taux de syndicalisation chute année après année depuis plus de 20 ans.

En réalité, le taux de syndicalisation est demeuré relativement stable au Québec dans les 20 dernières années. Il y avait 1 268 800 salariés syndiqués au Québec en 2013, ce qui représentait 36,3 % de tous les travailleurs. Or, en moyenne au Canada, le taux de syndicalisation depuis 20 ans est passé 28,9 % à 27,2 %.

Nous répondons aujourd’hui à la question d’un de nos auditeurs en Afrique qui s’interroge sur l’impact réel des syndicats en ce moment au Canada.

Écoutez

La vision d’un monde libre de syndicats

La question de la pertinence des syndicats est soulevée périodiquement au Canada par le milieu des affaires qui fait miroiter un monde sans syndicat où il y aurait plus de postes à pourvoir.

Il y a quatre ans, une étude de l’Institut Fraser, un organisme de réflexion économique de droite dans l’ouest du Canada, affirmait que dans au moins deux provinces canadiennes, l’Ontario et la Colombie-Britannique, les travailleurs devraient avoir le choix de cotiser ou non à un syndicat.

Le coauteur de l’étude Jason Clemens citait en exemple les États-Unis, où l’on constaterait que dans les États où l’adhésion des travailleurs est volontaire le PIB grimpe en moyenne de 1,8 % et leur taux d’emploi de 1 %.

Selon l’Institut Fraser, la Colombie-Britannique pourrait ainsi gagner 19 000 emplois, et l’Ontario, 57 000. On se gardait pourtant de discuter du cas du Québec, deuxième province pour le nombre d’habitants et où le taux de syndicalisation demeure plus élevé que dans le reste du pays.

Un peu d’histoire
Les origines du syndicalisme au Canada
La grève des imprimeurs de Toronto revendiquant la journée de travail de 9 heures en 1872 constitua un tournant dans l’évolution du syndicalisme.
À l’époque, toute activité syndicale était illégale et de nombreux chefs syndicaux furent arrêtés. Il s’ensuivit alors de grèves générales qui forcèrent les autorités à retirer les plaintes et à légaliser l’activité syndicale.
Une convention nationale qui se déroula en 1873 à Toronto aboutit à la création de la première organisation syndicale.
Plus tard, en 1883, cette organisation changea son nom en Congrès des métiers et du travail du Canada qui devint le précurseur de l’actuel Congrès du travail du Canada.

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Catégories : Économie, International
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2 comments on “Les syndicats au Canada servent-ils encore à quelque chose?
  1. Avatar Rene Albert dit :

    Pas vraiment…la formation de syndicats etaients certainement valables debutant vers la fin des annees 1800’s et jusque vers la fin des annees 1900’s. Mais la tendance est a la baisse depuis deja une trentaine d’annees. Et avec toute une gamme de lois deja en place pour proteger les travailleurs, la pertinence des syndicats est largement remis en question…

    Aujourdhui, a part certains secteurs manufacturiers comme l’automobile, la construction, etc, la plus grande concentration d’employes syndiques se retrouve maintenant dans nos divers palliers gouvernementaux au Canada. Et nos gouvernements n’etant pas reconnus parmis les meilleurs gestionnaires, les syndicats ont reussis au fil du temps d’arracher des salaires et benifices non disponibles a la majorite des autres Canadiens. Et la presque impossibilite de congedier un fonctionaire est devenu une farce complete et contribue grandement a l’inneficacite de nos gouvernements…

    • Avatar Richard Corbeil dit :

      Voilà ce qui s’appelle parler à travers son chapeau. Les lois des Normes du Travail ne protègent pas adéquatement les travailleurs. De plus les syndicats ne font pas que protéger les travailleurs, ils négocient les salaires, conditions de travail, fonds de pension, assurances groupes pour les travailleurs. Sans les syndicats pour les travailleurs il est pratiquement impossible de négocier.