Une salière

Les Canadiens consomment beaucoup trop de sel au goût de Santé Canada.
Photo Credit: IS / iStockphoto

Les Canadiens et le sel : une attraction fatale

Share

Une nouvelle étude de Santé Canada nous apprend que les Canadiens sont toujours très attachés aux aliments salés. Ils consomment en moyenne 2760 mg de sodium par jour. Une quantité plus élevée que l’objectif de 2300 mg. Par conséquent, ils s’exposent davantage à l’hypertension artérielle, aux maladies cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux.

Le document intitulé L’apport en sodium chez les Canadiens en 2017 indique que 58 % des Canadiens âgés de 1 an et plus et 72 % des enfants âgés de 4 à 13 ans ont un apport trop élevé en sodium par rapport aux limites recommandées.

Comme on peut l’imaginer, les hommes sont de plus gros consommateurs que les femmes. La palme de consommation revient aux jeunes hommes de 14 à 30 ans. Selon Santé Canada, plus de 90 % d’entre eux ont un apport excessif en sodium.

D’où les Canadiens tirent-ils les énormes quantités de sodium qu’ils consomment? Le pain, les pâtisseries, les mets composés et les viandes transformées constituent la moitié de la consommation de sodium des Canadiens. Les fromages, les soupes, les sauces et les condiments contribuent aussi à l’apport en sodium.

On le voit, une bonne part de sodium alimentaire (77 %) est issue d’aliments préparés et transformés. Seulement une quantité de 11 % est ajoutée par le consommateur et les 12 % restant sont présents naturellement dans les aliments.

Même si l’apport moyen en sodium quotidien chez les Canadiens est actuellement plus bas que celui de 2004, qui était de 3400 mg, la réduction volontaire du sodium dans les aliments transformés entre 2010 et 2017 n’a été que de 8 % (240 mg). Résultat : les efforts de réduction de l’apport en sodium sont insuffisants. La majorité des Canadiens, particulièrement les enfants, les adolescents et les hommes, continue de consommer trop de sodium.

Effets sur la santé.

D’abord, précisons une chose : si on aime le sel pour des raisons gustatives, il comporte d’autres avantages aussi. Il permet par exemple de créer une sensation de soif. Il suscite par conséquent l’envie de s’hydrater, de boire. Or, s’hydrater permet l’élimination des toxines du corps, le maintien d’une température corporelle constante du corps, tout en favorisant le bon fonctionnement du cerveau et l’humeur.

On sait aussi que le sel peut compenser la carence en sels minéraux provoquée par une forte transpiration en période de chaleur. Et par-dessus tout, le sel contient du sodium, qui, en petite quantité, est nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme.

L’hypertension et les maladies qui en découlent ont coûté albertain en 2010
La consommation excessive de sel est l’une des principale causes de l’hypertension artérielle chez les Canadiens. © Lucy Nicholson/Reuters

Toutefois, trop de sel, comme indiqué plus tôt, peut être dommageable pour la santé. Il peut être source d’hypertension artérielle, qui représente un facteur de risque important pour les accidents vasculaires cérébraux et les maladies du cœur. À en croire Santé Canada, les maladies du cœur et les accidents vasculaires cérébraux sont précisément les principales causes de mortalité au pays, après le cancer.

D’ailleurs un Canadien sur quatre, âgé de plus de 20 ans, a reçu un diagnostic d’hypertension artérielle, selon l’organisme fédéral. Tout aussi préoccupant, plusieurs Canadiens font de l’hypertension artérielle à leur insu. Et cette maladie insidieuse peut se développer sans symptômes apparents. En tout, 3 cas d’hypertension artérielle sur 10 au Canada seraient directement liés à une forte consommation de sodium. Des risques accrus d’ostéoporose, de cancer de l’estomac et d’asthme sévère sont d’autres problèmes de santé associés au sodium.

Malbouffe
Les jeunes, surtout les garçons, sont de très gros consommateurs d’aliments salés.

Que faire?

Compte tenu à la fois de son utilité et de ses dangers, le sel est un produit qui doit être consommé avec modération. Santé Canada recommande de consommer 1500 milligrammes (mg) de sodium par jour et de ne pas dépasser les 2300 mg. Cela représente l’équivalent d’un peu plus d’une cuillerée à thé de sel. Ces recommandations ont été établies par des scientifiques canadiens et américains par l’entremise d’un processus d’examen supervisé par le National Academy of Medicine.

Problème : l’industrie alimentaire se traîne les pieds dans la mise en application de la réglementation.

Santé Canada rappelle qu’en 2012, elle indiquait, dans un document d’orientation destiné à l’industrie alimentaire sur la réduction du sodium dans les aliments transformés, les cibles à atteindre avant la fin de 2016. L’objectif avoué était de faire passer l’apport moyen en sodium de 3400 mg à 2300 mg par jour, sans demander un effort considérable aux consommateurs. Mais, se désole Santé Canada, en 2018, la réduction du sodium était limitée et les cibles établies en 2016 n’ont pas été atteintes dans la majorité des catégories alimentaires.

Pourcentage des catégories d’aliments ayant atteint les cibles de réduction du sodium (Source: Santé Canada)

Lire aussi

Nous sommes préoccupés par la contamination de nos aliments, mais aux responsables de s’en occuper

Share
Mots-clés : , , , ,
Publié dans : Économie, Politique, Santé, Société

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*