Un régime national d’assurance médicaments permettrait des achats en gros, ce qui abaisserait le prix des médicaments et les frais d’administration. Photo : Radio-Canada

Des syndicats au Québec exigent l’assurance médicament non seulement publique mais aussi universelle

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Au coeur de campagne électorale, deux grands syndicats québécois réclament la création d’une assurance médicaments publique et universelle au Québec

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ont lancé en ligne un site où le public est invité à s’informer et à rejoindre leur mouvement

D’après les syndicats, le Canada serait le seul pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à ne pas inclure de couverture universelle des médicaments d’ordonnance dans son système de santé publique.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, dénonce l’inefficacité du « régime à deux têtes » au Québec entre ceux qui détiennent une assurance privée et les autres qui comptent sur le régime public.

Cela « cause des injustices graves à une grande partie de la population, de plus en plus de personnes ne prennent pas leurs médicaments pour des raisons financières », s’indigne-t-il.

De son côté, le président de la CSN, Jacques Létourneau, s’en prend au coût « extrêmement élevé » des médicaments au Québec qui serait parmi les plus élevés de l’OCDE : « Le régime mixte ne correspond plus à nos besoins collectifs, notamment en raison des problèmes d’accessibilité, d’équité et de contrôle de coûts », plaide-t-il.

Les deux syndicats soutiennent qu’un régime public à 100 % permettrait de « garantir un accès équitable aux médicaments d’ordonnance ».

Ils affirment que les dépenses pourraient même être réduites, ce qui en ferait donc une bonne décision économique et politique.

Une couverture universelle des médicaments ferait économiser des milliards

En 2014, 870 000 Québécois couverts par le régime public d’assurance médicaments prenaient des statines pour baisser leur taux élevé de cholestérol. Photo Credit: PC / Jacques Boissinot

Une vaste étude montrait il y a deux ans qu’une couverture universelle sur 100 médicaments essentiels, représentant 44 % de toutes les ordonnances délivrées au Canada, ferait épargner aux patients jusqu’à 3 milliards de dollars par année.

Les résultats de cette étude, publiés dans le Journal de l’Association médicale canadienne, indiquaient qu’un système à payeur unique qui fournirait l’accès précisément à 117 médicaments à tous les Canadiens permettrait de combler les lacunes qui existent dans les programmes de soins de santé provinciaux.

Les 117 médicaments d’ordonnance incluent des antidépresseurs, des contraceptifs oraux, des analgésiques et des médicaments pour contrôler la pression artérielle et le diabète. Les exemples incluent aussi l’insuline et certains antibiotiques.

Selon l’étude, la création d’un système canadien dans lequel les 117 médicaments essentiels seraient couverts coûterait la somme de 1,23 milliard de dollars par année au secteur public, mais permettrait en revanche aux employeurs, aux syndicats et aux familles qui ne bénéficient pas d’une assurance médicaments d’épargner 4,27 milliards par an.

Le saviez-vous?
– On estime qu’une personne sur 10, soit environ 3 millions et demi de Canadiens, ne peut pas recevoir des médicaments prescrits faute de moyens financiers.
– Plus d’un Canadien sur cinq affirme avoir omis des doses, pris des pilules fractionnées ou n’a pas rempli des ordonnances pour épargner de l’argent au cours de l’année précédente.

Un programme pancanadien d’assurance médicaments pourrait-il abolir ceux des provinces?

Le Canada est aujourd’hui le seul pays industrialisé qui offre des soins de santé universels, mais qui n’a pas de régime universel d’assurance médicaments.

Au Parlement, l’hiver dernier, lors du dépôt de son budget, le ministre canadien des Finances indiquait que le pays allait s’engager dans un processus qui pourrait combler cette lacune. Certains souhaitent en fait l’adoption d’un régime national d’assurance médicaments entièrement public en remplacement du système mixte public privé géré par les provinces, comme au Québec.

Un comité-conseil a donc été mis en place pour évaluer la création d’un programme pancanadien d’assurance pour les médicaments d’ordonnance qui pourrait coûter aux Canadiens 19 milliards par année. La province du Québec, qui possède son propre régime, en serait cependant exemptée.

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RCI avec La Presse Canadienne et Radio-Canada

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Catégories : Politique, Santé
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