Plusieurs groupes, dont des jeunes, sont visés par la campagne «J'arrête, J'y gagne». (Crédit photo : Reuters/Andy Clark)

Cannabis, jeux compulsifs, alcool, tabac… retour sur nos dépendances

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C’est maintenant une réalité. Le Canada vient de légaliser la consommation du cannabis récréatif partout au pays. L’occasion ici de se pencher sur le phénomène de la dépendance. On en parle avec Amnon Jacob Suissa, professeur associé à l’Université du Québec à Montréal.

Ses champs d’expertise concernent les dépendances et leurs aspects psychosociaux. « La dépendance est surtout et avant tout une monomanie, c’est-à-dire le fait que l’on investisse le temps pour remplir un vide au détriment d’autres sources de plaisir et de satisfactions, explique-t-il en entrevue. La dépendance est un processus qui peut se manifester par une source de contrôle, une estime de soi très faible. Les personnes qui développent une dépendance se retrouvent dans un cycle et peuvent y rester pendant une période assez prolongée. »

Toutes les dépendances ne se ressemblent pas, observe le professeur. « C’est très important de distinguer l’usage de l’abus. Ce n’est pas parce que l’on consomme une substance que l’on est dans une relation abusive avec cette substance. Il existe également des effets physiologiques mesurables. Il faut distinguer ceux qui fument du cannabis de ceux qui prennent du fentanyl (crise des opioïdes). On n’est pas du tout dans les mêmes proportions. »

Écoutez l’entrevue avec Amnon Jacob Suissa (12 minutes et 45 secondes)

Écoutez

Si les gens consomment des substances pour échapper à des problèmes, on ouvre alors les portes à la dépendance, rappelle M. Jacob Suissa. « Ce sont souvent les personnes de l’entourage qui se rendent compte de la dépendance d’un proche, car celui ou celle qui souffre d’une dépendance va avoir tendance à s’isoler, à échapper aux rituels de famille ou à fuir les contacts sociaux. »

Mais les symptômes sont variés. « Prenons par exemple ces jeunes qui voient trop de jeux vidéo, ils peuvent développer ce que l’on nomme une cyberdépendance. Il y a aussi des facteurs de risque tels les usages abusifs ou la précocité. Le fait d’avoir été initié très jeune peut contribuer à des conditions de vulnérabilité à la dépendance. »

Selon le professeur, plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte, comme la responsabilité parentale qui peut être trop permissive ou trop autoritaire. « Le climat familial conflictuel, la maltraitance et parfois la négligence, tout cela constitue des expériences qui vont malheureusement contribuer à asseoir le cycle de la dépendance. »

Bon à savoir

En 2016, 19 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus (environ 5,8 millions de personnes) ont déclaré une consommation d’alcool pouvant être considérée comme étant abusive.

La proportion des personnes âgées de 12 ans et plus ayant déclaré une consommation d’alcool les classant dans la catégorie des consommateurs abusifs d’alcool est demeurée stable entre 2015 et 2016.

Dans l’ensemble, les hommes étaient plus susceptibles (23,8 %) d’avoir eu une consommation abusive d’alcool que les femmes (14,2 %) en 2016.

Les personnes de 18 à 34 ans, des deux sexes confondus, avaient la proportion la plus élevée de consommateurs abusifs d’alcool.

Dans ce groupe d’âge, 34,4 % des hommes et 23,4 % des femmes consommaient de l’alcool de façon abusive.

Malgré le fait qu’il soit illégal de vendre de l’alcool à toute personne de moins de 18 ans au Canada, 27,9 % des jeunes Canadiens âgés de 12 à 17 ans ont déclaré avoir consommé des boissons alcoolisées au cours des 12 derniers mois.

Parmi ceux qui ont bu, 41,8 % d’entre eux l’ont fait au moins une fois par mois. Dans l’ensemble, 4 % des jeunes correspondaient à la catégorie des consommateurs abusifs d’alcool.

Sources : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2016, Statistique Canada

La dépendance aux jeux vidéo a été formellement reconnue comme maladie par l'Organisation mondiale de la santé.

Lire aussi :

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Publié dans : Santé, Société

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