Photo : Reuters/Lucy Nicholson

Trudeau présente en Asie le Canada comme une oasis économique dans un monde politique trouble

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S’adressant à des investisseurs canadiens et à des entreprises asiatiques qui espèrent percer le marché canadien, le premier ministre Justin Trudeau a milité mardi, à Singapour, en faveur de liens commerciaux plus étroits entre le Canada et l’Asie.

Justin Trudeau a notamment fait valoir à quel point il est plus facile pour les travailleurs spécialisés d’obtenir un visa pour le Canada, comparativement à la situation dans les États-Unis de Donald Trump.

Parti courtiser les pays membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) avec lesquels il veut augmenter les échanges commerciaux, le premier ministre est à Singapour en compagnie de Jim Carr, ministre canadien de la Diversification du commerce international.

Justin Trudeau essaie depuis deux jours à Singapour de présenter le Canada comme un lieu plus propice aux investissements des entreprises asiatiques que les États-Unis.
PHOTO ADRIAN WYLD, THE CANADIAN PRESS

Le Canada doit avancer avec précaution entre des géants qui s’affrontent

Ce voyage en Asie est une étape de plus dans la stratégie du Canada pour faire comprendre qu’il est sérieux dans son projet de négocier un accord de libre-échange avec l’ANASE. Il tente en plus de convaincre les pays de l’ANASE qui ne l’ont pas encore fait de se joindre à l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP).

Les décisions économiques protectionnistes de Donald Trump par rapport à la Chine et à d’autres pays asiatiques ou même par rapport à l’Organisation mondiale du commence, l’OMC, pourrait faire dévier le Canada de sa trajectoire vers l’Asie.

Voyez comment le Canada tente de faire sa place dans un siècle où l’Asie devient la première puissance mondiale et où les États-Unis se retranchent dans un protectionnisme qui menace de ne plus laisser de place aux autres, même à des pays alliés….

Le quartier d'affaires central de Singapour à la tombée de la nuit. Photo : Reuters/Edgar Su
Une région stratégique pour l'avenir du Canada?
Ensemble, les membres de l’ANASE – les Philippines, l’Indonésie, Brunei, Singapour, la Malaisie, la Thaïlande, le Vietnam, le Laos, le Cambodge et la Birmanie – comptent près de 650 millions d’habitants.

L’économie combinée des membres de l’ANASE représente 2800 milliards de dollars américains.

Les 10 pays qui composent l’ANASE ont connu une croissance économique moyenne de 5 % l’année dernière. En comparaison, l’économie canadienne devrait croître d’environ 2 % cette année, selon différentes projections.

Un petit pas pour l’Asie, mais un pas de géant pour le Canada

L’ANASE a de nouveau invité M. Trudeau à son sommet annuel, l’un des rassemblements les plus importants dans la région. Il y participe pour la deuxième année de suite, après être devenu l’an dernier le premier chef de gouvernement canadien à assister à la réunion, ce qui est un signe que le Canada est pris de plus en plus au sérieux, selon les analystes.

Rappelons que le Canada tente aussi un rapprochement économique avec la Chine, une initiative peut-être encore plus délicate en raison de la tempête économique entre la Chine et les États-Unis en ce moment.

Après s’être entendu, le 30 septembre, sur les termes d’un nouveau traité de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, le premier ministre canadien tente de faire avancer les pourparlers avec la Chine qui traînent depuis 2016.

Ces tentatives de rapprochements avec la Chine et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est visent à minimiser, plus que jamais, les risques que coure une économie canadienne dont 73 % des exportations sont dirigées vers les États-Unis aux politiques commerciales de plus en plus nationalistes.

Des agents de police chinois patrouillent sur les quais d’un port chinois. Photo : Reuters/China Stringer Network

Le Canada serait pour l’Asie un partenaire économique au bon endroit et au bon moment

Jean Charest. Photo : Radio-Canada

L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest estime que les accords commerciaux conclus entre le Canada et l’Union européenne, et l’accord économique entre le Canada et des pays du Pacifique, ainsi qu’un accord de principe sur le libre-échange avec le Mexique et les États-Unis, notamment, permettent à M. Trudeau de faire avancer la cause d’un partenariat économique du Canada avec l’ANASE.

« Cela place le premier ministre dans une position bien meilleure en ce sens qu’il est uniquement à l’offensive. Il est là pour dire que nous voulons faire partie de cela, affirme M. Charest, qui agit comme président honoraire du Conseil commercial Canada-ANASE. Ce sera présenté dans le contexte de ce monde plus vaste pour dire : « Avec tout ce qui se passe sur le front commercial, tout cela a un sens pour vous et pour nous. » »

Une étude préliminaire sur un éventuel accord commercial entre le Canada et l’ANASE a été réalisée. La conclusion d’un accord final pourrait cependant prendre jusqu’à huit ans, selon M. Charest.

La mission du premier ministre Trudeau au Sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est est en fait double : approfondir les échanges commerciaux avec une région en pleine croissance économique et obtenir un siège au sein d’un important groupe de pays qui discute d’enjeux de sécurité dans la région.

Des délégués passent devant une bannière du 33e sommet de l’ANASE à Singapour. (Yong Teck Lim/The Associated Press)

RCI avec La Presse canadienne, l’Agence France-Presse et la contribution d’Anyck Béraud, Michel C.Auger, Claude Bernatchez, Christian Latreille, Philippe-Vincent Foisy et Marie Villeneuve de Radio-Canada

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Catégories : Économie, International, Politique
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