Le 1er octobre dernier, Ottawa a conclu une entente avec Washington pour un nouvel accord de libre-échange. Adieu l’ALENA, le Canada, les États-Unis et le Mexique inaugure l’AEUMC.
Parmi les nombreux chapitres commerciaux abordés, il y en a un qui n’est pas passé inaperçu chez nous, celui de la gestion de l’offre. Pour répondre aux exigences de l’administration américaine, le gouvernement canadien a accepté d’ouvrir une brèche de 3,59 % du marché des produits laitiers.
Quelles sont les répercussions sur l’économie canadienne? On en parle avec Marcel Groleau président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA).
Écoutez l’entrevue avec Marcel Groleau (9 minutes et 58 secondes) :
Écoutez« Au Canada, on limite notre production du lait, des œufs et de la volaille à la demande intérieure, explique en entrevue Marcel Groleau. C’est un système qui ne requiert aucune subvention, car les producteurs obtiennent des prix de marcher qui correspondent à leurs coûts de production. »
Le dimanche 18 novembre, l’UPA a organisé une manifestation sous le nom de « Garde-manger en danger » qui dénonce ce nouveau traité de libre-échange. Environ 5000 personnes étaient réunies à Montréal pour demander davantage de protection du secteur agricole.
« On demande que pour les prochaines négociations de ne plus considérer d’accès pour les produits cités (volailles, œufs et lait) parce que les trois derniers accords internationaux (CETA, PTP, AEUMC) ont coûté très cher aux producteurs canadiens », déclare le président de l’UPA.
[COMMUNIQUÉ] #GardeMangerEnDanger : plus de 5000 marcheurs pour notre avenir alimentaire https://t.co/yCEYYQxKvL #polqc #polcan pic.twitter.com/4POAQQPkee— UPA (@upaqc) 18 novembre 2018
« On ne veut plus que le gouvernement canadien mette dans la balance l’agriculture canadienne, ajoute-t-il. Les consommateurs choisissent les produits les moins dispendieux, mais il n y a pas la même qualité. Les normes biologiques aux États-Unis sont moins sévères qu’au Canada. En fait, la compétition est déloyale. »
Selon M. Groleau, ceux qui souffrent sont les petits exploitants agricoles. « Dans nos régions, les producteurs vivent des moments difficiles. La compétition fait du mal. En croyant que le gouvernement canadien exige de la part des importateurs de produits alimentaires les mêmes règles de production, le consommateur est également floué. Il faut savoir que le gouvernement n’exige pas la réciprocité en matière d’aliments importés. »
La gestion de l’offre est un cadre national de politique agricole pour coordonner l’offre et la demande de produits laitiers, des œufs, du poulet et de la dinde au Canada. La gestion de l’offre utilise des mécanismes de contrôle de la production et des importations et de tarification autorisés par le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et conçus pour prévenir les pénuries et les excédents et d’éviter de subventionner les secteurs directement.
Au total, il y a environ 17 000 exploitations agricoles canadiennes qui opèrent sous la gestion de l’offre, soit environ 8 % de toutes les fermes au Canada. L’industrie laitière est la plus grande des trois industries concernées par la gestion des approvisionnements au Canada, avec environ 13 000 agriculteurs. Il y a près de 2700 éleveurs, et moins de 1000 producteurs d’œufs. Pour des raisons de simplicité, cet article se concentrera sur l’industrie laitière, bien que les principes généraux s’appliquent pour les deux autres secteurs.
Avec les dernières ententes commerciales, Ottawa n’a pas hésité à sacrifier une partie des agriculteurs canadiens, croit le président de l’UPA. « En effet, on estime avoir été sacrifié contre l’industrie automobile. Il y a beaucoup d’inquiétude. Même si le gouvernement s’est engagé à compenser les pertes, cela ne remplacera jamais la part de marché qui a été perdue. La perte de revenu pour les agriculteurs est récurrente année après année. »
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