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Ottawa envisage de nouvelles mesures de rétorsion pour rompre le bras de fer tarifaire des États-Unis sur l’acier

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Le Canada envisage de nouvelles mesures de rétorsion contre les États-Unis dans l’espoir de faire lever les droits de douane sur l’acier et l’aluminium. Peu de progrès ont été réalisés pour convaincre Trump de supprimer ses tarifs de 25 % sur l’acier importé et de 10 % sur l’aluminium importé et qui sont en vigueur maintenant depuis neuf mois.

Une source américaine de haut niveau ayant une connaissance directe de la situation indique que le Canada envisage de lancer des consultations sur la question de savoir s’il devrait augmenter ses propres tarifs de rétorsion d’une valeur de 16,6 milliards de dollars et visant une série de produits américains allant du sirop d’érable du Maine au Bourbon du Kentucky.

Le Canada a exercé aussi des pressions diplomatiques énergiques auprès de la Maison-Blanche et de tous ceux qui ont de l’influence auprès de Donald Trump dans l’espoir d’obtenir la levée des tarifs. Mais de nombreuses sources affirment que Trump est très satisfait de sa décision et sur de lui.

Si le Canada envisage d’augmenter ses tarifs de rétorsion, il ciblerait des produits que les Canadiens peuvent se procurer d’autres pays.

Lorsque Trump a introduit les tarifs douaniers pour la première fois, cette mesure avait été largement perçue comme une tactique de négociation de l’ALENA, ce qu’il avait d’ailleurs lui-même confirmé dans l’un de ses Tweets. Et on s’attendait à ce qu’une fois qu’un nouvel accord commercial serait conclu, la Maison-Blanche lève les droits de douane. Mais les États-Unis n’ont pas changé leur politique.

Le premier  ministre canadien, Justin Trudeau a été critiqué par l’opposition au Parlement pour avoir signé l’entente de principe de l’ALENA avant que les tarifs ne soient supprimés. Photo : Associated Press/Daniel R. Patmore

Le Canada aurait-il déjà averti l’administration Trump?

Au terme de sa rencontre, lundi dernier, avec le représentant au Commerce des États-Unis, Robert Lighthizer, la cheffe de la diplomatie canadienne avait fait part des sérieuses réserves de la part du Canada à ratifier l’accord commercial nord-américain révisé alors que l’administration Trump continue d’appliquer des tarifs sur l’acier et l’aluminium canadien.

Chrystia Freeland s’était rendu dans la capitale américaine pour rencontrer M. Lighthizer ainsi que d’autres législateurs, dont le sénateur Sherrod Brown de l’Ohio et Earl Blumenauer, le nouveau président d’un comité de la Chambre des représentants chargé du commerce. Photo PC

Chrystia Freeland s’est rendu dans la capitale américaine pour rencontrer M. Lighthizer ainsi que d’autres législateurs, dont le sénateur Sherrod Brown de l’Ohio et Earl Blumenauer, le nouveau président d’un comité de la Chambre des représentants chargé du commerce. Photo PC

De déclarer Chrystia Freeland aux journalistes réunis sur le trottoir devant les bureaux de l’USTR à Washington : « L’existence de ces tarifs pour de nombreux Canadiens soulève de sérieuses questions au sujet de la ratification de l’ALENA « .

« Pour aller de l’avant avec cet accord, je crois que les Canadiens estiment qu’il est juste qu’il n’y ait pas de tarifs ou de tarifs de rétorsion entre nos deux pays. C’est ce que j’ai dit clairement à l’ambassadeur Lighthizer. » De confirmer la ministre, les tarifs sur l’acier était le sujet central de sa discussion avec Lighthizer.

« Ces tarifs sont tout à fait inacceptables pour le Canada, a-t-elle dit, répétant à plusieurs reprises les mots « illégaux », « injustifiés » et « absurdes » pour décrire la tactique commerciale américaine.

Chrystia Freeland avait déclaré, lundi, que le maintien de ces droits de douane est « encore moins logique maintenant » que l’ALENA a été renégocié.

« Beaucoup de Canadiens m’ont dit qu’ils seraient vraiment troublés que le Canada aille de l’avant alors que ces tarifs sont encore en vigueur, a-t-elle dit.

Le Canada voit dans le Mexique un allié

Le Mexique a déjà indiqué pour sa part qu’il ne ratifiera pas le nouvel ALENA avec les tarifs douaniers des États-Unis en place.

Une autre déclaration du Mexique, récemment semblait indiquer un front commun entre le Canada et le Mexique visant à faire lever les droits de douane sans condition.

Les deux pays partenaires américains de l’ALENA, le Canada et le Mexique étaient à l’origine exemptés de droits de douane de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium lorsqu’ils ont été imposés pour la première fois au printemps dernier à une série de pays par Donald Trump sous prétexte que ces importations étrangères représentaient une menace à la » sécurité nationale » américaine.

Mais en juillet 2018, les exportations canadiennes et mexicaines ont écopé d’une imposition de tarifs. Le Canada et le Mexique ont alors imposé leurs propres tarifs sur des importations américaines d’une valeur équivalente en dollars.

LISEZ AUSSI : Au tour du Mexique d’avertir Trump qu’il n’y aura pas d’accord de libre-échange sans la fin des tarifs douaniers

Drapeaux du Canada, des États-Unis et du Mexique. Photo : Radio-Canada

RCI avec La Presse Canadienne et les informations de Katie Simpson de CBC News

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Catégories : Économie, International, Politique
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