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Sentir le cancer en clinique bien avant l’apparition des symptômes

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Les plus récentes recherches notamment menées au Canada, en Alberta et en Ontario spécifiquement, semblent confirmer que certains types de cancer peuvent être détectés de manière beaucoup plus précoce et bien avant que la maladie n’atteigne un stade irréversible.

L’outil de détection fait appel à l’odorat. En fonction des maladies que l’on veut détecter, il prend la forme du nez humain, de museau des chiens ou même de bec renifleur artificiel dont la mise au point se poursuit entre autres au Canada.

À la base du succès de ces différents outils de détection, il y a le fait qu’une personne atteinte de cancer expire de ses poumons une certaine quantité de composés organiques volatils (en anglais : volatile organic compounds , VOC).

Des 40 000 VOC exhalés en moyenne par un être humain, à peine une vingtaine d’entre eux sont porteurs de l’odeur du cancer. Mais cela suffit par exemple à certains chiens entraînés en clinique à alerter le médecin.

Même les humains peuvent avoir le nez fin

Une étude américaine publiée tôt récemment par l’Université Rockefeller, à New York, montre que la capacité humaine à faire la distinction entre les variations d’odeurs est 10 000 fois plus étendue que ce qui était initialement soupçonné il y a quelques années à peine

Selon cette étude, l’odorat humain surpasse de loin en finesse nos autres sens et serait ainsi en mesure de différencier 1000 milliards de stimuli olfactifs, soit au moins 1000 milliards d’odeurs différentes.

En comparaison, notre oeil humain peut, avec trois récepteurs de la lumière, différencier jusqu’à 10 millions de couleurs, et l’oreille distinguer 340 000 variations de sons.

Cette femme peut détecter l’odeur de la maladie de Parkinson

Joy Milne et son mari Les avant sa mort en 2015. Dix ans avant qu’on lui diagnostique la maladie de Parkinson, Milne a remarqué qu’il dégageait une odeur musquée. (Parkinson UK en Écosse/Facebook)

Joy Milne, 69 ans, pourrait détenir la clé d’un diagnostic précoce. Il y a une trentaine d’années, elle a remarqué que l’odeur de son mari avait changé. « Il avait une odeur masculine très agréable et puis, tout à coup, il a changé », dit-elle. Elle décrit cette odeur comme étant musquée et animale.

Un jour, ils ont assisté à une réunion de patients atteints de la maladie de Parkinson.

« Nous sommes rentrés chez nous et je lui ai dit : « Ces gens dans cette pièce sentent la même chose que toi. Tous les Parkinsoniens ont cette odeur », se souvient Joy Milne.

Dix ans plus tard, son mari a reçu un diagnostic de maladie de Parkinson à l’âge de 45 ans.

Selon de récentes recherches effectuées par Perdita Barran, professeur de spectroscopie de masse à l’Université de Manchester, Joy Milne possède un odorat exceptionnel qui est à égalité avec celui des personnes qui finissent par travailler dans l’industrie du parfum.

Or, la chercheuse croit avoir découvert avec l’aide de Joy Milne des composés organiques volatils responsables de l’odeur de la maladie de Parkinson. Ils pourraient être utilisés comme biomarqueurs pour détecter la maladie avant que les symptômes moteurs apparaissent.

Joy milne et Perdita Barran, professeur de spectroscopie de masse à l’Université de Manchester (UoM)

Les chiens sont des détecteurs de la maladie encore plus fins

En France, un chien est entraîné à dépister le cancer du poumon. Photo : Kdog

Les chiens perçoivent les odeurs avec une précision de 1000 à 100 000 fois plus grande que les humains. Or, les récentes recherches confirment que les chiens peuvent détecter les signatures olfactives du cancer dans la peau, l’urine et la sueur d’une personne.

Ils détectent certaines substances à de très faibles concentrations, aussi faibles que des parties par billion, ce qui rend leur nez suffisamment sensible pour détecter les marqueurs du cancer dans l’haleine, l’urine et le sang.

Aux nez humains ou canins, on peut maintenant ajouter les nez artificiels, mis notamment au point au Canada. Ils pourraient aussi aider à détecter les racines de maladie parfois 10 ans avant qu’elle se manifeste cliniquement, comme dans le cas des maladies de l’Alzheimer et du Parkinson.

Les chiens peuvent sentir l’odeur du cancer du poumon avec une précision de 97 %

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L’étude, présentée lors de la récente réunion annuelle de l’American Society for Biochemistry and Molecular Biology à Orlando, a examiné comment quatre beagles, tous âgés de deux ans, ont identifié des échantillons de sang humain, avec ou sans cancer du poumon.

Trois des chiens ont été capables d’identifier correctement des échantillons de sang avec un cancer du poumon 96,7 % du temps, ainsi que des échantillons de sang normaux 97,5 % du temps.

L’expérience, menée par des chercheurs du laboratoire pharmaceutique BioScentDx de Floride, a entraîné les beagles à différencier les échantillons de sang des patients atteints de cancer du poumon des échantillons de sang normal.

Les beagles ont été en mesure de détecter les différences parce que les chiens ont des récepteurs d’odeur qui sont 10 000 fois plus précis que ceux des humains, selon l’énoncé.

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Le cancer de l’ovaire, au 7e rang des cancers les plus fréquents chez les femmes, se développe généralement de façon insidieuse, sans occasionner de signe clinique particulier. De ce fait, le diagnostic est difficile et souvent tardif. Photo : Istock

RCI avec CBC News et la contribution de Yanick Villedieu, Franco Nuovo, Sophie-Andrée Blondin, Louise Beaudoin, Johane Despins, Claude Bernatchez et France Désourdy de Radio-Canada

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Catégories : Internet et technologies, Santé
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