Un castor contemporain dans une pose tellement typique de l'espèce (iStock)

L’énigme des castors géants disparus

Une légende autochtone, partagée par plusieurs nations au Canada explique, pourquoi l’écureuil est si petit et pourquoi le chien est appelé l’ami de l’homme.

Grosso modo, la voici :

Un jour, l’Être suprême réunit les animaux de la Terre et leur dit qu’il a l’intention de créer un nouvel habitant, l’humain, et leur demande si l’un d’eux acceptait de s’occuper des premiers pas de ce nouvel habitant du dos de la Grande Tortue (la Terre).

« Et comment s’appelle ce nouvel habitant », demande l’un d’eux.

« L’homme », répond-il.

L’orignal réagit par l’indifférence, affirmant qu’il n’entend pas interagir avec le bipède qui sera créé.

L’ours fait de même, mais prévient le Créateur que sa nouvelle créature ne doit pas croiser sa route.

Et ainsi de suite, d’un animal à l’autre.

Le plus volubile, le plus vociférant est l’écureuil.« Je refuse qu’un autre être vivant vienne polluer la Terre – prémonition n’est-ce pas – je rejette toute autre présence. Si je le croise, je lui arrache la tête. »

Il faut savoir qu’à l’époque, l’écureuil est aussi gros qu’un ours!

Rappelez-vous, nous sommes ici dans une légende.  

De derrière la meute, après les commentaires de tout un chacun, le chien s’est porté volontaire.

« Je m’en occuperai de l’humain, n’ayez crainte », aurait-il dit.

Et, pour s’assurer que sa nouvelle création ait une chance sur Terre, le Créateur a réduit la taille de l’écureuil à ce qu’elle est aujourd’hui.

On dit d’ailleurs que, lorsqu’on entend un écureuil grogner, siffler ou crier, il serait en train de dire à l’humain : « Tu es chanceux que je n’aie pas ma taille originelle. »   

D’une légende, passons à une recherche universitaire

Castor (iStock)

Tout ce préambule pour vous amener à un autre animal typique du Canada, un emblème, le castor.

C’est tout de même un gros rongeur, car, en moyenne, le poids du castor d’aujourd’hui oscille entre 11 kg pour les petites femelles à 32 kg pour les gros mâles.

Mais, il fut un temps où il était bien autrement.

Pléistocène

Le calendrier géologique (Université Laval)

Le pléistocène est la première époque géologique du quaternaire, tout en haut du tableau, et va de 2,58 millions d’années à 11 700 ans avant le présent.

En passant, en géologie, un phénomène instantané, c’est 100 000 ans.

Donc, les castors de cette période faisaient dans les 100 kg avant de disparaître.

Au pléistocène, le castor faisait quelque 100 kg et était de la taille d’un ours (Scott Woods/Western University)

Pourquoi?

Selon deux chercheurs de l’Université Western de London, dans le sud-ouest de l’Ontario, l’extinction du castor géant aurait été causée par une modification en profondeur de leur source alimentaire principale, les plantes aquatiques.

Bien que l’on retrouve sur les squelettes fossilisés de ces castors format géant les mêmes dents tellement spécifiques de l’espèce, il appert que le rongeur ne s’en servait pas comme le font ses descendants contemporains en s’en prenant à des arbres pour créer des étangs où vivre.

À la fin d’une des périodes glaciaires, avec le retrait des glaces, les plantes aquatiques sont devenues de plus en plus rares, et les castors aussi, jusqu’à disparaître.

Les chercheurs Tessa Pling et Fred Longstaffe se sont servis de traceurs chimiques, appelés isotopes, appliqués sur des os et des dents fossilisés de castors géants pour arriver à cette conclusion. L’étude en question est publiée dans Scientific Reports-Nature.    

Quant à la légende, elle fait partie de la tradition orale.

Université Western, RCI (Lynn Desjardins), Université Laval, Légendes amérindiennes

Plus :

Faune et flore du pays, le castor (Fédération canadienne de la faune)

Catégories : Environnement, Internet et technologies
Mots-clés : , , , ,

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

Pour des raisons indépendantes de notre volonté et, pour une période indéterminée, l'espace des commentaires est fermé. Cependant, nos réseaux sociaux restent ouverts à vos contributions.