L'Alabama a clairement indiqué vouloir que sa loi se rende en Cour suprême américaine pour espérer une annulation de Roe v. Wade. Photo: Reuters / Joshua Roberts

Loi antiavortement en Alabama : Justin Trudeau se dit inquiet de ce recul des droits des femmes aux États-Unis

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« Alabama : l’interdiction de l’avortement vise la Cour suprême, mais n’y arrivera pas de sitôt. »

« L’Alabama veut emprisonner les médecins qui pratiquent l’avortement. »

« Le Sénat de l’Alabama vote la loi la plus répressive des États-Unis en matière d’avortement. »

Les titres des dépêches tombaient de la sorte depuis le début du mois jusqu’au vote de mercredi au Sénat de cet État du Sud profond qui a son siège dans la ville de Montgomery.

Les réactions, pour et contre, ne se sont pas fait attendre. Les « pour » parlaient de courage politique et de l’abrogation éventuelle par la Cour suprême des États-Unis de l’arrêt « Roe c. Wade », tant décrié par les militants pro-vie.

(iStock)

Ce que dit Roe c. Wade

L’avortement est illégal dans la grande majorité des États américains au début des années 1970.

Des centaines de milliers de femmes recourent donc à des avortements dans des conditions peu sécuritaires, causant dans certains cas de graves problèmes de santé, voire la mort de la mère.

En 1970, une jeune femme enceinte du Texas, Norma McCorvey, défie devant les tribunaux la loi de cet État qui ne permet l’avortement que si la vie de la mère est en danger.

On recourt alors au nom d’emprunt Jane Doe pour protéger son anonymat.

Le cas Roe c. Wade, du nom du procureur de district du comté de Dallas, Henry Wade, se retrouve à l’étude devant la Cour suprême des États-Unis en décembre 1971.

Le verdict tombe le 22 janvier 1973 : à 7 contre 2, les juges du plus haut tribunal déclarent la loi texane anticonstitutionnelle.

Ils reconnaissent le droit fondamental à l’avortement avec des possibilités pour les États d’amener des restrictions dans les derniers stades de la grossesse pour des raisons de santé.

Ce jugement s’appuie sur le 16e amendement de la Constitution portant sur les privilèges et la liberté des citoyens face aux législations des États.

(Source : Perspective Monde, Université de Sherbrooke)

Recul des droits des femmes aux États-Unis

C’est en ces termes que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a commenté jeudi la décision prise par le Sénat de l’Alabama.

De passage à Paris, où il a notamment offert de l’acier et du bois canadiens pour la reconstruction de la basilique Notre-Dame, M. Trudeau a déclaré : « En tant que gouvernement, en tant que Canadiens, nous défendrons sans équivoque le droit des femmes de choisir et les droits des femmes en général. »

Des nuages en vue au Canada également

Rappelons qu’annuellement se tient sur la colline du Parlement à Ottawa une manifestation contre l’avortement, même lorsque pratiqué dans des conditions légales et sécuritaires.

Chaque année, des religieux de plusieurs confessions et leurs fidèles ainsi que des groupes scolaires protestent contre ce qu’ils dénoncent comme étant des meurtres sanctionnés par la loi.

Lors de la manifestation de cette année, 12 députés conservateurs fédéraux y ont même participé.

Maryam Moncef (Adrian Wyld/Presse canadienne)

Dans une lettre envoyée à ces députés de l’opposition officielle, la ministre du Développement international et ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, Maryam Moncef, dénonce leur présence à la manifestation.

 « En participant à ce type d’événements ou en sensibilisant les politiciens conservateurs qui s’engagent à lutter pour rendre l’avortement impensable de notre vivant, le Parti conservateur manifeste sa volonté de rouvrir le débat. Les Canadiens, et les femmes canadiennes en particulier, méritent de savoir si le Parti conservateur du Canada nous ferait reculer en restreignant ou en sapant le libre choix des femmes. »

Extrait de la lettre de la ministre Moncef aux députés conservateurs qui ont participé à la manifestation pro-vie sur la colline du Parlement à Ottawa.

Au provincial

Il n’y a rien en vue pour le moment à l’échelle des capitales provinciales, sauf qu’il y a une certaine grogne du gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford en Ontario.

De fait, il y a une semaine à peine, le député de Niagara-Ouest Sam Oosterhoff s’est engagé à rendre l’avortement « impensable de notre vivant ».

Sam Oosterhoff ((Lisa Xing/CBC)

« We pledge to fight to make abortion unthinkable in our lifetime. »

Sam Oosterhoff, député progressiste-conservateur (Niagara-Ouest) gouvernement de l’Ontario

Sans dénoncer les propos de son jeune député – à 21 ans, M. Oosterhoff est le plus jeune député au parlement provincial – le premier ministre Doug Ford a réaffirmé sa volonté de ne pas rouvrir le débat en ajoutant que Sam Oosterhoff n’était pas muselé, qu’il avait pleine liberté de parole et d’opinion.

Le chef conservateur fédéral, Andrew Scheer, a déjà déclaré qu’il n’ouvrirait pas le débat sur l’avortement au Canada.

RC, CBC, PC, Université de Sherbrooke, Sens critique

Plus :

Roe v. Wade : La véritable histoire de l’avortement (Sens critique)

Jugement historique de la Cour suprême des États-Unis sur le droit à l’avortement (1973) (Perspective Monde, Université de Sherbrooke)

L’avortement est légal au Canada (avortementaucanada.ca)

Avortement : le droit à un choix éclairé menacé? (RCI)

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Catégories : Politique, Santé
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