Des immigrants participent aux ateliers de francisation donnés par le Service d’aide à l’adaptation des immigrants et immigrantes à Québec. Photo Credit: Radio-Canada

Le gouvernement québécois doit imposer la francisation obligatoire des immigrants, selon une députée en vue

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Le gouvernement Legault doit rendre obligatoire l’apprentissage du français pour les immigrants, et de toute urgence, selon la députée d’Iberville Claire Samson.

Elle rappelle que son parti, la Coalition avenir Québec (CAQ), s’était effectivement engagé en campagne électorale, l’automne dernier, à donner suite au rapport qu’elle avait rédigé deux ans plus tôt sur la langue et l’immigration.

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, vient d’annoncer l’élargissement de l’accès aux immigrants aux cours de francisation, sur une base volontaire. Elle souhaite pourtant que son gouvernement se montre plus coercitif. Lors de la rentrée d’automne, elle entend bien faire pression sur le caucus de la CAQ et sur le gouvernement pour que des mesures plus musclées soient adoptées rapidement afin de mieux franciser les nouveaux arrivants.

Selon elle, l’avenir du français au Québec est menacé à très court terme. Elle parle d’une quinzaine d’années avant que la situation soit devenue irrécupérable. La solution repose à ses yeux sur la capacité du Québec à imposer la langue française aux immigrants, pour faire contrepoids à l’attrait puissant de l’anglais.

« Il faut le faire maintenant, car éventuellement il pourrait être trop tard », dit-elle.

Claire Samson PHOTO FRANCIS VACHON, LA PRESSE CANADIENNE

La méthode forte de la député Claire Samson

Parmi les mesures musclées, l’État pourrait utiliser uniquement le français quand il s’adresse aux nouveaux arrivants, plaide la députée.

Dans son document, en 2016, elle proposait d’obliger les immigrants à suivre des cours de français, grâce à une formation d’une durée variant de 30 à 72 semaines, à temps complet.

Tous les nouveaux arrivants ne maîtrisant pas le français devraient s’y soumettre, qu’ils soient immigrants économiques, réfugiés ou faisant partie d’un regroupement familial

Selon son plan d’action, tous les programmes de francisation – actuellement éparpillés entre le ministère de l’Éducation et celui de l’Immigration – seraient rapatriés à l’intérieur d’un nouveau ministère : le ministère de l’Immigration et de la Francisation.

60 % des immigrants admissibles à une francisation gratuite la rejettent

Six immigrants adultes sur 10 écartent à leur arrivée l’offre qui leur est faite par le gouvernement québécois de suivre des cours de français gratuitement, selon le rapport annuel de gestion 2014-2015 du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI).

Sur les 13 455 immigrants reçus qui déclaraient ne pas connaître le français en 2012, seulement 3689 s’étaient inscrits à un cours de français dans les deux ans qui ont suivi leur arrivée, soit un pourcentage de 27,4 %.

Si l’on tient compte du fait que les cours offerts par ce ministère de l’immigration ne représentent que les deux tiers de l’offre de tous les cours de français gouvernementaux aux nouveaux arrivants, l’autre tiers est le fait du ministère du Travail et de l’Emploi, il s’agissait donc de seulement un peu plus de 40 % des immigrants anglophones ou allophones qui jugeaient bon d’apprendre le français formellement.

En 2008, la proportion était inversée : 60 % des nouveaux arrivants ne connaissant pas le français assistaient aux cours offerts par l’État.

Une classe de francisation à Montréal © Anne-Louise Despatie

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Radio-Canada

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Catégories : Immigration et Réfugiés, Politique, Société
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