Musée POP - la culture populaire du Québec

Attache ta tuque : une exposition qui promet au Musée québécois de culture populaire

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Au sens propre, l’expression « attache ta tuque » fait office de mise en garde polie. « Sois prêt, quelque chose ou quelqu’un arrive » et ça risque de changer ce qu’on fait présentement.

Évidemment, il y a ici une référence directe à l’hiver; une tuque s’attache rarement, sauf quand il y a du vent, beaucoup de vent.

D’où la notion de préparation.

C’est en ce sens et de façon ludique que le Musée de culture populaire du Québec – qui s’appelle maintenant le Musée POP, la culture populaire du Québec – présente une exposition permanente qui prend racine au cœur de la définition même de sa vocation, la parlure et le sens des mots dans le quotidien des Québécois.

Attache ta tuque! Une virée qui décoiffe dans la culture québécoise (Musée POP)

Développer des thématiques… par sondage

Oui, vous avez bien lu. L’exposition Attache ta tuque! a été montée à partir de données recueillies par la firme de sondage Léger.

Les sondeurs ont demandé à quelque 1000 Québécois d’un peu partout, l’année dernière, de dire ce qui, selon eux, est québécois jusqu’à l’os.

Des réponses obtenues, huit sujets ont émergé.    

Cette façon de faire, pour le moins non traditionnelle, serait en soit une innovation en muséologie.

Quelles sont-elles?

Au départ, l’aventure rappelle des temps forts de l’histoire récente du Québec, des moments tels qu’Expo 67 quand le Québec s’est vraiment ouvert au monde.

Il y a aussi des moments politiques, les référendums sur la souveraineté de 1980 et de 1995. Et, évidemment, on parle de météo avec la crise du verglas de l’hiver 1998 au cours de laquelle la moitié de la population québécoise s’est retrouvée sans électricité. Chez certains, cela a duré près d’un mois.

Ensuite, ces temps forts amènent une expression d’ici.

Musique

Crédit photos: www.quebecregion.com

Avec 24 % des résultats au sondage, la musique, qu’elle soit traditionnelle, pop ou rock, se taille une place de choix dans l’espace imaginaire et réel de l’homo quebecensis.

Un mur de pochettes de disques et de CD rappelle les grands succès du palmarès québécois.

L’expression choisie est « Swing la bacaisse! »

En fait, l’expression complète est « swing la bacaisse dans l’font d’la boîte à bois. »

Le défunt magazine humoristique Croc, dont la devise était : « c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle », avait traduit cette expression dans un français plus international tout en y gardant son sens complètement abscons en « virevolte l’adipeuse au creux du buffet Louis-Quinze ».

Ce que ça veut vraiment dire : amusons-nous, tout simplement.  

Petite précision tout de même : la bacaisse est aussi l’appellation populaire quoique désuète de son instrument de travail. Swignez sa bacaisse, c’est mettre de côté ce avec quoi on travaille pour un moment de plaisir. 

L’hiver

Les affres de la conduite hivernale (iStock)

Une immigrante brésilienne nous avait déjà dit : « Ici, c’est un paradis… avec un hiver. »

De fait, quand on tourne le dos à cette saison, on la trouve longue, difficile, terrible même. Nous avons une relation amour-haine avec l’hiver.

Dans cette partie de l’exposition, il faudra choisir : j’aime l’hiver – Mon pays, chantait Gilles Vigneault – on déteste l’hiver – ‘stie que l’hiver est long, Jean Lapointe.

Ensuite, vous vivrez l’expression Y fait frette! (19 % au sondage).

La nourriture

Longtemps considérée comme de la boustifaille de chantier, la cuisine québécoise contemporaine s’affirme et prend racine dans ses régions.

Si pendant longtemps nous avons vécu avec du fromage en crotte, nous avons aujourd’hui des centaines de producteurs artisans fromagers magnifiques.

Bon, on ne renie pas nous roulottes à patates – appelées baraques à frites dans le nord de la France et en Belgique – nos pets-de-sœur – dessert de notre enfance qui nous y replonge – ou les cabanes à sucre avec leurs oreilles de crisse et leur tire sur la neige.

On se bourre la face (30 % au sondage).

Notre relation avec les Premières Nations

Trop souvent oubliée, omise, glissée sous le tapis, la cohabitation avec les premiers peuples reprend – enfin – sa place au soleil.

C’est du moins l’espoir inhérent à cette partie de l’exposition où la parole de représentants actuels des Autochtones nous dit ce que, selon eux, les Premières Nations ont légué comme héritage au Québec.

Avec des noms de lieux comme Shawinigan, Métabetchouan, Inukjuak et autres, on parle également de toponymie issue des langues autochtones.

Kuei, (bonjour) récolte 29 % au sondage.

Autres thèmes

Et, il est aussi questions des contes et légendes d’ici – C’est pas croyable (25 % au sondage) – de hockey – Ça sent la coupe! (26 % au sondage) – quoique depuis une vingtaine d’années, la coupe en question, la Stanley, emblème de la suprématie au hockey sur glace, réside en quasi permanence aux États-Unis. Bon, quand l’automne revient, il ramène avec lui un certain espoir de défilé de la coupe en juin de l’année suivante.

Les Québécois sont tenaces, la dernière remonte à 1993.

Il est aussi question des grandes gueules d’ici – On a de la jasette (32 % au sondage) et de nos inventeurs, débrouillards et créateurs de toute sorte.

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Est-ce vraiment canadien? Les inventions canadiennes (RCI)

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Catégories : Arts et spectacles, Histoire, Société
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