(Kemal Aslan/Reuters)

Des milliers protestent contre une nouvelle mine canadienne en Turquie

Des milliers de Turcs se sont déplacés, lundi, à la périphérie de Kirazli, une petite ville de l’ouest du pays, pour dénoncer les conséquences environnementales inacceptables à leurs yeux de l’exploitation d’un site minier appartenant à Dogu Biga Mining, la filiale turque d’Alamos Gold inc. basée au Canada.

Au moins 5000 manifestants de tout le pays se sont rassemblés sur une colline près de l’emplacement de la future mine avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « On peut se passer de l’or, mais on ne peut se passer des monts Kaz ».

Selon eux, l’entreprise minière aurait dans ses préparatifs coupé quatre fois plus d’arbres que promis dans un rapport d’impact environnemental.

TEMA, un groupe caritatif axé sur la foresterie, confirme que 195 000 arbres ont été abattus pour le projet, bien au-delà de l’objectif des 46 000 annoncé précédemment par Dogu Biga.

Les manifestants estiment que la mine nuira à l’équilibre écologique de cette région boisée près du mont Ida, ou Kaz, comme on l’appelle localement, qui abrite une flore diversifiée. Ils craignent aussi les effets du cyanure qui serait utilisé pour extraire l’or.

(Kemal Aslan/Reuters)

L’autre côté de la médaille

Selon une déclaration de Dogu Biga, seulement 13 400 arbres ont été abattus dans le cadre des travaux d’aménagement de la mine. L’entreprise insiste aussi sur le fait que beaucoup de replantations seront effectuées par la suite et qu’il est faux d’affirmer que du cyanure sera employé pour purifier le minerai.

Les représentants du gouvernement affirment pour leur part que des projets miniers sont nécessaires pour que la Turquie réduise sa dépendance aux importations en utilisant ses propres ressources naturelles, ce qui contribuera également à réduire son déficit de la balance courante.

La Turquie a approuvé 36 122 projets miniers, énergétiques et autres entre 2012 et 2017 sur un total de 246 257 hectares de forêts, selon la Foresters Foundation of Turkey.

Deux  manifestants parmi d’autres

(Reuters)

Burak Ciftci, 34 ans, a été l’un des premiers à camper, lundi, à la périphérie de la ville de Kirazli. « Nous n’avons certainement pas pour objectif d’attaquer la mine. [Ce que nous faisons maintenant] c’est de la résistance civile », a-t-il dit.

« Nous pensions que la compagnie canadienne avait le sens de l’humour, alors nous avons joué de la guitare hier et leur avons apporté des ballons avec nos enfants. »

Asim Yildiz, 58 ans, a déclaré qu’il se rendait dans la région chaque été et qu’il s’était joint aux manifestations de lundi pour sensibiliser les gens à l’impact environnemental du projet d’exploitation aurifère. « C’est notre nature, notre droit. Que pouvons-nous donner aux générations futures? Allons-nous leur donner la colline aride ou la mer bleue? »

(Kemal Aslan/Reuters)

Le Canada est de loin le principal acteur mondial dans le domaine minier

Plus de 75 % de toutes les sociétés mondiales d’exploration ou d’exploitation minière ont leur siège social au Canada. Elles sont attirées par de généreux congés fiscaux et par des contrôles réglementaires minimaux.

En 2013, ces compagnies exploitaient 4000 installations dans plus de 100 pays, principalement en Amérique latine et en Afrique.

Des organisations telles que l’ONU, Amnistie internationale Canada, Mining Watch, Global Witness ou Rights and Accountability in Development ont dénoncé dans le passé la complicité de compagnies minières canadiennes dans la perpétration de violations des droits aussi fondamentaux que le droit à la vie et à l’intégrité physique.

Certaines compagnies extractives canadiennes ont fait appel à des groupes armés ou à des agences de sécurité pour assurer leur protection. Cela a été le cas d’Anvil Mining et de Talisman Energy qui ont fait l’objet de poursuites parce qu’entre autres choses leurs biens matériels avaient été utilisés par des groupes armés qui avaient commis des violations des droits de la personne.

Trop souvent, la réputation du Canada en souffre. Dans certains pays, la feuille d’érable est même devenue synonyme de négligence et de violation de droits.

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Photo : Nautilus Minerals

RCI avec Thomson Reuters, CBC News et la contribution de Radio-Canada

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Catégories : Environnement, International, Santé
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