Depuis le 1er septembre, 900 000 travailleurs canadiens bénéficient d'avantages supplémentaires au travail grâce à des modifications au Code canadien du travail. PHOTO : ISTOCK

Plus de congés et de pauses pour 900 000 travailleurs canadiens

Share

En ce lundi férié au pays, où l’ensemble des travailleurs canadiens soulignent la fête du Travail, 900 000 d’entre eux ont une raison de plus de célébrer depuis hier, date d’entrée en vigueur du nouveau Code canadien du travail.

Si chaque province au Canada a compétence en matière de la réglementation dans le secteur du travail, le Code du travail du Canada concerne directement plus de 900 000 employés fédéraux au pays, comme dans les ministères, le transport aérien, le transport ferroviaire et les banques, soit environ 6 % de toute la population active nationale.

Sous le signe de la conciliation travail-famille, les nouvelles dispositions du Code du travail permettent dorénavant à un fonctionnaire de prendre jusqu’à cinq jours de congé par année civile pour s’occuper d’un proche, pour l’éducation de ses enfants ou pour leur propre préparation à une cérémonie de citoyenneté canadienne.

Le code offre aussi cinq jours de congé payé pour à une personne victime de violence familiale. Aussi chaque employé a droit à une pause non rémunérée d’au moins 30 minutes après chaque période de cinq heures de travail consécutives. S’il doit rester à la disposition de son employeur, la pause doit être rémunérée. Un travailleur a aussi maintenant le droit de refuser des heures supplémentaires pour s’acquitter de ses obligations familiales auprès d’un enfant ou d’un membre malade de la famille.

Délais dans l’application du nouveau Code

Les représentants de l’industrie affirment que certaines des modifications retarderaient les expéditions, annuleraient les vols et nuiraient à l’économie du pays, tandis que les groupes syndicaux soutiennent qu’ils demandent simplement des conditions de travail raisonnables.

Une exemption provisoire s’appliquera donc à plusieurs règles qui, selon le secteur des transports, mettraient fin à ses activités, notamment l’obligation pour les employeurs de donner au personnel un préavis de 24 heures sur les changements de quart, et de quatre jours sur les horaires.

Cette exemption provisoire a été confirmée récemment par le ministère Emploi et Développement social Canada. Une pause obligatoire de 30 minutes toutes les cinq heures et une période de repos de huit heures entre les quarts de travail excluront également pour le moment certains travailleurs.

Une des lois provinciales sur les normes du travail qui pourrait servir de modèle est celle du Québec,  la Loi sur les normes du travail du Québec, qui vient elle aussi d’être révisée cet été et qui dans certains cas va plus loin que le Code canadien du Travail…

Les changements au Code fédéral du Travail pourraient bénéficier aux millions d'autres travailleurs au pays couverts par la seule protection de leur code du travail provincial. PHOTO : ISTOCK / RAWPIXEL

Conciliation travail-famille : le nouveau Code du travail aurait pu aller plus loin

En mars 2016, la France a ajouté à son nouveau code du travail le droit à la déconnexion, c’est-à-dire le droit de ne pas répondre à ses courriels ou aux appels professionnels en dehors des heures régulières de travail. Photo : iStock

On discute de plus en plus en Amérique du Nord de l’adoption d’éventuelles lois qui accorderaient aux employés le droit à la déconnexion une fois qu’ils ont quitté le bureau, afin de les empêcher d’être à la merci de leur téléphone 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Au Québec, un sondage de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (OCRHA) révélait en 2015 que deux travailleurs sur cinq demeurent en contact avec le travail pendant les vacances estivales.

Il y a quelque temps, un conseiller de la Ville de New York avait suggéré qu’il soit illégal de contraindre un employé à accéder de chez lui à « des communications électroniques reliées à son emploi », sauf s’il s’agit d’une urgence. Selon lui, il serait interdit aux employeurs de punir un employé qui refuserait de consulter ses courriels ou ses réseaux sociaux liés au travail en dehors de ses heures de bureau.

Des experts du monde du travail au Canada croient que les exigences numériques du 21e siècle doivent faire l’objet d’une discussion vigoureuse, et que des règles très strictes ne sont probablement pas la bonne solution.

Les travailleurs québécois bénéficient eux aussi d’amélioration au code du travail de leur province. Depuis cet été, plus de 200 000 salariés québécois ayant trois années de service continu au sein d’une même entreprise bénéficient d’une troisième semaine de vacances cette année. Les changements apportés à la Loi sur les normes du travail plaisent aux travailleurs, mais coûtent cher aux entreprises.

LISEZ : Le mardi est le jour le plus productif au bureau, mais attention aux bavards

Photo CBC News

RCI avec CBC News, La Presse canadienne et la contribution de Frédéric Tremblay, Annie Desrocher et Alain Gravel de Radio-Canada

En complément

Le Parlement à l’heure de la conciliation travail-famille – Radio-Canada 

Quand le travail envahit les fins de semaine – Radio-Canada 

Quand le Code du travail russe écarte les femmes de centaines d’emplois – Radio-Canada 

Share
Catégories : Économie, Politique, Santé, Société
Mots-clés : , , , ,

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions ou dans une des deux langues officielles, soit le français ou l'anglais. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*