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Les changements d’heures au Canada seraient maintenant en retard sur leur temps

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Un mouvement international pour rayer des calendriers et des horloges les changements d’heures dans plus d’une soixantaine de pays dont le Canada prend de la vitesse.

Une horloge est photographiée au parc Queen Elizabeth à Vancouver mardi.(Ben Nelms/CBC)

Selon un tout nouveau sondage en ligne réalisé auprès de 220 mille citoyens par le gouvernement de la Colombie-Britannique, plus de neuf citoyens sur 10 (93%) de cette province de l’ouest du Canada souhaitent restée à l’heure normale durant toute l’année comme le fait déjà une autre province un peu plus à l’est, la Saskatchewan.

La Saskatchewan n’a jamais adopté la technique de l’heure avancée, ayant rejeté l’idée lorsqu’elle a pris racine il y a plus de 50 ans.

Dans la province voisine de la Colombie-Britannique, en Alberta, il y a deux ans, un projet de loi qui aurait mis fin à l’heure avancée  dans cette province avait obtenu un appui massif du public. Toutefois, l’Assemblée législative de l’Alberta avait fini par rejeter l’idée après qu’un comité multipartite eut déclaré que l’impact sur les entreprises serait trop lourd.

Si la Colombie-Britannique passe à l’heure avancée permanente, comme les répondants du nouveau sondage le souhaitent, cela signifie que cette province ne  » recule  » pas d’heure en novembre alors que la majeure partie du pays le fera encore. 

Le Canada a six fuseaux horaires et six heures différentes.

Le changement d’heure serait aussi en voie de disparition ailleurs

Les législateurs des trois États américains alignés sur ceux de la Colombie-Britannique – Washington, Oregon et Californie – ont proposé eux aussi cette année des projets de loi qui mettraient fin aux changements d’heure. Plus d’une vingtaine d’autres États américains envisagent de prendre des mesures pour éviter le changement d’heure deux fois par an.

La rébellion se propage aussi en Europe où les députés du Parlement européen ont voté, l’hiver dernier, pour l’abolition du changement d’heure. Chaque pays membre devra maintenant décider s’il souhaite vivre à l’heure d’été, c’est-à-dire à l’heure avancée, toute l’année.

Lors d’importantes consultations publiques qui se sont tenues en Europe, 84 % des 4,6 millions de répondants se sont prononcés en faveur de l’abolition du changement d’heure. 

Le Canada serait-il à l’heure de la fin du changement d’heure?

PHOTO : RADIO-CANADA / GENEVIÈVE LASALLE

Le plus gros problème, c’est la santé

Cette rébellion populaire et des législateurs s’effectue avec en trame de fond une nouvelle série d’enquêtes à la fois canadiennes et internationales qui démontrent que les avantages économiques des changements d »horaires ne font maintenant plus le poids si on les compare aux inconvénients pour la santé.

Les études montrent que le risque d’infarctus augmente durant la semaine qui suit un changement d’heure parce que les gens dorment moins, même lorsqu’on recule l’heure. Ça ne veut pas dire qu’on dort une heure de plus, étant donné que notre horloge biologique ne change pas aussi vite, souligne la sociologue.

D’autres études indiquent que le changement d’heure augmente le risque d’accident de la route de 8 % le printemps et de 16 % l’automne. Certaines affirment même que les enfants font plus d’activité physique lorsqu’il fait clair plus tard le soir.

Une mesure historique qui a peut-être fait son temps

Parlement du Canada en 1916 © PC/Presse canadienne – Archives nationales

C’est en 1917 que le Parlement du Canada a adopté la loi concernant l’utilisation de la lumière du jour. On l’a appliqué dès 1918. Mais de vifs débats ont suivi. Pour apaiser les disputes, le gouvernement ne l’a pas appliqué en 1919 et durant les années de paix suivantes.

Une autre page de l’histoire de l’heure au Canada a été tournée pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le 21 septembre 1940, Ottawa a instauré l’heure avancée au Québec et en Ontario durant l’été.

En 1942, c’est dans tout le Canada qu’a été adopté un décret instaurant l’heure avancée sauf dans la province de la Saskatchewan. Le cas de la Saskatchewan découle d’une époque où nos gouvernements provinciaux pouvaient choisir de suivre, ou non, le passage à l’heure avancée.

Dans cette province, les communautés près de l’Alberta choisissaient de suivre l’heure des Rocheuses, tandis que celles près du Manitoba choisissaient de suivre l’heure du Centre. Pour remédier à ce problème, le gouvernement de la Saskatchewan a finalement choisi d’adopter l’heure normale du Centre à longueur d’année, en 1966. Certains secteurs de la Colombie-Britannique choisissent également de ne pas changer d’heure.

Bon à savoir...
Le changement d’heure existe dans de nombreux pays, excluant les pays tropicaux, car le soleil est présent plus longtemps dans les nations près de l’équateur. En revanche, les pays de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud ont recours au changement d’heure. Les pays procèdent encore au changement à des dates souvent différentes.
Dans l’hémisphère nord, les pays qui utilisent le changement d’heure sont notamment les États-Unis, le Canada, tous les pays européens sauf l’Islande, Cuba, le Groenland, l’Arménie, la Russie, la Tunisie et le Liban.
Dans l’hémisphère sud, les pays qui changent d’heure en tout ou en partie sont l’Australie, le Brésil, le Chili, les îles Malouines, la Namibie, la Nouvelle-Zélande, le Paraguay et l’Uruguay. Mais le changement d’heure dans l’hémisphère sud a lieu à des dates différentes qu’au Canada en raison de l’inversion des saisons.

RCI avec les informations de CBC News et la contribution de Jacques Dufresne, Anne Desrocher, Catherine Perrin et Bis Petitpas de Radio-Canada 

En complément

La Colombie-Britannique ne veut plus du changement d’heure – Radio-Canada 

Quel est le rôle du quartz dans notre mesure du temps et nos changements d’heures? – RCI 

Plaisirs et périls du petit changement d’heure au Canada – RCI

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Catégories : Économie, Environnement, International, Politique, Société
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