Un convoi de deux camions autonome en Europe. Photo : Volvo

Les camions autonomes arriveront plus vite que les autos sans conducteur

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Les experts croient que l’on verra s’avancer les camions autonomes sur nos routes plus rapidement que les voitures autonomes. Le gagne-pain de millions de camionneurs et de livreurs en Amérique du Nord pourrait ainsi s’envoler plus tôt qu’on ne l’imagine.

La perspective de voir arriver sur nos routes le transport de marchandises effectué par des camions lourds autonomes et donc sans conducteur se précise grâce à de nouvelles avancées techniques.

Déjà, il y a trois ans, au Colorado, ce camion avait transporté 45 000 canettes de bière sans personne derrière le volant, une première dans le domaine.

Uber fait rouler aux États-Unis des camions autonomes pour transporter des marchandises sur de longues distances. Photo : AFP

Sur les routes du pays d’ici trois ans?

On imagine maintenant que dans des conditions optimales, ces camions pourront se déplacer en convois de 5 ou 6, tirés par un seul engin comme s’ils étaient de petits wagons mus par une locomotive.

La circulation en peloton est une méthode collaborative de circulation. Les camions sont reliés par un système informatique qui maintient la distance désirée entre eux et qui contrôle et l’accélération et le freinage, avec un temps de réaction plus rapide que celui d’un chauffeur.

Certes, on craint que des millions de conducteurs humains ne se retrouvent au chômage. Des experts jugent pourtant que cela réglerait en bonne partie la pénurie de main-d’œuvre observée en ce moment partout au Canada dans le secteur du camionnage. Un mal à court terme pour un bien à long terme, dit-on.

Des expériences pilotes sont menées au Québec

Photo : Volvo

Les camions autonomes remplacent déjà les chauffeurs de camion en Alberta

Suncor veut déployer ces camions sans chauffeur au cours des six prochaines années. PHOTO : KOMATSU

Suncor a annoncé que des camions géants sans conducteur seraient en fonction dès cette année au cœur des mines à ciel ouvert de sables bitumineux dans le nord de l’Alberta.

Après cinq années d’essais, la pétrolière estime que les camions autonomes sont plus sûrs et moins chers.

De la taille d’une maison, ils transportent le minerai riche en pétrole vers des installations à quelques kilomètres de distance, où il est mis en valeur.

L’entreprise pense faire appel pour le moment à environ 150 camions, qui seront d’abord déployés dans la mine North Steepbank, au nord de la ville de Fort McMurray. Suncor précise qu’elle travaille avec les syndicats pour minimiser les effets de cette transition sur les camionneurs qui progressivement perdent leur emploi.

Au Québec aussi, les camions autonomes s’avancent

Il y a 10 mois, une équipe de chercheurs des États-Unis et du Canada a testé pour la première fois des camions lourds autonomes en peloton sur des routes forestières à Rivière-aux-Rats, en Haute-Mauricie. Il s’agit d’une première au Canada.

Les camions sont équipés d’une technologie développée à l’Université d’Auburn, en Alabama, qui leur permet de communiquer entre eux pour permettre au premier camion de guider le second, et ainsi de suite.

Il y a six mois, la Ville de Matagami, dans le nord du Québec, annonçait son souhait de développer le transport autonome de marchandise sur son territoire grâce à un projet pilote de véhicules sans conducteur sur une route de la Baie-James.

Elle affirmait que ce laboratoire de transport devait être mis en branle afin de répondre, entre autres, à la pénurie de main-d’œuvre.

« Il y a un constat de base dont on peut difficilement être en désaccord : c’est que les ressources sont de plus en plus situées au nord et il y a de moins en moins de gens qui sont disponibles pour l’exploiter. Cette pénurie de main-d’œuvre se traduit notamment dans le domaine du transport », explique le directeur au développement économique et directeur adjoint de Matagami, Daniel Cliche.

En Amérique du Nord, 70 % des marchandises sont toujours transportées par camion. Une proportion qui augmente avec l’explosion des achats en ligne. Mais les compagnies de transport restent toujours confrontées à un manque personnel. Un problème qui s’aggrave depuis des années.

Ces deux camions ont servi à tester une technologie qui permettra aux véhicules de circuler sans conducteur sur les chemins forestiers. PHOTO : RADIO-CANADA

Les véhicules autonomes vont transformer le marché de l’emploi

Selon des documents d’une enquête interne d’Ottawa publiée tout récemment, des milliers de travailleurs canadiens pourraient décrocher un nouvel emploi dans le secteur bourgeonnant des véhicules autonomes, mais aussi pas moins d’un million d’entre eux pourraient le perdre, surtout ceux qui occupent un emploi de chauffeur de véhicules. Or, 3 % de tous les travailleurs canadiens sont dans cette catégorie.

L’automatisation des transports éliminerait dans un premier temps environ 500 000 emplois dans le seul secteur des transports, des opérateurs de métro, des camionneurs, en passant par les chauffeurs de taxi et les livreurs.

L’enquête d’Emploi et Développement social Canada indique que plus de 600 000 emplois supplémentaires seraient également menacés, notamment ceux de préposés au stationnement, d’ouvriers en réparation de carrosseries et même de policiers et de secouristes.

Un coup de barre pour combattre un bond des collisions mortelles causées par nos camions

Une collision meurtrière de sept véhicules survenue sur l’autoroute 401 près de Kingston, en Ontario, en mai 2017 et qui a enlevé la vie à quatre personnes. Photo : CBC

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de David Chabot, Marie-Laurence Delainey et Michel Marsolais de Radio-Canada

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