L’île de Gibraltar est un territoire autonome rattaché aux Royaume-Unis et disputé avec l’Espagne. (Crédit photo : Reuters/Yannis Behrakis)

Il reste encore 17 territoires autonomes sur la planète

Share

Petit retour dans l’histoire coloniale. À partir de 1960, l’Organisation des Nations unies (ONU) a mis en place un processus de décolonisation dans l’adoption de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.

Aujourd’hui, il existe encore 17 colonies. Pour de multiples raisons, ces « territoires autonomes » n’ont pas encore eu accès à leur indépendance. Pourquoi? On en parle avec Flora Pidoux dont les recherches au doctorat se penchent justement sur le phénomène de la décolonisation.

À l’ONU, on préfère utiliser le terme de Territoires autonomes, note Flora Pidoux en entrevue téléphonique. « Les 17 territoires sont répartis aux quatre coins du globe. L’île possède un statut de dépendance par rapport à une métropole, généralement un pays occidental et ancien colonisateur. »

Dans cette liste, on peut parler du cas de Gibraltar qui est toujours l’enjeu d’un contentieux entre la Grande-Bretagne et l’Espagne. « Cette île est rattachée à la couronne britannique, mais que revendique Madrid, ajoute la chercheuse. On peut aussi mentionner plusieurs îles des Caraïbes ou d’archipels situés au milieu du Pacifique comme la Polynésie française. »

Que l’on parle de « reliquats de colonialisme » ou de « miettes d’empires », tous ces territoires expriment une relation de domination. « Mais plus on les étudie plus on se rend compte que chaque territoire entretien une relation particulière même unique avec leur métropole. C’est difficile de les mettre dans le même panier », dit-elle.

Il reste que ces territoires, il en existe beaucoup, fait remarquer Mme Pidoux. « Il y a souvent une volonté de la part de la métropole de garder une mainmise sur leurs territoires. Ce n’est pas le cas de tous, mais certains peuvent avoir un intérêt géostratégique important. Si l’on parle par exemple de la Nouvelle-Calédonie du point de vue de la France, c’est quand même un atout dans le Pacifique. Cela donne un pied à terre à la France qui devient une puissance régionale sur cet océan. »

Parler du passé colonial

Réussir à déployer sa flotte ou son armée à l’autre bout du globe, il y a des coûts importants, mais l’avantage géostratégique vaut le coup pour les métropoles, précise la chercheuse. «  En France, on ne parle pas assez du passé colonial sans avoir un regard critique. On en parle toujours en bien, alors que la colonisation demeure une anomalie au XXe siècle. »

« Toutefois, il y a la montée de discussions sur la nécessité même pour ces territoires puisqu’on se rend compte que même s’il y a relation de domination, les territoires arrivent quand même à retirer des bénéfices de ce lien avec généralement un État puissant et riche. Ces territoires qui sont pour la plupart des îles isolées impliquent une fragilité économique. Les petits territoires vont se contenter d’une relative autonomie sans nécessairement vouloir l’indépendance », conclut-elle.

Liste des 17 « territoires non autonomes » et leur métropole

1 – Polynésie française (France)

2 – Îles Caïmans (Grande-Bretagne)

3 – Îles Samoa (États-Unis)

4 – Île Pitcairn (Grande-Bretagne)

5 – Bermudes (Grande-Bretagne)

6 – Gibraltar (Grande-Bretagne)

7 – Îles Turks et Caicos (Grande-Bretagne)

8 – Îles Vierges britanniques (Grande-Bretagne)

9 – Îles Vierges américaines (États-Unis)

10 – Anguilla (Grande-Bretagne)

11 – Montserrat (Grande-Bretagne)

12 – Îles Malouines (1) (Grande-Bretagne)

13 – Sahara occidental (sans statut)

14 – Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha (Grande-Bretagne)

15 – Guam (États-Unis)

16 – Nouvelle-Calédonie (France)

17 – Tokélaou (Nouvelle-Zélande)

Source : Université de Montréal

Le dernier obstacle à l'accord sur le Brexit est finalement réglé. L'Espagne et le Royaume-Uni se sont entendus à propos de Gibraltar, un territoire britannique dans le sud de l'Espagne. Le gouvernement espagnol a confirmé qu'il voterait en faveur de l'accord demain, lors du sommet qui se tiendra à Bruxelles. Le récit de Kim Vermette

Lire aussi :

Polynésie française: Guy Laliberté détenu pour avoir cultivé du cannabis

Où se trouve au Canada le Gibraltar des Amériques?

Le tatouage: cher, parfois beau, de plus en plus accepté socialement … et permanent!

Share
Catégories : International, Politique
Mots-clés : , , , , , , ,

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la Nétiquette.

Nétiquette
Quand vous vous exprimez dans le cadre d’une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu’un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d’accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c’est bien là l’intérêt des tribunes! La nétiquette est l’ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d’intervenir dans une tribune, il est important d’en prendre connaissance. Sinon, on risque l’expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s’inscrire, les utilisateurs sont tenus d’indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s’afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s’il existe un doute quant à l’identité de son auteur.
  2. L’usurpation de l’identité d’autrui dans l’intention d’induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d’expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l’âge, l’origine ethnique, la religion, le sexe ou l’orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l’origine ethnique, l’appartenance à une religion ou à un groupe d’âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l’agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l’exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d’un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d’injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L’échange d’arguments et de vues contradictoires est un élément clé d’un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d’un dialogue ou d’une discussion privée entre deux participants qui s’interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L’usage d’autres langues, à l’exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L’envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L’insertion d’images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L’inclusion d’hyperliens vers d’autres sites est permise, à condition qu’ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n’est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d’un texte d’autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d’Internet.
  18. Radio Canada International  n’est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*