De gauche à droite : Kahina Aouamer, modératrice et les panélistes : Sabeha Hebib, Raouf Farrah et Amine Menadi - Photo : Ibtykar

De gauche à droite : Kahina Aouamer, modératrice et les panélistes : Sabeha Hebib, Raouf Farrah et Amine Menadi - Photo : Ibtykar

La présidentielle en Algérie ne stoppera pas la contestation, selon un expert

L’élection présidentielle du 12 décembre en Algérie est la seule solution à la crise politique pour les tenants du pouvoir dans ce pays, l’état-major de l’armée et la présidence par intérim.

Pour le mouvement populaire (le Hirak, en arabe) et les membres d’Ibtykar, un mouvement citoyen qui œuvre pour l’installation de la démocratie en Algérie, cette élection ne « réglera pas la crise puisqu’elle fait partie du calendrier du système » en place depuis l’indépendance.

Pour discuter de cette élection qui devrait se tenir dans une dizaine de jours et à partir de la semaine prochaine pour les Algériens de l’étranger, des adhérents du mouvement Ibtykar et des membres de la diaspora algérienne au Canada ont organisé samedi dernier, à Montréal, une table ronde ayant pour titre : L’impossible élection, perspective sur l’Algérie post 12/12/2019.

Le panel a permis au public de passer en revue les neuf mois de cette contestation populaire commencée le 22 février et qui a poussé l’ex-président Abdelaziz Bouteflika à démissionner.

Ainsi, pour l’activiste Sabeha Hebib, la « révolution du sourire » a permis aux Algériens de se réapproprier leur citoyenneté.

Elle a aussi permis, selon l’activiste Amine Menadi, de voir l’émergence d’une nouvelle élite très active sur les réseaux sociaux et la disqualification de l’élite traditionnelle. D’ailleurs, il rappelle que les autorités, pour affaiblir le mouvement populaire, procèdent à des arrestations ciblées. Et 70 % des personnes arrêtées  sont les étudiants.

Quid du 13 décembre, le lendemain de l’élection?

« Cette élection donnera un Bensalah bis», Amine Menadi

 Abdelkader Bensalah est le président intérimaire qui devait remplacer, pour un maximum de 90 jours, l’ex-président Bouteflika le lendemain de sa démission le 2 avril dernier.

De son côté, le troisième panéliste, Raouf Farrah, géopolitologue et coordinateur du mouvement Ibtykar au Canada, s’attend à ce que la contestation ne s’arrête pas au lendemain de l’élection qui coïncide avec un vendredi, jour de manifestations populaires en Algérie.

En entrevue à Radio Canada International, il explique que  « la mobilisation citoyenne sera massive et nationale avec un Hirak toujours aussi déterminé et avec la même constance, la même force à mettre fin à ce régime qui, aujourd’hui, est aligné pour imposer une élection présidentielle que l’écrasante majorité des Algériens rejette. »

(Écouter l’entrevue avec le géopolitologue Raouf Farrah, enregistrée samedi dernier lors de l’événement – 6 minutes 53 secondes)

« Si nous nous retrouvons dans un scénario où l’élection du 12 décembre est organisée, le président qui sera choisi par le régime et non par les Algériens sera un président qui ne pourra pas gouverner les destinées du pays, ni imposer les changements majeurs qu’exige la situation actuelle, ni satisfaire les revendications du Hirak » – Raouf Farrah, géopolitologue et coordinateur d’Ibtykar Canada

En complément :

« La tentation autoritaire de l’armée algérienne ne passera pas », selon le politicien algérien Said Sadi

Algérie : « Tout le monde doit partir, pas seulement les têtes d’affiche »

L’art pour soutenir la révolution du sourire en Algérie

Catégories : International, Politique
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