Les résultats des élections avaient déclenché des protestations généralisées en Bolivie (Reuters)

Fraudes systématiques aux élections boliviennes : le Canada avait vu juste

Un audit international indépendant de l’élection contestée en Bolivie du mois d’octobre dernier vient d’être publié. Il détaille des efforts « systématiques, délibérés et malveillants » pour truquer le vote en faveur du président d’alors, Evo Morales, qui s’est enfui depuis au Mexique.

Evo Morales le 27 novembre dernier au Mexique (AP)

Rappelons que les élections boliviennes se sont terminées dans l’agitation lorsque des foules sont descendues dans les rues pour protester le fait que le tribunal électoral avait soudainement et curieusement cessé de rendre compte des résultats électoraux et suspendu toutes les informations les concernant pendant une journée entière.

L’audit préparé par l’Organisation des États américains (OEA) ne laisse planer aucun doute sur l’existence d’un effort concerté et à grande échelle pour renverser le vote et donner la victoire au parti au pouvoir, le Mouvement pour le socialisme (MAS) d’Evo Morales.

Le rapport révèle que les mesures de tricherie électorale comprenaient des serveurs informatiques cachés et des signatures falsifiées.

Réactions du gouvernement canadien

La nouvelle présidente, Jeanine Anez, le 12 novembre (Reuters)

Ces résultats viennent conforter le Canada qui avait, après quelques hésitations, apporté un soutien tiède à la présidente par intérim Jeanine Anez à condition que celle-ci tienne sa promesse d’organiser de nouvelles élections libres et équitables. Lorsqu’elle a pris le pouvoir avec l’appui de l’armée, Mme Anez a annoncé la tenue de nouvelles élections dans les 90 jours.

Le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau a fait l’objet de critiques au pays parce qu’il n’appuyait pas Morales. Un éditorial du Globe and Mail l’accusait même de jeter la démocratie « aux lions » en Bolivie.

Lundi, le gouvernement Trudeau a réagi aux conclusions de l’audit en disant qu’elles constituaient une justification de sa position sur l’élection.

Adam Austen, porte-parole du ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne, a déclaré à CBC News : « Comme son rapport intérimaire l’indiquait précédemment, le rapport final de la vérification révèle une manipulation importante et systémique des résultats de l’élection présidentielle d’octobre. »

Le Canada a participé à l’audit de l’OEA

Au moins 36 experts de 18 pays de l’hémisphère, dont des procureurs électoraux, des statisticiens, des informaticiens, des spécialistes des documents, des spécialistes de l’écriture manuscrite et des experts en organisation électorale, étaient responsables de l’audit.

Parmi eux, deux vérificateurs judiciaires de l’Agence des services frontaliers du Canada. Le Canada a également versé 500 000 $ pour couvrir une partie des coûts de cette vérification électorale.

Fait à souligner, l’audit avait été soutenu non seulement par des pays, comme le Canada et les États-Unis qui ont reconnu une administration intérimaire dirigée par Jeanine Anez, mais aussi par des gouvernements qui ont soutenu Morales, comme le Mexique.

M. Morales qui avait demandé refuge au Mexique après que l’armée l’eut poussé à démissionner n’a pas commenté le rapport de l’Organisation des États américains.

Le calme reviendra-t-il en Bolivie avec la publication du rapport de l’OEA? Des partisans de l’ex-président bolivien Evo Morales dans une marche à La Paz. [David Mercado/Reuters].

Exemples de tricheries électorales à grandes échelles

Des fonctionnaires électoraux pro-Morales auraient détourné le flux de données sur les bulletins de vote des serveurs officiels du Tribunal électoral suprême du pays vers deux serveurs secrets.

« Ce réseau technologique parallèle et incontrôlé, créé délibérément, a permis la manipulation des données, la substitution des retours, ou toute autre manœuvre, facilitée par la volatilité de la preuve numérique », précise le rapport, qui est uniquement rédigé en espagnol.

« Les contrôles de l’agence d’audit ont été intentionnellement éludés et le trafic a été redirigé vers un réseau qui n’était pas soumis à la gestion, à l’administration, au contrôle et à la surveillance du personnel du Tribunal électoral suprême. »

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Crédit photo : Danielle Tremblay

RCI avec les informations de Evan Dyer de CBC News et la contribution de BBC News et de Radio-Canada

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Catégories : International, Internet et technologies, Politique, Société
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