Un homme marche à côté du logo Huawei dans un centre commercial de Shanghai, en Chine. Crédit : Aly Song/Reuters

5G : une majorité de Canadiens hostile à la contribution chinoise de Huawei

L’administration Trump y est farouchement opposée. Le gouvernement britannique a au contraire, le mois dernier, dit oui en partie. Les citoyens canadiens semblent en majorité fermés à l’idée et veulent que Huawei soit écarté de l’implantation d’un réseau sans fil 5G au pays.

Photo : Huawei

C’est la conclusion d’un sondage réalisé la semaine dernière par le réputé Institut Angus Reid. Ainsi, 56 % des personnes interrogées invitent le gouvernement du Canada à écarter Huawei de l’implantation du 5G au pays, comme l’ont déjà fait les États-Unis et d’autres pays du Commonwealth comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Rappelons que le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande forment le groupe Five Eyes et partagent à ce titre des renseignements de sécurité. Comme le Royaume-Uni, le Canada a subi des pressions des États-Unis pour interdire à la société chinoise de participer au nouveau réseau 5G parce qu’elle représenterait une menace pour la sécurité nationale américaine. Une accusation que rejette la société.

Beaucoup d’opposition et de craintes chez les Canadiens

Le logo du fabricant chinois Huawei au-dessus d’un commerce qui vend des téléphones intelligents à Pékin. Photo : Getty Images / Greg Baker

Craignant pour la sécurité des données, à peine 10 % des Canadiens feraient confiance à l’entreprise chinoise pour une participation à tous les niveaux dans le futur réseau 5G, alors que 34 % lui confieraient un mandat partiel, à l’image de ce qui a été décidé, il y a une dizaine de jours, au Royaume-Uni.

L’opposition à Huawei est plus forte dans l’ouest du Canada. Au Québec, près de la moitié des répondants sont disposés à une ouverture au moins partielle.

Le sondage de l’Institut Angus Reid a été mené du 3 au 5 février auprès de 1505 personnes. La marge d’erreur probable avec un échantillon de cette taille équivaut à plus ou moins 2 %, 19 fois sur 20.

Le gouvernement du Canada n’a pas encore annoncé sa décision

Ottawa procède à un examen complet de futur réseau 5G, auquel participent Sécurité publique Canada, le Service canadien du renseignement de sécurité, le Centre de la sécurité des télécommunications, Affaires mondiales Canada et Innovation, Sciences et Développement économique Canada.

Il y a deux semaines, David Mulroney, un ancien diplomate canadien en Chine, estimait que la décision du Royaume-Uni d’accorder à Huawei un accès partiel à son réseau 5G pourrait simplifier la tâche du gouvernement Trudeau s’il envisageait de faire le même choix.

Meng Wanzhou – Reuters

Rappelons que le dossier revêt un caractère encore plus délicat au Canada puisque Huawei est au centre d’un conflit diplomatique opposant Ottawa et Pékin. En décembre 2018, une dirigeante de la compagnie, Meng Wanzhou, a été arrêtée à Vancouver à la demande des États-Unis qui réclament son extradition pour la juger. Quelques jours plus tard, deux Canadiens ont été jetés en prison en Chine. Ils y sont encore.

La semaine dernière, le géant canadien des télécommunications Bell a annoncé la signature de son premier accord d’approvisionnement en équipement pour son réseau sans fil 5G avec Nokia.

RCI avec les informations de La Presse canadienne et la contribution de Radio-Canada

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