L’Arctique, une priorité économique et politique pour le Canada?

Le brise-glace Henry Larsen à Allen Bay, au Nunavut, le 25 août 2010. (Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne)
Le brise-glace Henry Larsen à Allen Bay, au Nunavut, le 25 août 2010. (Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne)
La commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada, Julie Gelfand, en doute, si l’on en croit le rapport qu’elle vient de rendre public.

Elle y souligne que « le Canada n’a pas de vision globale pour gérer l’augmentation inattendue du trafic maritime dans l’Arctique, avec ses cartes obsolètes, ses aides à la navigation et ses services de brise-glace inadéquats qui sont en plus utilisés au maximum de leurs capacités. »

Le gouvernement canadien a beau vouloir revendiquer sa souveraineté sur cette région et en développer les ressources, sa connaissance et sa compréhension du territoire n’est pas à jour.

Selon Julie Gelfand, l’Arctique a été « inadéquatement analysé et cartographié », certaines cartes datant d’il y a plus de 40 ans. « Les cartes basées sur des données obtenues avec des sondages hydrographiques qui ne répondent pas aux exigences modernes comportent de grands risques et de l’incertitude en ce qui concerne la localisation », ajoute-t-elle.

La croissance du trafic maritime commercial dans l’Arctique, qui ne peut que s’accentuer, s’est traduite par une demande accrue de relevés et de cartes précises et efficaces basées sur des levées à sonars multiples, est-il écrit dans le rapport, une technique relativement moderne qui, bien qu’elle date des années 1970, constituerait une amélioration considérable sur l’information archaïque qui est actuellement disponible.

Manque de ressources

Malheureusement, le Service hydrographique du Canada (SHC) n’a pas les ressources et la capacité logistique pour mener de tels relevés, est-il spécifié dans le rapport.

La commissaire reconnaît les défis auxquels le SHC fait face, notant qu’il serait déraisonnable de s’attendre à ce que l’Arctique soit cartographié au grand complet en se servant de standards modernes.

Mais en ce qui concerne les secteurs à haut risque et à fort trafic, particulièrement près des communautés où les bateaux arrivent à quai, ils devraient être cartographiés en détail, est-il souligné.

Entre 2002 et 2013, il y a eu environ 100 petits déversements surtout de l’huile et de l’essence dans l’Arctique, selon les données de la garde côtière.

L’expédition de marchandises dans cette région dont les glaces fondent rapidement devrait continuer à croître et « considérant l’environnement fragile, les conditions climatiques difficiles, les infrastructures limitées, la dépendance directe des communautés sur les écosystèmes, les déversements maritimes en raison de l’expédition de marchandises sont considérés comme l’une des plus sérieuses menaces à l’écosystème de l’Arctique », est-il rapporté.

Navigation dans l’Arctique. (iStock)
Navigation dans l’Arctique. (iStock)

Le rapport indique également que la garde côtière canadienne n’a pas répondu adéquatement aux demandes croissantes pour des aides à la navigation améliorées telles que des lumières, des phares et des bouées.

Et la commissaire ajoute que la capacité de la garde côtière à fournir des services de brise-glace est étirée à la limite. De plus, elle va vraisemblablement diminuer en raison de la remise en état des navires tout cela au moment où la demande n’a jamais été aussi forte et alors que les saisons d’expédition sont de plus en plus longues chaque année.

Depuis 2007, les navires commerciaux ont pénétré dans les eaux arctiques avant et ont quitté après les brise-glace de la garde côtière.

En même temps, le service de brise-glace a réduit le nombre de jours d’activités dans le Grand Nord. « Cette présence réduite dans l’Arctique signifie que les brise-glace qui desservent la région pourraient avoir à couvrir un plus grand territoire et pourraient prendre plus de temps pour répondre à des demandes des usagers », souligne le rapport.

Le gouvernement fédéral s’est dit en accord avec les conclusions de Mme Gelfand, promettant d’accorder la priorité aux efforts de relevés hydrographiques, de revoir les aides à la navigation et de considérer des « solutions modernes et efficaces » pour les services de la garde côtière.

– avec La Presse Canadienne

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Anne-Marie Yvon

Née en France, j'arrive au Canada à 12 ans avec mes parents et mes six frères et sœurs … sur une ferme. Ferme d’où je garde la ferme conviction de vouloir voir le monde, ce que j'ai fait. À Radio-Canada depuis 31 ans, je touche à tout : télévision, radio et Web. En 1999, alors à RCI, j'ai reçu un prix international, décerné par l’URTI, l’Union Radiophonique et Télévisuelle Internationale pour un documentaire radio sur les métiers en voie d’extinction. Passionnée de l’autre, j'adore qu’on me raconte des histoires de vies. C’est pourquoi je m’intéresse tellement à la vôtre.

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