Les mammouths et autres grands mammifères de l’ère glaciaire auraient vécu plus longtemps qu’on ne le pensait, dévoile une étude

Le squelette d’un mammouth, l’un des grands mammifères qui parcouraient l’Amérique du Nord au cours de la dernière période glaciaire. (Will Dunham/Reuters)
Des chercheurs ont analysé les restes de grands mammifères dans plus de 70 sites à travers la Sibérie, la Scandinavie, le Canada et l’Alaska. Les échantillons d’ADN prélevés dans le sol du cercle arctique ont permis d’analyser les conditions de vies des espèces aujourd’hui disparues, comme le mammouth ou le rhinocéros laineux.

On apprend, entre autres, dans leur étude publiée dans la revue Nature que plusieurs espèces importantes de l’ère glaciaire ont réussi à vivre plus longtemps que ce que la communauté scientifique pensait jusqu’à présent. Certaines ont d’ailleurs évolué en même temps que l’être humain, avant de s’éteindre définitivement de la surface de la Terre.

Les experts pensaient que les rhinocéros laineux avaient définitivement disparu il y a environ 14 000 ans. Or, l’étude indique qu’ils étaient encore présents dans les régions arctiques il y a 9800 ans. Même constat pour les mammouths laineux. Ils étaient toujours vivants en Sibérie il y a 3900 ans.

« On pensait auparavant que la plupart des mammouths laineux avaient disparu il y a environ 10 000 ans, à l’exception d’une toute petite population qui avait survécu sur des îles éloignées au large de la Sibérie », ont expliqué les experts.

« Un animal répand continuellement de l’ADN tout au long de sa vie dans ses excréments, son urine, ses cellules épidermiques et ses poils, qui contiennent des millions de segments d’ADN, alors qu’il errait sur l’ensemble de son aire géographique, mais il n’a laissé qu’un seul squelette à sa mort, qui est beaucoup moins susceptible d’avoir été préservé, récupéré et daté. »Yucheng Wang, chercheur associé au Département de zoologie de l'Université de Cambridge
Représentation artistique de mammouths laineux. (iStock)

Les résultats de l’ambitieux projet de recherche mené sur dix ans ont également permis de comprendre les conditions qui ont favorisé l’extinction des espèces en question. Elle se serait produite lorsque le climat est devenu plus chaud et plus humide. Les dernières zones de la steppe des mammouths ont alors été remplacées par des tourbières.

Le document détaille également l’écosystème arctique des 50 000 dernières années. L’habitat dans lequel vivaient les mammouths, connu sous le nom de « steppe des mammouths », était froid, sec et complexe sur le plan régional, avec une communauté végétale distincte composée de graminées, de carex (une plante ressemblant à l’herbe), de plantes à fleurs et d’arbustes.

L’équipe a d’ailleurs réussi à séquencer l’ADN de 1500 plantes arctiques pour la toute première fois. Les causes précises de l’extinction des grands animaux herbivores tels que le mammouth font l’objet d’un débat au sein de la communauté scientifique depuis plus de 100 ans, a déclaré Wang sur le réseau CNN.

Il existe à ce titre deux grandes théories : les mammouths ont été chassés à mort dans les siècles qui ont suivi leur premier contact avec l’homme, ou ils n’ont pas été capables de s’adapter assez rapidement à un climat qui changeait rapidement à la fin de la période glaciaire.

Avec les informations de CNN

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

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