La députée du NPD du Nunavut ne compte pas rejoindre les libéraux « pour l’instant »

La députée fédérale néo-démocrate du Nunavut, Lori Idlout, a déclaré ne pas avoir l’intention, « pour l’instant », de rejoindre le Parti libéral du Canada, ajoutant cependant avoir été sollicitée par le parti de Mark Carney.
J’ai décidé que, pour l’instant, je ne peux pas, a-t-elle déclaré lundi à CBC/Radio-Canada.
Lori Idlout confirme, sans fournir de noms, que certaines personnes lui ont « en effet demandé d’y réfléchir, tant du côté du Parti libéral que de ses électeurs ».
Depuis les élections fédérales d’avril, deux anciens députés conservateurs ont changé de camp pour se joindre aux libéraux. Il ne manque présentement qu’un seul siège au parti pour former un gouvernement majoritaire.
Dans une réponse envoyée par courriel, un porte-parole du Parti libéral du Canada a indiqué ne pas avoir de mise à jour à fournir.
Nous sommes prêts à travailler en collaboration avec les parlementaires de tous les partis pour bâtir un Canada plus fort, et tout appui aux solutions sérieuses que nous mettons de l’avant est le bienvenu, dit-il.
Le bureau de la députée des Territoires du Nord-Ouest et ministre libérale, Rebecca Alty, a indiqué par courriel : « La ministre Alty n’a pas eu de discussion avec la députée Idlout au sujet d’un changement de camp. »
Au cours de la dernière année, Rebecca Alty a rencontré des dirigeants et des représentants à travers le Nord, dont la députée Lori Idlout. Ces discussions visaient à définir des priorités communes et des manières pratiques de travailler ensemble pour donner des résultats aux résidents du Nord, souligne-t-il.
Le pouvoir de critiquer
Le fait qu’on me demande de changer de parti m’a vraiment forcée à beaucoup réfléchir à la meilleure façon de continuer à servir les Nunavummiuts, confie la députée du Nunavut.
Si elle rejoignait les libéraux, elle perdrait sa liberté de critiquer le gouvernement lorsqu’il s’agit de défendre ses électeurs.
Lori Idlout critique notamment la rapidité avec laquelle les libéraux ont fait adopter le projet de loi C-5, devenu la Loi sur l’unité de l’économie canadienne. Celle-ci donne au gouvernement le pouvoir de choisir certains projets pour accélérer leur passage dans le processus réglementaire.
Il prévoit également que le gouvernement consulte les peuples autochtones dont les droits pourraient être touchés par un projet accéléré. Toutefois, il permet au gouvernement d’outrepasser toute loi du Parlement pour certains projets d’envergure.
Pour l’instant, je ne peux tout simplement pas m’imaginer représenter adéquatement le Nunavut, si je suis forcée de voter en faveur d’une mesure qui porte atteinte aux droits des peuples autochtones, affirme la députée.
Liberté
Jerald Sabin, professeur de sciences politiques à l’Université Carleton, convient que, au sein de l’opposition, la députée a la capacité de se prononcer plus librement à propos des politiques fédérales dans le Nord.
Jerald Sabin souligne également qu’une députée qui change ainsi de camp risque de contrarier des électeurs qui ont voté pour son parti d’origine.
Le fait d’accéder au parti au pouvoir pourrait toutefois avoir des avantages, selon le professeur, en offrant à la députée un meilleur accès aux prises de décision.
Il ajoute que le fait de quitter un parti pourrait également donner du poids à la députée, qui pourrait dire : « Je suis l’une des personnes qui a changé de camp pour vous donner la majorité. Voici les concessions ou les politiques auxquelles je m’attends de la part de votre gouvernement. »
Avec les informations de Devon Tredinick
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