La Commission des droits de la personne des T.N.-O. veut se faire connaître

La façade des bureaux de la Commission des droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest.
Active depuis 2004, la Commission des droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest cherche aujourd’hui à accroître sa visibilité pour s’assurer que davantage de résidents fassent appel à ses services lorsque leurs droits sont lésés. Photo : Radio-Canada

Un texte de Thomas Ethier

Une minorité de nouveaux arrivants aux Territoires du Nord-Ouest savent qu’ils peuvent se tourner vers la Commission des droits de la personne du territoire pour faire valoir leurs droits, selon une récente étude. Plusieurs affirment pourtant avoir subi de la discrimination au cours des dernières années.

La Commission a publié, en décembre, le rapport sommaire de cette étude visant à évaluer les connaissances qu’ont les nouveaux arrivants et les résidents autochtones des ressources à leur disposition pour faire valoir leurs droits face à la discrimination et aux injustices.

Ces informations ont été recueillies dans le cadre d’efforts visant à bâtir des liens avec ces deux groupes, afin de mieux répondre à leurs besoins en matière de défense des droits.

L’étude a été réalisée dans la région du Slave Nord, qui inclut notamment Yellowknife et la communauté de Behchoko, avec une population totale d’environ 25 500 résidents.

Les chercheurs ont recueilli à l’hiver et au printemps 2025 le point de vue de 100 participants et de 6 organismes, à l’aide d’un sondage, d’entrevues et de groupes de discussion.

Selon les résultats du sondage de l’étude, rempli par 27 résidents s’identifiant comme de nouveaux arrivants, seuls 9 répondants, soit le tiers d’entre eux, ont déclaré avoir déjà entendu parler de la Commission des droits de la personne des T.N.-O.

Davantage de répondants s’identifiant comme Autochtones, soit 36 sur 61, ont dit connaître l’organisme.

Selon Charles Dent, président de la Commission, l’organisme n’avait encore jamais fait de recherche pour évaluer à quel point il réussissait à rejoindre la population du territoire.

Nous ferons de notre mieux, en regard de ces résultats, pour concevoir les façons grâce auxquelles nous pourrons accroître la connaissance qu’ont les résidents autochtones et les nouveaux arrivants de leurs droits, affirme Charles Dent, président de la Commission des droits de la personne des T.N.-O..

La Commission souhaite obtenir le financement nécessaire pour étendre cette étude aux autres régions du territoire.

Nous savons que chaque région est différente et souhaitons nous assurer de pouvoir refléter ces distinctions dans notre travail sur le terrain, dit M. Dent.

Des ressources à faire connaître

Selon le rapport, 90 % des répondants autochtones et 78 % des nouveaux arrivants ayant pris part à l’étude dans le Slave Nord disent avoir vécu de la discrimination ou avoir été traités injustement au cours des cinq dernières années.

Charles Dent se dit étonné de ces résultats, plus élevés que dans l’ensemble du pays, où 36 % des personnes ont déclaré avoir vécu de la discrimination ou avoir été traitées injustement au cours de la même période.

C’est une grande surprise pour moi. Peut-être que les cas à travers le pays sont sous-déclarés, suggère-t-il.

Le rapport révèle également qu’environ la moitié des nouveaux arrivants ayant déclaré avoir subi de la discrimination disent l’avoir vécue sur leur lieu de travail ou lors d’une recherche d’emploi.

Basé à Yellowknife, le Conseil de développement économique des T.N.-O. offre des services d’aide et d’accompagnement pour les nouveaux arrivants en matière d’employabilité.

Selon son directeur général, François Afane, il incombe à la Commission des droits de la personne, mais également aux organismes, de faire davantage de sensibilisation auprès des nouveaux arrivants.

Nous essayons de créer un environnement qui encourage les gens à accéder aux ressources. Nous n’allons pas prendre la décision à leur place, mais, chaque fois que nous sommes informés, nous allons les outiller, ou même organiser des ateliers, affirme le directeur.

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