L’OTAN et le Groenland promettent de renforcer la sécurité dans l’Arctique

Mark Rutte, parle en ponctuant avec un poing fermé, lors d'une conférence de presse.
« Nous travaillons actuellement sur les prochaines étapes afin de nous assurer que nous protégeons collectivement ce qui est en jeu », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, lors d’une visite en Croatie le 12 janvier 2026. (Photo : Reuters/Antonio Bronic)

L’OTAN et le Groenland ont annoncé lundi vouloir travailler au renforcement de la défense de cet immense territoire autonome danois, dans l’espoir de faire reculer Donald Trump, qui veut s’en emparer à tout prix.

Le président américain a encore accru les inquiétudes groenlandaises en déclarant dimanche qu’il prendrait le Groenland « d’une manière ou d’une autre ».

On a besoin d’un titre de propriété, a-t-il insisté.

Face à l’hypothèse d’une annexion par la force, qui gagne en crédibilité, le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a placé ses espoirs dans l’Alliance atlantique, dont les États-Unis sont membres, pour assurer la défense du Groenland.

Notre sécurité et notre défense relèvent de l’OTAN. C’est une ligne fondamentale et immuable, a-t-il dit sur Facebook lundi.

Jens-Frederik Nielsen, s'adresse à des députés européens lors d'une séance officielle.
Le chef du gouvernement du Groenland, Jens-Frederik Nielsen (Photo d’archives : AFP via Getty images/Frederick Florin)

« Étroite collaboration avec l’OTAN »

Le gouvernement groenlandais va donc « s’efforcer de faire en sorte que le développement de la défense au Groenland et autour du Groenland se fasse en étroite collaboration avec l’OTAN. En dialoguant avec nos alliés, dont les États-Unis. Et en collaboration avec le Danemark », a-t-il ajouté.

Ce plaidoyer pour convaincre Donald Trump semble s’inscrire dans le cadre d’une action commune avec le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte, qui a dit travailler aux prochaines étapes pour renforcer la sécurité de ce territoire contrôlé par le Danemark.

Les États membres de l’OTAN en ont parlé la semaine dernière à Bruxelles. Plusieurs pistes ont été évoquées, comme le renforcement du nombre des navires dans l’Arctique, mais rien de concret n’a été décidé.

Dans les rues glaciales et enneigées de Nuuk, tout coup de pouce extérieur est vu d’un bon oeil.

J’apprécie vraiment qu’on ait plus d’alliés en Europe et au Danemark, a confié Nuunu Binzer, une étudiante en théologie de 35 ans. J’espère encore plus de soutien, en particulier après avoir vu ce qui s’est passé au Venezuela. Au début, on a ri de Trump quand il a voulu nous acheter, mais maintenant, est plus agressif.

Le président américain a reconnu la semaine dernière qu’il lui faudrait probablement choisir entre la préservation de l’intégrité de l’OTAN et la prise de contrôle du Groenland.

Une annexion signerait l’arrêt de mort de l’Alliance atlantique, avait averti début janvier la première ministre danoise Mette Frederiksen.

Depuis un an, le Danemark a fortement renforcé ses investissements au Groenland pour amadouer Washington. En 2025, Copenhague a alloué 1,2 milliard d’euros à la sécurité dans la région, a souligné Mme Frederiksen.

Cette vaste île arctique peuplée de 57 000 habitants dispose d’importantes ressources minières, en majorité non exploitées, et est considérée comme un emplacement stratégique. Les États-Unis y ont déjà une base militaire et en administraient une dizaine pendant la guerre froide.

Et, selon M. Rutte, les Danois n’auraient aucun problème si les États-Unis venaient à avoir une présence plus importante qu’actuellement.

Depuis 1951, un accord de défense, actualisé en 2004, donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, à la seule condition qu’elles informent en amont les autorités.

Préparatifs diplomatiques

Le Danemark va également tenter de jouer la carte de la diplomatie, avec une rencontre attendue cette semaine entre des responsables danois et groenlandais et le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Selon des médias américains et danois, ces entretiens auront lieu mercredi à Washington.

Marco Rubio.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio. (Photo : Reuters/Mandel Ngan)

Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a diffusé lundi une photo d’une réunion de travail préparatoire avec sa collègue groenlandaise Vivian Motzfeldt.

La diplomatie danoise veut afficher un front uni avec les dirigeants du Groenland avant cette rencontre.

La presse danoise a fait état la semaine passée d’une visioconférence tendue entre députés danois et groenlandais à propos de la façon de négocier avec les États-Unis.

Face aux menaces répétées de Donald Trump, je comprends bien qu’il y ait de l’inquiétude dans la population, a reconnu le premier ministre groenlandais dans son message lundi.

Il a aussi répété que l’exécutif de son territoire n’accepterait d’aucune manière de tomber entre les mains des Américains.

Je préférerais ne pas avoir de soldats [de l’OTAN] sur notre territoire, a affirmé Mininnguaq Fontain, un étudiant de 19 ans. Mais bien sûr, si on est attaqués, je me sentirais plus en sécurité que des soldats soient là.

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