Levant la menace tarifaire, Trump annonce « le cadre d’un futur accord » sur le Groenland

Le président américain Donald Trump a rencontré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, en marge du Forum économique de Davos, le 21 janvier 2026.
( Getty Images / AFP / Mandel Ngan)

Le président américain, Donald Trump, a affirmé mercredi s’être entendu avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, sur « le cadre d’un futur accord » concernant le Groenland, renonçant du même coup aux représailles tarifaires annoncées contre plusieurs pays européens.

« À la suite d’une réunion très productive que j’ai eue avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, nous avons établi le cadre d’un futur accord concernant le Groenland et, en fait, l’ensemble de la région arctique », a-t-il soutenu sur sa plateforme Truth Social, quelques heures après son allocution devant le Forum de Davos.

« Cette solution, si elle se concrétise, sera très avantageuse pour les États-Unis d’Amérique ainsi que pour tous les pays de l’OTAN », a-t-il assuré dans un message avare de précisions. Le message ne fait pas mention d’une éventuelle annexion américaine du territoire, qu’il réclame avec une intensité accrue depuis quelques semaines. Sur la base de cette entente, le président américain a précisé renoncer aux droits de douane qu’il avait annoncés sur les marchandises de huit pays européens qui avaient condamné ses visées sur le Groenland.

Des droits de douane variant entre 10 % et 15 %, qui devaient s’ajouter aux tarifs douaniers déjà existants, étaient censés entrer en vigueur le 1er février, malgré des ententes commerciales conclues l’an dernier avec Londres et l’Union européenne. Faute d’entente conclue avant le 1e juin, les droits de douane supplémentaires devaient grimper à 25 %.

« [Nous avons] pratiquement le concept d’un plan », a déclaré le président américain en entrevue au réseau d’informations économiques CNBC.

Il a ajouté que les États-Unis et leurs alliés européens collaboreraient sur les questions des minéraux et du Dôme d’or, le projet de système de système de défense antimissile du gouvernement américain.

« Ils vont être impliqués dans le dôme d’or et ils vont être impliqués dans les droits des minéraux, et nous aussi », a-t-il dit.

Se présentant devant les journalistes, il a ensuite parlé, quelque peu hésitant, d’une entente à long terme en réponse à une journaliste qui lui demandait si l’accord accordait la propriété de l’île aux États-Unis.

« C’est l’entente à long terme définitive. Et je pense que cela place tout le monde dans une très bonne position. »

Il a en outre affirmé que l’accord serait pour toujours. « Ça nous donne tout ce que nous voulions », a-t-il soutenu. À peine quelques heures plus tôt, il réclamait le titre de propriété complet du Groenland, déplorant le manque de gratitude de l’île et du Danemark.

Il reste à voir ce que les États-Unis ont pu gagner de cet affrontement initié par Donald Trump, qui était susceptible de menacer l’existence même de l’Alliance atlantique.

Selon des sources du New York Times, l’annonce a suivi une réunion de l’OTAN au cours de laquelle de hauts responsables militaires des États membres ont discuté d’un compromis en vertu duquel le Danemark céderait aux États-Unis la souveraineté sur de petites portions du territoire groenlandais, où Washington pourrait établir des bases militaires.

Une entente dano-américaine de 1951, conclue en pleine guerre froide, permet déjà à Washington d’étendre sa présence militaire au Groenland. Les États-Unis ont eux-mêmes choisi de réduire considérablement le nombre de personnes déployées au Groenland, passé au fil des décennies de 10 000 à 200.

Dans sa publication, le président Trump a écrit avoir confié les négociations au vice-président J.D. Vance, au secrétaire d’État, Marco Rubio, et à son envoyé spécial Steve Witkoff, impliqué dans plusieurs dossiers, dont ceux de la bande de Gaza et de la guerre en Ukraine.

Le Danemark salue des « messages positifs »

Sans commenter le projet d’entente, le ministre des Affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, a salué ce nouveau développement.

« Trump dit qu’il met la guerre commerciale en pause, dit “je ne vais pas attaquer le Groenland”, ce sont des messages positifs », a-t-il déclaré à la télévision publique danoise DR.

Cette annonce surprise de Donald Trump a été faite quelques heures après qu’il eut dit exclure le recours à la force pour acquérir le Groenland. Au cours de son discours, marqué de critiques acerbes et de griefs à l’endroit des alliés traditionnels des États-Unis, il a cependant clairement indiqué que ses visées territoriales restaient intactes.

Le Groenland, vaste île arctique peuplée de 57 000 habitants, dispose d’importantes ressources minières, en majorité non exploitées, en plus d’être considérée comme un emplacement stratégique. Les États-Unis y ont déjà une base militaire, après en avoir administré une dizaine pendant la guerre froide.

Au cours des dernières semaines, Donald Trump a mis de l’avant la menace posée par la Russie et la Chine dans la région. Il a pourtant offert au président russe, Vladimir Poutine, une place sur son Conseil de la paix.

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