Corridor arctique : une entente signée entre Tłı̨chǫs, Dénés Yellowknives et T.N.-O.

Ernest Betsina, chef des Dénés Yellowknives, Jackson Lafferty, le chef tłı̨chǫ, et R.J. Simpson, premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, signent le protocole d’entente. (Photo : gouvernement des Territoires du Nord-Ouest)

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Le gouvernement des Tłı̨chǫs, la Première Nation des Dénés Yellowknives, et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) ont signé un protocole d’entente officialisant leur coopération dans le cadre du projet de Corridor économique et de sécurité de l’Arctique (CESA).

Les élus des trois gouvernements ont signé le document durant le congrès AME Roundup, qui regroupe les spécialistes du secteur minier à Vancouver.

Ce protocole d’entente confirme leur engagement à collaborer pour aligner leur vision, leurs objectifs et leurs avenues dans le cadre du projet, selon ce qu’indique le gouvernement des T.N.-O. dans un communiqué. Le CESA fait partie des projets préliminaires qu’Ottawa aimerait mettre en chantier rapidement grâce à son Bureau des grands projets.

Il n’est toutefois pas encore assez développé pour obtenir des fonds à ce stade. La signature du protocole d’entente vise à présenter une approche intégrée et menée par les Autochtones, alors que se poursuivent les discussions entre le Canada et les représentants du secteur, lit-on dans le communiqué.

« Ce protocole indique que les gouvernements sont prêts à collaborer d’une manière plus coordonnée et davantage menée par les Autochtones », indique Ernest Betsina, chef des Dénés Yellowknives.

« Certes, le Corridor économique et de sécurité de l’Arctique est d’envergure nationale, mais il renforcera également les collectivités du Nord et respectera les droits, les responsabilités et la vision des nations dont il sillonnera les terres. »

— Ernest Betsina, chef des Dénés Yellowknives

Selon le premier ministre des T.N.-O., R. J. Simpson, ce corridor permettra d’exploiter un potentiel susceptible d’avoir une incidence considérable sur le PIB national, tout en offrant des avantages durables aux collectivités des T.N.-O. et en renforçant l’économie et la sécurité nationale du Canada.

Un premier protocole signé en novembre

La Première Nation des Dénés Yellowknives et le gouvernement Tłı̨chǫ ont signé en novembre 2025 un premier protocole d’entente, visant à mener conjointement le projet de corridor de sécurité de l’Arctique.

« Nous avons tiré les leçons des expériences passées avec des industries qui venaient sur nos terres et qui prenaient toutes les décisions », a alors expliqué le chef tłı̨chǫ, Jackson Lafferty.

« Nous allons changer les rôles, nous allons prendre les devants dans ce mégaprojet. »

Ernest Betsina soulignait pour sa part l’importance de consulter les membres des communautés et de prendre en compte les connaissances des aînés dans le cadre du projet.

Le projet de Corridor économique et de sécurité de l’Arctique est défini par le gouvernement du Canada comme une infrastructure à double usage, qui appuierait les objectifs du pays en matière de défense et d’économie.

Il prévoit notamment la construction d’une route d’environ 900 km qui relierait Yellowknife au futur port en eau profonde de la baie Grays, au Nunavut. La route traverserait les terres des deux gouvernements autochtones signataires du protocole d’entente.

Cette nouvelle route donnerait accès à d’importants gisements de minéraux critiques encore inexploités aux T.N.-O., essentiels à la transition mondiale vers une énergie propre. Les signataires y voient un fort potentiel économique, qui permettra la création de nombreux emplois dans la région.

L’aspect de la sécurité nationale s’est imposé dans le Nord canadien en réponse à l’accentuation des tensions géopolitiques autour du cercle polaire.

Le 11 septembre, le premier ministre Mark Carney s’est engagé à renforcer la souveraineté et la sécurité du Canada dans l’Arctique.

« En créant un nouveau port à Grays Bay et en libérant nos ressources, nous pouvons affirmer notre souveraineté économique tout en renforçant nos défenses », a-t-il affirmé à propos de cette composante du CESA.

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