Le fleuve Mackenzie pourrait retrouver un niveau normal

(Photo : Radio-Canada/Travis Burke)
La forte accumulation de neige dans le sud des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) pourrait aider le fleuve Mackenzie à retrouver un niveau d’eau s’approchant de la normale, selon une hydrologue.
Les saisons de transport par barge ont été grandement perturbées ces dernières années aux T.N.-O.en raison des bas niveaux d’eau dans les corridors de navigation, par lesquels sont acheminés des biens essentiels vers les communautés éloignées.
D’après le rapport « Aperçu des eaux printanières aux TNO pour 2026 », publié jeudi par le gouvernement ténois, les niveaux d’eau dans le territoire sont actuellement plus bas qu’à la normale, sauf dans certaines petites et moyennes rivières.
La situation pourrait toutefois changer ce printemps avec la fonte des neiges, comme l’explique Anna Coles, hydrologue principale du gouvernement territorial.
Les accumulations de neige supérieures à la normale dans le nord de l’Alerta et de la Colombie-Britannique ainsi que dans le sud-est du Yukon, pourraient, selon elle, aider les débits printaniers à retrouver leur niveau habituel.
« Cela nous encourage à croire que nous verrons une certaine reprise des débits printaniers, et que nous nous rapprocherons potentiellement de niveaux quasi normaux ce printemps », affirme Anna Coles.
Elle précise toutefois que, après le printemps et durant tout l’été, les niveaux d’eau dépendront des précipitations et des températures dans l’ensemble du bassin, ainsi que des conditions propres à chaque bassin versant.
Anna Coles ajoute que son équipe reste en contact avec les Services de transport maritime du territoire, responsable du transport par barges vers les communautés.
« Comme nous, ils consultent ces données pour tenter d’étayer leurs décisions et d’éclairer leur planification », dit-elle.
Risque d’inondations
Selon Anna Coles, bien qu’un débit d’eau normal entraîne généralement un niveau de risques d’inondations normal, d’autres facteurs peuvent accroître ou diminuer les risques dans les communautés.
« Il est toujours possible que des conditions météorologiques printanières inhabituelles, comme de fortes précipitations de pluie, accroissent le débit des rivières », souligne-t-elle.
Les débâcles seraient également imprévisibles.
« Il est difficile de prédire comment se déroulera la débâcle des glaces, et, le cas échéant, à quel endroit et pendant combien de temps les embâcles se formeront. Ces facteurs dépendent fortement des conditions météorologiques printanières », dit le rapport.
L’ancienne députée Jane Groenewegen habite en bordure de la rivière aux Foins. Elle se souvient des importantes inondations de 2022 à Hay River, puis les conditions de sécheresse de 2023.
« Nous sommes passés d’un extrême à un autre », résume-t-elle.
D’après le rapport du gouvernement, le bassin de la rivière aux Foins connaîtra probablement cette année des débits printaniers « à peu près normaux », mais cela pourrait changer en fonction des conditions météorologiques.
Mme Groenewegen dit que les résidents sont toujours touchés par les inondations de 2022, qui ont endommagé des infrastructures et entraîné l’évacuation de la communauté.
« Je ne crois pas que Hay River se soit encore remise psychologiquement des inondations de 2022 », confie-t-elle. « J’espère de tout coeur que ce genre de désastre ne se répétera pas. »
Le gouvernement précise qu’Environnement et Changement climatique des T.N.-O. publiera régulièrement des rapports détaillés durant la saison de fonte printanière sur les niveaux d’eau actuels et les conditions liées à la glace fluviale, ainsi que sur l’évolution de la débâcle de glace.
Avec l’information de Yumna Iftikhar
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