Les Na-Cho Nyäk Dun exigent que leur consentement soit donné avant toute vente de la mine Eagle

La Première Nation Na-Cho Nyäk Dun, qui subit toujours les conséquences du déversement toxique de la mine Eagle, au Yukon, souligne qu’elle n’a pas donné son aval à une possible vente du site à la compagnie singapourienne Boroo ni au redémarrage de ses activités.
Mardi, la compagnie Boroo a annoncé avoir conclu un accord d’exclusivité de 90 jours avec la séquestre et gestionnaire de la mine d’or Eagle, PricewaterhouseCoopers (PwC), lui permettant d’être la seule entreprise à négocier les détails de la transaction pendant la période.
Sur son site Internet, PwC notait que le gouvernement du Yukon et les Na-Cho Nyäk Dun n’avaient pas encore été consultés, mais que ces 90 jours serviraient aussi à faire « avancer ces discussions ».
La Première Nation a indiqué que, à ce moment-ci, elle n’était ni en faveur ni opposée à la vente, mais que toute décision en lien avec la gestion du site devait être prise avec sa « pleine collaboration » et son « consentement », dans une déclaration, la journée de l’annonce.
Elle déplore le consentement que le gouvernement du Yukon a donné à cet accord d’exclusivité, qu’elle voit comme une manière de « rayer le désastre de ses livres », plutôt que de s’attaquer aux causes profondes du problème. Des déversements toxiques « récurrents » ont lieu sur le site de la mine, précise-t-elle.
La communauté souligne également qu’elle n’a pas cessé de réclamer une gestion responsable du site, et des changements aux lois qui encadrent les activités minières au Yukon.
En décembre, la communauté a déposé une poursuite contre Ottawa et le gouvernement du Yukon pour « mauvaise gestion de longue date » de ces activités minières et non-respect des traités.
Le Parti du Yukon s’était engagé aux dernières élections à achever la modernisation de la Loi sur les mines, datant de plus de 100 ans, dont les travaux avaient commencé sous le précédent gouvernement.
En juin 2024, un bassin retenant des déchets contaminés au cyanure s’est rompu à la mine d’or Eagle, de la compagnie Victoria Gold, et a déversé des millions de litres dans la région au cœur du territoire de la Première Nation, au centre du Yukon.
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