Aucune surdose mortelle en 2026 aux T.N.-O., malgré la circulation de drogues contaminées

Photo : Radio-Canada / Luke Carroll (CBC/Radio-Canada)
Malgré la circulation de drogues contaminées aux opioïdes à travers les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), aucune surdose mortelle n’a été constatée depuis le début de l’année 2026 au territoire, selon la médecin hygiéniste en chef, Kami Kandola.
Selon elle, ce résultat serait attribuable à un meilleur accès aux outils de réduction des méfaits, notamment les trousses de naloxone et les tests de dépistage du fentanyl.
Deux personnes sont mortes d’une surdose l’an dernier aux T.N.-O., alors que l’on dénombrait 7 décès en 2024, explique la Dre Kandola, bien qu’un précédent rapport fasse état de 6 décès cette année-là.
« La bonne nouvelle, c’est qu’en 2026 il n’y a eu aucune surdose mortelle », déclare-t-elle.
Une récente mise en garde de la santé publique dit toutefois que du carfentanyl, un puissant opioïde synthétique, a été détecté en août dans de la cocaïne confisquée aux T.N.-O.
Cela ne réduit pas la présence de drogue contaminée, mais nous observons de moins en moins de surdoses, spécialement celles liées aux opioïdes.
Kami Kandola, médecin hygiéniste en chef des Territoires du Nord-Ouest
Depuis l’été 2025, des trousses de naloxone et des tests de dépistage du fentanyl sont offerts gratuitement dans les Boîtes santé, des machines distributrices d’articles de santé installées à Yellowknife, à Hay River, à Behchokǫ̀ et à Inuvik.

Photo : Radio-Canada / Luke Carroll (CBC/Radio-Canada)
La Dre Kandola indique que 400 bandelettes de dépistage ont été prises de ces distributeurs, et que 4000 tests ont été livrés au total à travers le territoire.
Elle souligne que des responsables du système de santé sont en contact avec des intervenants qui discutent avec des consommateurs.
« Ce qu’on nous a signalé, c’est que, lorsque le test de dépistage affiche un résultat positif, les consommateurs diminuent leur dose », indique-t-elle.
« Dans un cas en particulier, une personne a testé un échantillon de la drogue qu’elle avait achetée, et a choisi de ne pas consommer ce stock. »
L’accès à la naloxone aurait également, selon elle, réduit le nombre de surdoses à travers le pays.
« Il y a des cas de surdoses, mais les gens savent qu’il y a la naloxone », souligne-t-elle.
« Il y a eu une diminution des décès, mais cela ne signifie pas qu’il y a eu réduction de la demande ou de l’approvisionnement. »
À l’automne 2025, du carfentanil et du rémifentanil mélangés à du crack, un dérivé de cocaïne, ont provoqué 21 surdoses en trois semaines à Hay River.
Il n’y a toutefois eu aucun décès lié à ces surdoses, un résultat que la Dre Kandola avait alors attribué à la distribution de nombreuses trousses de naloxone dans la municipalité, accompagnée d’une campagne de sensibilisation.
La présence de trafiquants
Wally Schumann, résident de longue date de Hay River et ancien ministre territorial, a perdu son fils de 27 ans, CJ, d’une surdose en 2021 après avoir consommé de la cocaïne contaminée au fentanyl.
D’après lui, bien qu’une diminution du nombre de surdoses mortelles soit évidemment un bon signe, il faudra en faire davantage pour s’attaquer à cette question.
« D’abord et avant tout, on sauve des vies. C’est certainement une bonne chose », fait-il valoir.
Mais, en allant un peu au fond des choses, un récent rapport conclut que des drogues plus puissantes circulent dans les rues ces derniers temps.
Wally Schumann déplore que le trafic de drogue touche toujours les communautés à travers le territoire, et ce, peu importe les efforts déployés par la Gendarmerie royale du Canada ou la santé publique, pour tenter de s’attaquer au problème.
« Les efforts portent des fruits, mais il y a toujours de la drogue, et elle continuera à tuer des gens », souligne-t-il.
Un article de recherche publié par la Dre Kandola en avril indique que la stratégie d’intervention du territoire a débuté à la suite d’une série de six décès survenus à Hay River en 2022.
Ces surdoses mortelles sont liées à un stock de cocaïne contaminée au fentanyl et au carfentanyl, une combinaison qui n’avait jusqu’alors jamais été observée aux T.N.-O.
Avec les informations de Luke Carroll
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